Les femmes et les filles et la réduction des risques de catastrophes

La prévention est une réponse adéquate aux risques de catastrophe (Photo ONU)
Qu’est-ce que la Réduction du Risque de Catastrophe (RRC)?
Peut-on affirmer qu'il n'y a pas de catastrophe « naturelle »? Lorsqu'un immeuble s'effondre à cause d'un tremblement de terre, nous voyons cela comme un désastre que nous ne pouvons pas contrôler. En effet, nous ne pouvons pas bloquer un séisme mais nous aurions pu empêcher l'édifice de s'écrouler. Il est possible de réfléchir à d'autres méthodes de construction pour rendre l'immeuble résistant aux tremblements de terre. De même, il convient de s'interroger s'il y a déjà eu d'autres catastrophes similaires auparavant dans cette zone. Et, si cela est le cas, l'attitude préventive est à privilégier : il faut éviter d'y construire de nouvelles habitations.
La réduction des risques porte sur la compréhension des risques pour les personnes et pour l'environnement, de catastrophes telles que les tremblements de terre, les inondations, les ouragans ou cyclones, et les glissements de terrain. Il s'agit de trouver des façons de réduire ces risques, afin que nous ne soyons pas affectés par ces sinistres ou que nous soyons capables d'en minimiser l'impact sur la population et les infrastructures.
Les désastres ne sont pas une fatalité : nous pouvons tous contribuer à réduire les risques de catastrophes.
Femmes et filles : puissants agents de changement
Les femmes et les filles ont des connaissances et des compétences uniques, mais cruciales pour la formulation et la gestion des risques de catastrophe.
Elles sont les fondements de l’endurance - Elles sont les premières à préparer leurs familles à une catastrophe et les premières à reconstituer les communautés de leurs conséquences. Elles ne sont ni invisibles, ni silencieuses, ni des spectatrices passive - Elles sont de précieux partenaires dans les processus de réduction des risques. Elles doivent participer aux processus de développement durable qui conditionneront leur avenir ainsi que ceux de leurs familles et de leurs communautés.
Ce n'est pas le sexe, mais l'inégalité des sexes qui les met en danger en cas de catastrophe. Prévenir la violence contre les femmes et les filles, les abus sexuels et leur exploitation, c’est réduire efficacement les nombreux risques auxquels elles sont confrontées au cours d'une situation de catastrophe. Les hommes aussi doivent se joindre au mouvement pour permettre aux femmes et aux filles d’être des acteurs plus visibles dans la réduction des risques de catastrophe.
En quoi les femmes et les filles peuvent-elles réduire les risques de catastrophe?
- Les femmes et les jeunes filles sont habilitées à contribuer pleinement au développement durable moyennant la réduction des risques de catastrophe, notamment dans les domaines de la gestion des ressources environnementales et naturelles, de la gouvernance, de la planification de l'urbanisme et de l'utilisation des terres et de la planification sociale et économique – éléments clés du risque de catastrophe.
- « Dans le cadre de leur rôle aussi vital que méconnu, les femmes réparent le tissu de leurs communautés tandis que les hommes rebâtissent les structures » – Helen Cox, « Women in Bushfire Territory », in Enarson and Morrow (éditeurs), The Gendered Terrain of Catastrophe, p. 142.
- La participation des femmes et des jeunes filles aux processus de réduction des risques de catastrophe et d'adaptation au changement climatique est précieuse si l'on veut parvenir à une véritable résilience des communautés et à une réduction significative de l'impact des catastrophes. Les femmes doivent toujours être impliquées dans les processus d'élaboration de politique, de planification et de mise en oeuvre.
- Les femmes et les jeunes filles, qui représentent 52 % de la population mondiale, sont les plus affectées par les catastrophes. Il est vital que leur expérience, leurs connaissances et leur expertise contribuent à l'adaptation au changement climatique et aux stratégies et processus de réduction des risques de catastrophe.
- Les mesures d'adaptation des ménages seront plus facilement adoptées si les femmes participent à leur élaboration du début à la fin. « Si vous éduquez un homme, vous éduquez un individu, mais si vous éduquez une femme vous éduquez une famille (nation). – Proverbe africain.
- Les femmes et les jeunes filles sont de puissants agents de changement, car elles sont militantes, législatrices, travailleuses sociales, modèles de rôle, chefs de communautés, enseignantes et mères.
- « Si nous voulons voir un véritable développement dans le monde, alors le meilleur des investissements est celui que nous ferons dans les femmes. » - Desmond Tutu, Prix Nobel de la paix 1984.
- Quand frappe une catastrophe naturelle, l'inégalité entre les genres met en danger les femmes, les enfants et l'ensemble de la communauté. Un maillon faible peut entraîner la destruction de toute la chaîne. L'inégalité entre les genres est un maillon faible - le renforcer renforce la résilience.
- L'égalité des genres commence par l'éducation. Les femmes et les jeunes filles doivent participer à la vie publique. Cela commence par l'éducation des garçons et des jeunes filles jusqu'à l'âge adulte. C'est ainsi que les hommes et les garçons s'impliqueront dans l'élimination des barrières qui empêchent les femmes et les jeunes filles de participer au cycle de la réduction des risques de catastrophe.
- Les femmes et les jeunes filles sont des relais d'information efficaces. Les mécanismes d'information doivent fonctionner dans les deux sens et être également accessibles à l'expression de la voix des femmes comme à celle des hommes.
