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Journée internationale de la montagne
11 décembre

Mise en valeur durable des montagnes

L'ONU et les montagnes

La Journée internationale de la montagne remonte à 1992, quand l’adoption du chapitre 13 du Programme Action 21 « Gérer les écosystèmes fragiles : mise en valeur durable des montagnes » à la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement a marqué d’un jalon l’histoire de la mise en valeur des montagnes.

L’attention croissante portée à l’importance des montagnes a incité l’Assemblée générale de l’ONU à proclamer 2002 Année internationale de la montagne de l’ONU. En cette occasion, l’Assemblée générale a désigné le 11 décembre « Journée internationale de la montagne » qui est célébrée chaque année depuis 2003. La FAO est l’organisation qui coordonne la préparation et l’animation de cette célébration (JIM) et a pour mandat de promouvoir son observation au niveau mondial. Le programme de gestion des bassins versants et des montagnes du Département des forêts est chargé de la coordination de cet événement international.

La question

Les montagnes couvrent le quart environ de la superficie terrestre et hébergent 12 pour cent de la population humaine. Elles se caractérisent par une diversité mondiale extrême et vont des forêts tropicales ombrophiles à la glace et la neige permanentes, de climats où les précipitations annuelles atteignent 12 m aux déserts d’altitude élevée, et du niveau de la mer jusqu’à 9 000 m de hauteur. Ce sont les châteaux d’eau du monde – fournissant de l’eau fraîche à la moitié au moins de la population de la planète. Cependant, les montagnes sont aussi des environnements à risque élevé ; les avalanches, les glissements de terrain, les éruptions volcaniques, les tremblements de terre et les inondations dues à l’éclatement des lacs glaciaires menacent la vie dans les régions montagneuses et les zones environnantes. Les montagnes jouent un rôle important en influençant les climats mondiaux et régionaux et les conditions météorologiques.

Les populations montagnardes sont parmi les plus pauvres et les plus démunies au monde. Elles souffrent souvent de marginalisation politique, sociale et économique, et manquent d’accès à des services fondamentaux comme les soins de santé et l’éducation. En outre, les défis qu’affronte le monde aujourd’hui comme le changement climatique, les crises économiques et l’augmentation de la population exaspèrent les épreuves qu’elles subissent. Les approches durables du développement sont donc particulièrement importantes pour les régions de montagne. Au fil des générations, les populations montagnardes ont appris à vivre avec la menace de dangers naturels, et ont conçu des systèmes d’utilisation des terres bien adaptés et résistant aux risques. Cependant, on a des preuves croissantes que de nombreuses régions de montagne sont de plus en plus exposées depuis quelques décennies à des catastrophes dévastatrices. 

La gestion

Des montagnes au Honduras

Photo FAO

Pour répondre aux défis et menaces mondiales, il faudrait adopter des approches holistiques, participatives et intégrées qui tiennent compte de tous les aspects de la viabilité. Les besoins et les interrelations des différents éléments de la mise en valeur durable des montagnes, comme l’eau, la biodiversité, le tourisme et l’infrastructure doivent être pris en compte. Pour réaliser la mise en valeur durable des montagnes, il est essentiel que toutes les parties prenantes intéressées participent et que des efforts soient déployés pour accroître la prise de conscience de la fragilité et des problèmes prédominants des écosystèmes de montagne, et des moyens d’y remédier.

La mise en valeur et la protection durables des régions montagneuses et l’amélioration des moyens d’existence locaux devraient être au cœur de la législation relative aux montagnes. Cette législation devrait assurer la protection des minorités ethniques et du patrimoine culturel des populations montagnardes, et reconnaître les droits de propriété communautaires. De nombreuses chaînes de montagne exigent le soutien de la coopération internationale.

Le chemin à suivre

Sur le plan des politiques, il importe de renforcer les politiques existantes et établir des institutions et mécanismes nationaux, régionaux et internationaux nouveaux et novateurs fondés spécifiquement sur des questions relatives aux montagnes ; en outre, les gouvernements devraient accorder plus d’attention à la gestion des risques de catastrophes dans les montagnes en élaborant des mesures, approches et politiques de prévention, et d’atténuation des catastrophes et de réhabilitation  des zones endommagées et des services publics. Des infrastructures de transport et de communication devront être mises en œuvre également. La participation active des populations montagnardes aux prises de décisions qui promeuvent le rôle des femmes est d’une importance extrême, car elle assure que les cultures, traditions et savoir autochtones sont pleinement reconnus et compris dans l’élaboration des politiques et la planification dans les zones montagneuses, et que l’accès à la terre  et des droits convenus à la terre et aux ressources naturelles sont respectés.

Sur le plan économique, les niveaux d’investissement et de financement pour la mise en valeur durable des régions de montagne à l’échelle mondiale, régionale, nationale et communautaire devraient être redressés grâce à une meilleure intégration du secteur privé. Les paiements pour les services environnementaux amélioreront potentiellement la situation économique des communautés montagnardes, représentant un moyen novateur de financer les projets de développement durable. Toutes ces mesures devront être soutenues par un environnement porteur qui valorise les produits et services de haute qualité procurés par les zones de montagne afin de faciliter leur accès aux marchés nationaux et internationaux, d’améliorer les moyens d’existence et de protéger les environnements de montagne.

La gestion correcte des ressources naturelles est essentielle à la promotion de la conservation et de l’utilisation durable des ressources décroissantes des montagnes comme l’eau, la biodiversité, les forêts, les prairies et les sols. Du fait du changement climatique et de la survenance et des menaces plus fréquentes de catastrophes naturelles, il est vital d’accroître leur prise de conscience, et d’utiliser et de gérer avec prudence et efficacité les ressources naturelles des zones montagneuses, et d’appliquer des mesures visant à renforcer l’adaptation et l’atténuation.

Sur le plan international, la promotion d’initiatives pour la coopération transfrontalière, en accordant une attention particulière aux liaisons amont-aval et un soutien majeur aux pays en développement et à ceux aux économies en transition et à leurs efforts visant la mise en valeur durable des montagnes, par le biais de la coopération bilatérale, multilatérale et sud-sud, donnera des résultats tangibles. En outre, en appuyant les efforts de collaboration du Partenariat de la montagne, en encourageant la participation active de ses membres et en accroissant les efforts visant à inclure et intégrer les questions relatives aux montagnes dans les débats et négociations internationaux, notamment en ce qui concerne les trois conventions pertinentes de l’ONU (la CDB avec son programme de travail sur la diversité biologique des montagnes, la CCD et la CCCC, UN-Water et le Forum mondial de l’eau) on parviendra à un grand regroupement d’interventions actives.     

La création de capacités promouvra sans aucun doute la mise en valeur des montagnes à tous les niveaux. C’est pourquoi il est fondamental de soutenir les efforts de recherche visant à améliorer la compréhension des moteurs de changement qui influencent les régions montagneuses, et de promouvoir la collecte de données distinctes dans les zones de montagne comme base pour des prises de décision et l’élaboration de politiques en connaissance de cause. Dans le contexte du changement climatique, une exigence importante consiste à renforcer les efforts de surveillance des glaciers et des modèles de ruissellement dans les zones montagneuses pour évaluer leurs disponibilités futures en eau.

Plus d'information sur le site de la FAO >>

Source: FAO