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Journée mondiale de l'habitat
4 octobre

Déclarations de la Directrice exécutive d'ONU-Habitat

Journée mondiale de l'habitat, 5 octobre 2009

Pour la Journée mondiale de l'habitat 2009, nous avons choisi le thème « Planification de notre avenir urbain » pour une raison très simple mais extrêmement importante : dans de nombreuses parties du monde, les méthodes de planification du milieu urbain ont très peu évolué. À vrai dire, elles contribuent souvent aux problèmes urbains au lieu d'être des outils d'amélioration de la condition humaine et de l'environnement.

Il est évident pour nous qui travaillons pour ONU-Habitat et pour nos partenaires des gouvernements, des municipalités et des communautés que les méthodes actuelles de planification doivent changer et qu'il faut trouver à la planification du développement urbain durable un rôle nouveau.

Et pourtant, le fait de rendre les planificateurs et leurs plans responsables de nos problèmes urbains ne sert qu'à revenir en arrière et à remonter dans le temps à une époque où nul n'aurait pu prévoir les difficultés auxquelles nous sommes aujourd'hui confrontés.

C'est un fait indéniable que les taudis et les bidonvilles sont les pires des manifestations de la pauvreté urbaine, de la privation et de l'exclusion dans le monde moderne. Et c'est aussi un fait que nous possédons aujourd'hui le savoir-faire technologique – comme les systèmes satellitaires d'information géographique – insoupçonné il y a encore si peu de temps –, le pouvoir et l'argent pour planifier efficacement la réalisation des objectifs fixés dans la Déclaration du Millénaire.

Bien des maux de l'urbanisation ont opportunément été laissés devant la porte des spécialistes de la planification urbaine. Cependant, nombreuses sont les raisons pour lesquelles un travail peut ne pas avoir pour résultat un cadre de vie meilleur pour tous. Dans beaucoup de pays, la planification n'a pas eu d'effets très contraignants et les promoteurs, le secteur privé et les citoyens à titre individuel – pour lesquels le bien public n'est pas une préoccupation majeure – exercent leurs activités avec une liberté relativement grande. Des intérêts économiques puissants se sentent peut-être menacés par les recommandations faites en matière de planification. Les politiciens peuvent ne pas appréhender comme il se doit ce qu'est l'intérêt public ou les plans peuvent ne pas refléter leurs priorités. Ou encore, les planificateurs ont peut-être une formation insuffisante et leurs avis risquent d'être bons ou mauvais, acceptés ou ignorés. Les plans peuvent manquer de réalisme étant donné les ressources qu'ils demandent. Ils peuvent ne pas refléter les priorités des groupes communautaires. Et par-dessus le marché, les autorités chargées de leur mise en oeuvre peuvent être dispersées entre diverses juridictions.

Pour tenter de remédier à ces imperfections, la planification s'est ouverte à la participation et aux préférences du public et elle a adopté une vue plus réaliste des limites du possible, tout en prenant en compte les ressources nécessaires à la mise en oeuvre susceptibles d'être disponibles. Dans le monde d'aujourd'hui, cependant, malgré les nombreux cas de réussite qui ont été enregistrés grâce à la faculté qu'a la planification de se réinventer, il semblerait que la fonction de planification ne soit pas encore bien comprise dans certaines parties du monde. Les taudis et les bidonvilles se multiplient, la criminalité sévit dans les zones urbaines, le développement continue à ramper, les transports sont de moins en moins efficaces, les coûts de l'énergie augmentent et les problèmes de santé s'accroissent, tandis que beaucoup de citoyens se renferment sur eux-mêmes et s'éloignent les uns des autres. Que se passe-t-il donc? La planification a-t-elle échoué et faut-il la remplacer par une fonction plus efficace?

En réalité, rien ne saurait la remplacer. C'est une fonction qui est le fruit de notre capacité humaine de prévision des conséquences, unique en son genre. Au fur et à mesure que le monde s'urbanise et que les gouvernements reconnaissent la tendance positive de l'urbanisation, il est d'importance vitale que la planification remplisse dûment son rôle en orientant le développement urbain lorsqu'il s'agit d'améliorer l'accès aux services et les possibilités économiques et sociales.

La planification urbaine devra donc continuer à s'adapter de façon à pouvoir assumer un rôle véritablement efficace et ô combien nécessaire pour façonner positivement l'avenir urbain.

Messages des années précédentes