La violence sexuelle en temps de conflit

L’expression « violences sexuelles liées aux conflits » recouvre des actes tels que le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution, la grossesse, l’avortement, la stérilisation et le mariage forcés et toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable, perpétrés contre des femmes, des hommes, des filles ou des garçons, et ayant un lien direct ou indirect avec un conflit. Le terme englobe également la traite des personnes lorsqu'elles sont commises dans des situations de conflit à des fins de violence ou d'exploitation sexuelle.

Bien que de nombreuses régions soient exposées à la menace de violences sexuelles liées aux conflits, en soient le théâtre ou en subissent les retombées, le rapport du Secrétaire général, daté du 17 avril 2017, se limite toutefois aux 19 pays pour lesquels on dispose d’informations fiables.

Une préoccupation constante est que la crainte et les pressions culturelles dissuadent la grande majorité des victimes de violences sexuelles liées aux conflits de porter plainte. Les professionnels sur le terrain estiment que, pour chaque cas de viol lié à un conflit déclaré, il y en a 10 à 20 qui ne le sont pas.

Résolutions de l'ONU

Le 19 juin 2015, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté par consensus la résolution 69/293 proclamant le 19 juin Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit afin de sensibiliser à la nécessité d’y mettre un terme, de manifester de la solidarité envers les victimes et de rendre hommage à celles et ceux qui luttent en première ligne pour éliminer ces crimes.

Cette date a été choisie pour commémorer l’adoption décisive, le 19 juin 2008, de la résolution 1820 (2008), dans laquelle le Conseil de sécurité a condamné l’utilisation de la violence sexuelle comme une arme de guerre pouvant faire obstacle à la consolidation de la paix.

Pour répondre aux groupes terroristes qui se servent désormais de la traite et des violences sexuelles comme arme de terreur et source de revenus, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2331 (2016), par laquelle il engage les États Membres à prendre des mesures décisives et immédiates pour prévenir et réprimer la traite des êtres humains et les violences sexuelles, notamment dans le cadre des conflits armés. La résolution souligne que la traite d’êtres humains en temps de conflit armé et les violences sexuelles et sexistes commises en période de conflit peuvent s’inscrire parmi les objectifs stratégiques et dans l’idéologie de certains groupes terroristes et devenir une tactique pour ceux-ci. En particulier, elles facilitent l’enrôlement; elles contribuent à financer les activités des terroristes au moyen de la vente, du commerce et du trafic de femmes, de filles et de garçons ; elles contribuent à détruire, à punir, à réduire en servitude et à contrôler les populations.