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Journée internationale pour l'élimination
de la fistule obstétricale
23 mai

Message du Secrétaire général adjoint de l'ONU et Directeur exécutif du FNUAP, M. Babatunde Osotimehin

Environ 2 à 3 millions de femmes et de filles dans les pays en développement sont atteintes de la fistule obstétricale, affection qui a été virtuellement éliminée dans les pays industrialisés.

La fistule obstétricale peut être prévenue et dans la plupart des cas guérie, et pourtant plus de 50 000 nouveaux cas apparaissent chaque année.

Les victimes de la fistule obstétricale sont des femmes et des filles, généralement pauvres, souvent analphabètes, qui n'ont qu'un accès limité aux services de santé, notamment aux soins de santé maternelle et procréative. En une ère de mondialisation rapide où les technologies mobile et informatique ont changé radicalement les modalités de communication et révolutionné les frontières de la science et de la médecine, il est inacceptable que les femmes et les filles les plus pauvres, les plus vulnérables continuent de souffrir sans nécessité de ce fléau. Ces femmes et filles vulnérables sont la raison même pour laquelle l'UNFPA s'efforce de faire en sorte que chaque grossesse soit désirée, chaque naissance sans danger, et le potentiel de chaque jeune accompli.

La persistance de la fistule résulte d'un déni des droits fondamentaux et reflète une violation de ces droits. Elle s'explique par les inégalités chroniques sur le plan sanitaire et les contraintes qui pèsent sur le système des soins de santé, ainsi que par des problèmes plus généraux, comme l'inégalité entre les sexes et l'inégalité socioéconomique, les mariages d'enfants et les premières grossesses trop précoces, qui sont tous de nature à ruiner la vie des femmes et des filles et à les empêcher de jouir de leurs droits fondamentaux.

Parce que nous appartenons à la communauté mondiale, nous avons l'obligation de mettre un terme à cette tragédie qui touche à la santé et aux droits fondamentaux.

L'UNFPA dirige et coordonne la Campagne pour éliminer les fistules, travaillant avec ses partenaires au cours de la décennie écoulée à rendre la fistule aussi rare dans les pays en développement qu'elle l'est dans le monde industrialisé.

Grâce à ses trois stratégies clefs de prévention, traitement et réinsertion sociale, les activités de la Campagne, menées en collaboration, ont aidé partout dans le monde les femmes et les filles à surmonter une affection débilitante qui a laissé — et continue de laisser — un nombre fort élevé d'entre elles souffrir dans la solitude et la honte.

Prenant note des progrès considérables récemment accomplis dans la réduction de la mortalité et de l'invalidité maternelles, un rapport du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies publié en 2012, “Appuyer l'action engagée pour en finir avec la fistule obstétricale”, a appelé à une mobilisation politique et financière infiniment plus ample afin de progresser plus vite vers l'élimination des fistules obstétricales. Dans un appel vibrant à l'action, le Secrétaire général a noté que bien des difficultés redoutables subsistent et que le monde doit faire davantage pour atteindre l'objectif d' “arriver à zéro cas”.

Des lacunes majeures existent dans l'accès au traitement. La Carte mondiale des soins aux patientes de la fistule (www.globalfistulamap.org), lancée en 2012 par Direct Relief International, l'UNFPA et la Fistula Foundation, montre clairement qu'une fraction seulement des patientes de la fistule reçoivent un traitement et qu'il y a un effroyable arriéré de cas à traiter, ainsi qu'un sérieux manque de chirurgiens bien formés et spécialisés dans le traitement de la fistule.

En cette première Journée internationale pour en finir avec la fistule obstétricale, redoublons d'efforts pour mettre un terme à cette grave injustice, qui frappe au niveau mondial. En éveillant une prise de conscience et en suscitant un appui, notamment financier, nous pouvons faire que cette année soit celle d'une “nouvelle donne” pour la fistule. En oeuvrant tous ensemble, nous pouvons en finir avec la honte, en finir avec l'isolement, et en finir avec la fistule.