« En cette Journée de la tolérance zéro, je lance un appel en faveur d’une action accrue, concertée et mondiale pour mettre fin aux mutilations génitales féminines et garantir pleinement le respect des droits fondamentaux des femmes et des filles.  » — António Guterres, Secrétaire général de l'ONU

Les mutilations génitales féminines, violations des droits fondamentaux des femmes et des filles

Les mutilations génitales féminines recouvrent l'ensemble des interventions qui consistent à altérer ou à léser les organes génitaux de la femme pour des raisons non médicales. Elles sont reconnues au niveau international comme étant une violation des droits fondamentaux des femmes et des filles.

Elles sont le reflet d'une inégalité profondément enracinée entre les sexes et constituent une forme extrême de discrimination à l'égard des femmes et des filles. Ces pratiques violent également leurs droits à la santé sexuelle et reproductive, à la sécurité et à l'intégrité physique, le droit d'être à l'abri de la torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que le droit à la vie lorsque ces pratiques ont des conséquences mortelles.

Les MGF sont principalement pratiquées dans 30 pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d'Asie du sud, où les données sont disponibles, mais restent une procédure courante même dans certains pays asiatiques tels que l’Inde, l’Indonésie, l’Iraq et le Pakistan, ainsi que parmi certaines communautés autochtones d’Amérique latine, comme celle d'Embera en Colombie. Elle persiste également parmi les populations de migrants vivant en Europe occidentale, en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

En juillet 2018, le Secrétaire général a publié le rapport « Intensification de l’action mondiale visant à éliminer les mutilations génitales féminines », où il affirme que les efforts pour mettre fin à ces pratiques doivent également cibler les groupes de femmes et de filles les plus exposés, en particulier ceux qui font face à des formes de discrimination multiples et croisées, comme les femmes réfugiées et migrantes et les femmes vivant dans des communautés rurales et isolées. De même, les principes d’universalité et de respect des droits de l’homme qui sous-tendent le Programme de développement durable à l'horizon 2030 exigent que les parties prenantes s’attaquent aux mutilations génitales féminines, quelles que soient les circonstances, les normes culturelles et sociales, le pays d’origine ou de destination.

Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) dirigent conjointement le plus grand programme mondial visant à accélérer l'abandon des mutilations génitales féminines. Ce Programme conjoint FNUAP-UNICEF est concentré dans 17 pays africains et soutient également différentes initiatives régionales ou internationales.

Les 17 objectifs de développement durable (ODD), adoptés en septembre 2015, visent à transformer notre monde au cours des quinze prochaines années. Ils poursuivent les efforts menés dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), de 2000, qui ont amélioré la vie de millions d'individus à travers le monde. Le FNUAP travaille avec les gouvernements, différents partenaires et d'autres institutions des Nations Unies afin d'atteindre ces objectifs, en particulier l'objectif 3 sur la bonne santé et le bien-être, l'objectif 4 sur l'éducation et l'objectif 5 sur l'égalité entre les sexes, tout en contribuant également à la réalisation des autres ODD.

Le thème de cette journée est également abordé par l'Initative Spotlight, un projet mené conjointement par l'Union européenne et les Nations Unies afin d'éliminer toutes les formes de violence faites aux femmes et aux filles. Parmi les cibles de cette initiative: la violence sexuelle et basée sur le genre, et les pratiques néfastes en Afrique sub-saharienne.

Organisée au Siège des Nations Unies à New York par le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et #Dysturb, une exposition intitulée « 68 millions de filles en danger » célèbre les succès remportés au cours des dernières décennies dans la lutte mondiale pour l'abandon des mutilation génitales féminines. Son objectif est de sensibiliser et d'encourager les actions contre les MGF. Cette exposition est présentée du 6 février au 25 mars 2019.

Chiffres-clés:

  • 200 millions de femmes et de filles dans le monde ont subi l'une ou l'autre forme de mutilation génitale féminine.
  • Les mutilations génitales féminines sont en déclin dans de nombreux pays. Mais si elles persistent au rythme actuel, la croissance démographique rapide dans les pays où elle est concentrée augmentera considérablement le nombre de filles qui y sont soumises.
  • D’ici à 2030, on estime que 68 millions de filles dans le monde subiront des mutilations génitales féminines si l’on n’accélère pas les efforts visant à éliminer ces pratiques néfastes.
  • Les pays qui présentent les plus haut taux de prévalence de cette pratique parmi les filles et les femmes âgées de 15 à 49 ans sont la Somalie (98%), la Guinée (97%), Djibouti (93%) et l'Égypte (87%).
  • Les mutilations génitales féminines sont pratiquées principalement sur des jeunes filles entre la petite enfance et l'âge de 15 ans.
  • Les filles qui subissent des mutilations génitales féminines font face à des complications à court terme telles que douleur intense, saignements excessifs, infections et difficultés à uriner, ainsi qu'à des conséquences à long terme pour leur santé sexuelle et reproductive et leur santé mentale.
  • Les mutilations génitales féminines sont enracinées dans les inégalités de genre et les déséquilibres de pouvoir entre hommes et femmes. Elles les maintiennent en limitant les possibilités pour les filles et les femmes d'exercer leurs droits et de réaliser leur plein potentiel en termes de santé, d'éducation et de revenus.
  • Les objectifs de développement durable, et plus particulièrement l'Objectif 5, appellent à mettre un terme aux mutilations génitales féminines d'ici à 2030. La cible 5.3 vise à « Éliminer toutes les pratiques préjudiciables, telles que le mariage des enfants, le mariage précoce ou forcé et la mutilation génitale féminine. »
  • L'élimination des mutilations génitales féminines est une étape cruciale vers la réalisation des autres objectifs de développement durable, qui mettent l'accent sur la santé et le bien-être, la maternité sans risque, une éducation de qualité, des sociétés inclusives et la croissance économique.
  • L'élimination des mutilations génitales féminines a fait l'objet de nombreux appels de la part d'organisations intergouvernementales, notamment l'Union Africaine, l'Union Européenne et l'Organisation de la Coopération Islamique. Elle a également fait l'objet de trois résolutions de l'Assemblée générale des Nations Unies.