Message du Programme des Nations Unies pour le développement
10 décembre 2006
La croissance économique mondiale n’a jamais été aussi rapide qu’au cours des cinq dernières années, et pourtant l’écart entre nations riches et pauvres n’arrête pas de se creuser. Les inégalités au sein des nations sont également en train de s’aggraver un peu partout. Trop nombreux sont les pays où la croissance du PIB n’a pas réussi à « entraîner tous les bateaux » ; si certains prospèrent, d’autres, trop nombreux, végètent dans une pauvreté extrême. Il est manifeste que la croissance économique ne suffit pas, à elle seule, à garantir le développement humain à grande échelle.
C’est dans ce contexte qu’il nous faut mettre en application les valeurs incarnées par la Déclaration universelle des droits de l’homme de l’ONU et reprises de façon si éloquente dans la Déclaration du Millénaire approuvée par la communauté internationale, afin que la mondialisation devienne un processus plus équitable et plus inclusif, qui renforce la sécurité humaine au lieu de la saper. L’un des grands défis de notre époque, c’est la nécessité de travailler ensemble pour lutter contre les inégalités de la croissance mondiale si l’on veut réduire la pauvreté, améliorer la sécurité humaine et atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement.
La pauvreté et l’inégalité sociale persistent parce que beaucoup de gens sont bafoués dans leurs droits et leurs libertés fondamentales, pourtant garantis universellement. La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 soulignait que les droits de l’homme sont propres à tous les peuples, sans considération de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou autre, d’origine nationale ou sociale, de propriété, de naissance ou de tout autre statut. Echapper à la pauvreté est un droit fondamental, et la lutte contre celle-ci doit donc s’envisager comme tel, et non comme un acte charitable. Si l’on veut remporter le combat contre la pauvreté, il faut donner aux pauvres l’occasion d’exprimer leur volonté politique dans les sociétés où ils vivent. Cette année, le thème de la Journée des droits de l’homme (« La lutte contre la pauvreté : une obligation, non un acte charitable ») insiste sur cette approche.
Notre travail dans le domaine du développement devrait habiliter les populations à articuler leurs besoins, leurs droits et leurs soucis, à réclamer de meilleurs services sociaux, et à exercer leurs droits fondamentaux en réclamant des comptes à leur gouvernement. Les stratégies de développement doivent se focaliser sur la croissance inclusive et la démocratie doit aussi servir les pauvres.
Le PNUD insiste sur le fait qu’un cadre axé sur les droits de l’homme est indispensable pour obtenir un développement plus équitable. Le rapport du Groupe de haut niveau nommé par le Secrétaire Général, Unis dans l’action, publié le mois dernier, estime que si l’on intègre la dimension droits de l’homme dans tous les aspects du travail de l’ONU, l’efficacité de nos initiatives dans le domaine du développement s’en trouvera nettement renforcée.
Les droits de l’homme ne sont pas un luxe qu’on ne peut s’octroyer que quand on a atteint un certain niveau de développement ; bien au contraire, ils sont indispensables à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement. Près de soixante années se sont écoulées depuis la signature de la Déclaration universelle, et les phrases et les valeurs qu’elle renferme restent toujours aussi essentielles pour définir le développement humain pour tous et progresser dans cette voie.

