La violence sexuelle en temps de conflit

L’expression « violences sexuelles liées aux conflits » recouvre des actes tels que le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution, la grossesse, l’avortement, la stérilisation et le mariage forcés et toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable, perpétrés contre des femmes, des hommes, des filles ou des garçons, et ayant un lien direct ou indirect (temporel, géographique ou causal) avec un conflit.

Bien que de nombreuses régions soient exposées à la menace de violences sexuelles liées aux conflits, en soient le théâtre ou en subissent les retombées, le rapport du Secrétaire général, daté du 17 avril 2017, se limite toutefois aux 19 pays pour lesquels on dispose d’informations fiables.

Une préoccupation constante est que la crainte et les pressions culturelles dissuadent la grande majorité des victimes de violences sexuelles liées aux conflits de porter plainte. Les professionnels sur le terrain estiment que, pour chaque cas de viol lié à un conflit déclaré, il y en a 10 à 20 qui ne le sont pas.

Pour répondre aux groupes terroristes qui se servent désormais de la traite et des violences sexuelles comme arme de terreur et source de revenus, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2331 (2016), par laquelle il engage les États Membres à prendre des mesures décisives et immédiates pour prévenir et réprimer la traite des êtres humains et les violences sexuelles, notamment dans le cadre des conflits armés. La résolution souligne que la traite d’êtres humains en temps de conflit armé et les violences sexuelles et sexistes commises en période de conflit peuvent s’inscrire parmi les objectifs stratégiques et dans l’idéologie de certains groupes terroristes et devenir une tactique pour ceux-ci. En particulier, elles facilitent l’enrôlement; elles contribuent à financer les activités des terroristes au moyen de la vente, du commerce et du trafic de femmes, de filles et de garçons ; elles contribuent à détruire, à punir, à réduire en servitude et à contrôler les populations.