Principaux faits

Chaque jour, environ 800 femmes meurent des complications liées à la grossesse ou à l’accouchement dans le monde entier. Pour une femme qui meurt de causes liées à la maternité, on estime que 20 au moins sont atteintes de morbidité maternelle, dont l’une des formes les plus sévères est la fistule obstétricale.

Les symptômes de la fistule obstétricale surviennent généralement au début du post-partum. Cependant, d’autres symptômes tout aussi graves comme le traumatisme psychique, le déclin de la santé, une pauvreté croissante et une stigmatisation sociale par la famille et les amis peuvent se produire et se produisent.

La fistule obstétricale a quasiment disparu des pays développés, car on y pratique des interventions en cas d’arrêt prolongé du travail, généralement des césariennes. Aujourd’hui, cette affection touche principalement les femmes et les filles qui vivent dans l’extrême pauvreté, en particulier celles qui habitent loin des services médicaux. Les plus exposées sont les adolescentes qui tombent enceintes alors qu’elles n’ont pas atteint leur plein développement physique.

La fistule peut généralement être soignée grâce à une opération chirurgicale. Malheureusement, de nombreuses femmes souffrant de cette lésion ne savent pas qu’il existe un traitement, n’ont pas les moyens de se faire soigner ou n’ont pas accès aux établissements où sont pratiquées ces interventions.

Il est tout à fait possible de prévenir la fistule obstétricale et, dans la plupart des cas, de la soigner. La chirurgie réparatrice effectuée par un chirurgien formé, spécialiste de la fistule, peut effacer la lésion, avec des taux de succès allant jusqu’à 90 pour cent dans les cas les moins complexes. Le coût moyen du traitement de la fistule — y compris l’intervention chirurgicale, les soins postopératoires et l’aide à la réadaptation — est de 300 dollars par patiente.

La prévention est essentielle

La prévention est le meilleur moyen d’éliminer la fistule. En assurant la présence de personnel médical formé à tous les accouchements et en prodiguant des soins obstétricaux d’urgence aux femmes qui connaissent des complications à l’accouchement, on rendrait la fistule aussi rare dans les pays en développement qu’elle l’est aujourd’hui dans les pays développés. Par ailleurs, il serait possible de réduire d’au moins 20 % l’invalidité et la mortalité maternelles si toutes les personnes qui le souhaitent avaient accès aux services de planification familiale. Il faut en outre s’attaquer aux causes sous-jacentes de la marginalisation des femmes et des filles, notamment le manque d’accès aux services de santé et à l’éducation, la persistance de la pauvreté et des inégalités entre les sexes, le mariage d’enfants, la grossesse chez l’adolescente et le manque de protection des droits fondamentaux.

En 2003, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et ses partenaires ont lancé la Campagne mondiale pour éliminer les fistules Disponible en anglais. Menée dans plus de 50 pays, elle vise à prévenir et à traiter la fistule, mais aussi à réinsérer et autonomiser les femmes après leur opération.

En 2009, l'Organisation mondiale de la Santé a publié des Principes directeurs pour la prise en charge clinique et le développement de programmes relatifs à la fistule obstétricale. Il s'agit d'un guide pratique destiné aux professionnels et aux planificateurs de soins de santé, et également aux responsables politiques et aux leaders de la communauté. Il a pour but d'attirer l'attention sur le problème urgent que pose la fistule obstétricale.