Gouvernance démocratique
La gouvernance démocratique et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)
Une femme dépose sont bulletin de vote au Burundi, ONU/Martine Perret
Si la crise économique mondiale trouve son origine dans le secteur financier, elle est désormais également une crise de gouvernance. Les populations autour du monde font appel à leurs dirigeants pour protéger les citoyens les plus vulnérables, maintenir l’ordre, réguler les marchés financiers et planifier un avenir plus stable. Dans les pays en développement, où les capacités des Etats sont souvent faibles, ces problèmes de gouvernance se trouvent compliqués par la réduction des flux financiers, les pertes d’emplois et les troubles sociaux.
Dans ce climat, un élan pour investir dans la gouvernance démocratique n’a jamais semblé aussi impérieux. Travailler avec des ressources publiques moindres pour aider davantage de personnes dans le besoin implique que les gouvernements soient plus efficaces pour ce qui est de fournir des services et d’assurer l’équité et l’inclusion dans les sphères économiques, sociales et politiques. Dans le même temps, trouver une voie durable pour sortir de la crise en mettant le développement humain au centre des priorités exige une représentation parlementaire et un contrôle renforcés, une planification participative renforcée et de meilleures capacités de budgétisation au sein des gouvernements nationaux et locaux.
Cela implique également que les organisations de la société civile et les citoyens aient la capacité de tenir leurs gouvernements comptables de leurs politiques. Collectivement, ces éléments forment l’ordre du jour des travaux du PNUD en matière de gouvernance démocratique.
La réponse globale du PNUD
Le PNUD est l’agence leader au niveau de la
gouvernance démocratique au sein des Nations Unies,
desservant 166 pays grâce à 135 bureaux de pays. Il investit chaque année 34% de ses ressources totales dans les
programmes et projets de gouvernance démocratique,
répondant aux préoccupations immédiates des pays et aux
objectifs du développement humain à long terme, y compris
les objectifs du Millénaire pour le développement d’ici Ã
2015.
FAITS ET CHIFFRES
34% du budget du PNUD alloué à la gouvernance démocratique
en 2008
72% de celui-ci a été investi pour rendre les institutions
démocratiques plus responsables et réactives à l’égard des
citoyens
46 pays ont bénéficié de l’appui parlementaire du PNUD en
2009
76 pays ont demandé un appui pour se conformer aux principes
internationaux en 2009, notamment en matière de droits de
l’homme, de l’égalité des sexes et de la lutte contre la corruption
Qu’il appuie l’inscription électorale record au Bangladesh ou aide le Népal à rédiger sa nouvelle constitution, le PNUD a prouvé sa capacité à mener à bien son travail dans chaque région concernée, souvent dans des circonstances extraordinairement difficiles. Les efforts de l’organisation dans le domaine de la gouvernance démocratique se mettent l’accent sur quatre domaines principaux :
- Elargir les opportunités des populations pour ce qui est de participer à la prise de décisions politiques, notamment celles des femmes et des pauvres. En moyenne, le PNUD aide à organiser une élection quelque part dans le monde toutes les trois semaines, encourageant l’entrée en politique de plus de femmes et investissant dans des médias indépendants et bien informés.
- Rendre les institutions démocratiques plus responsables et réactives à l’égard des citoyens : le PNUD appuie un parlement national sur trois dans le monde, aidant les administrations publiques à fournir les services de base et à assurer que la loi bénéficie à tous.
- Promouvoir les principes de la gouvernance démocratique – dont en particulier la lutte contre la corruption, les droits de l’homme, l’autonomisation des femmes et l’égalité des chances.
- Appuyer les évaluations nationales en matière de
gouvernance démocratique afin d’aider les pays Ã
évaluer leurs besoins, suivre leurs progrès et atteindre
leurs objectifs, en renforçant les capacités des différentes parties prenantes à collecter et à analyser les
informations nécessaires pour prendre de bonnes
décisions.
Dans chacun de ces domaines, le PNUD vise à renforcer les capacités nationales afin d’agir, d’améliorer la gestion des connaissances et de relier les pays en développement entre eux pour partager les solutions.
Dépenses cumulées afférentes aux programmes du PNUD
au titre de la gouvernance démocratique, 2008
| Résultats du Plan stratégique | Dépenses (en millions de dollars) |
|---|---|
| Contribution de la société civile aux processus de planification |
91,5 |
| Renforcement des règles et des processus électoraux |
71,1 |
| Accès à l’information | 36,0 |
| Renforcement de la gouvernance nationale, régionale et locale |
799,0 |
| Renforcement de la législature et des autres organes élus |
84,8 |
| Renforcement de l’accès à la justice | 123,0 |
| Renforcement des capacités des Institutions nationales sur les droits de l’homme |
43,1 |
| Egalité des sexes et autonomisation des femmes |
41,2 |
| Renforcement des capacités pour la mise en oeuvre des initiatives de lutte contre la corruption |
36,6 |
| Autres résultats en matière de gouvernance | 100,9 |
| Total | 1429,1 |
Le PNUD en action
Le PNUD promeut la participation des femmes en politique. Le Réseau international de connaissances sur les femmes en politique (iKnow Politics) est un portail d’information en ligne fournissant des informations, des connaissances partagées et des opportunités d’établissement de réseaux aux femmes engagées en politique.
Depuis son lancement en 2007, il a reçu plus de 43 millions de clics. Une évaluation indépendante réalisée en 2008 a démontré que ce portail s’est positionné comme un organe unique pour les femmes engagées en politique, et qu’il joue un rôle significatif en matière d’information et d’assistance des femmes engagées en politique.
Le PNUD appuie en moyenne une élection toutes les trois semaines. L’organisation d’une élection ne se limite pas seulement au jour du scrutin. C’est un processus de longue haleine. Le travail que nous avons mené à bien en 2008 au Bangladesh en constitue un exemple type. A la demande de la Commission électorale du Bangladesh (BEC), le PNUD et ses partenaires ont élaboré une liste électorale informatique avec photographies. En 11 mois, la BEC, appuyée par le PNUD, a formé et employé 500.000 personnes et inscrit 81 millions d’électeurs – dont près de 51% de femmes – avec photographies, empreintes digitales et informations personnelles détaillées. Le PNUD a également participé à l’élaboration de directives en matière de redécoupage des circonscriptions électorales. La BEC a profité de cette initiative pour établir 130 nouvelles circonscriptions reflétant plus précisément la répartition démographique du pays.
Le PNUD travaille avec diverses parties prenantes afin de renforcer la responsabilité et la participation. Au Bénin, de 2005 à 2008, le PNUD a travaillé avec les parlementaires au renforcement du contrôle du budget de l’Etat, y compris en appuyant les auditions publiques avec les organisations de la société civile. Ceci a conduit à une augmentation significative des enquêtes budgétaires et à des amendements de fond au budget, ainsi qu’à une meilleure prise en compte des préoccupations des citoyens dans les travaux parlementaires.
Le PNUD oeuvre à renforcer l’assise électorale d’un parlement sur trois sur la planète. En 2009, le PNUD travaille avec 46 représentations nationales, dont des groupes parlementaires régionaux. Il s’est vu confié la mission d’assurer une plus forte participation des femmes dans les parlements de nombreux pays, dont l’Algérie, le Bénin, le Burkina Faso, la République démocratique du Congo, le Laos, le Liban, le Lesotho, le Maroc, le Niger et le Sierra Leone.
Au Sierra Leone, par exemple, on estime que 257.000 femmes et filles ont été victimes de la violence sexiste pendant la guerre. Le PNUD, ayant aidé le parlement à faire passer une loi contre la violence sexiste, a lancé un programme pour la promouvoir activement et a contribué à établir un système de contrôle parlementaire pour évaluer sa mise en application.
En 2009, Le PNUD appuie le renforcement du leadership. En Afghanistan, grâce à son projet de Renforcement du leadership au sein de la fonction publique, le PNUD a aidé la Commission indépendante de la réforme administrative et de la fonction publique à renforcer les initiatives menées par le gouvernement afghan au niveau de la réforme de l’administration publique. A ce jour, le projet a permis de renforcer les compétences de leadership de 500 hauts fonctionnaires travaillant dans les institutions gouvernementales nationales prioritaires.
Le PNUD appuie les droits de l’homme pour le développement. Dans le cadre de ses initiatives pour faire progresser les droits de l’homme pour le développement, le PNUD a été activement engagé dans la reconstitution de la Cour suprême de l’Equateur, suite à la révocation du Congrès national et de ses membres en 2005.
Sur la base des recommandations du Rapporteur spécial
des Nations Unies sur l’indépendance des juges et des
avocats, le Congrès et le gouvernement de l’Equateur ont
créé un Comité de sélection indépendant pour restructurer
la Cour suprême et son processus de nomination. Le PNUD a
appuyé cette initiative de renforcement des institutions, qui
a été déterminant pour appuyer la réinstauration de l’Etat de
droit.
