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Journée mondiale contre le travail des enfants
12 juin

Déclaration de Guy Ryder, Directeur général de l'Organisation internationale du Travail (OIT)

Le travail des enfants constitue fondamentalement une violation des droits de l’homme, qui prive filles et garçons du droit à l’enfance, à une éducation de qualité, et à un avenir dans lequel ils pourraient placer leurs espoirs.

Sous ses formes les plus condamnables, il expose les enfants à l'esclavage, à des travaux dangereux et à des activités illicites, notamment le trafic de drogue et la prostitution.

Malgré une réduction sensible du nombre d'enfants astreints au travail dans le monde, on en dénombre encore aujourd’hui 215 millions, dont plus de la moitié sont assujettis aux pires formes de ce fléau.

Le travail des enfants est extrêmement difficile à combattre lorsqu’il est pratiqué dans des lieux clos qui le dérobent à tout regard. Il s’agit là d’une situation fréquente pour les enfants qui travaillent comme domestiques, parfois loin de leur famille et de leur communauté.

Selon de nouvelles estimations de l'OIT, deux enfants sur trois employés comme domestiques au domicile d’un tiers n’ont pas l'âge minimum légal ou travaillent dans des conditions dangereuses. Il s’agit, dans la plupart des cas, de filles, dont certaines sont en situation de travail forcé ou victimes de la traite. Les abus signalés dans ce domaine ne sont que trop fréquents.

En cette Journée mondiale contre le travail des enfants, nous lançons un appel pressant à la communauté internationale afin qu’elle engage de toute urgence une action pour lutter contre ce fléau dans le domaine du travail domestique.

En particulier, nous invitons instamment nos États membres à ratifier et à appliquer les conventions de l'OIT sur le travail des enfants et le travail domestique. L’Organisation a adopté il y a deux ans deux nouveaux instruments, la convention n° 189 et la recommandation n° 201, qui nous rappellent que les travailleurs domestiques ont le même droit à un travail décent que les autres travailleurs. La convention n° 189 énonce également que l'âge minimum pour les travailleurs domestiques doit être compatible avec les dispositions des conventions de l'OIT relatives au travail des enfants, qui veulent qu’un enfant ne puisse pas occuper un emploi ou travailler s’il n’a pas atteint l’âge légal, et qu’un jeune ayant atteint cet âge légal puisse travailler en toute sécurité.

Parallèlement à la prévention du travail des enfants, les gouvernements devraient prendre des mesures pour protéger les adolescents en âge légal de travailler employés comme domestiques. Il s’agirait notamment de limiter leur horaire de travail, d’interdire le travail de nuit, de soumettre les tâches les plus pénibles à des restrictions, et de faire le nécessaire pour les protéger efficacement contre toutes les formes d'abus, de harcèlement et de violence.

Si, dans le cadre cette Journée mondiale sur le travail des enfants, c’est le problème du travail domestique qui nous préoccupe avant tout, nous devons également nous rappeler qu’il est impératif de s’attaquer aux causes profondes de ce problème, qu’elles qu’en soient les formes.

Nous devons faire en sorte que tous les enfants aient accès à une éducation de base de qualité et puissent s’instruire, au moins jusqu'à l'âge minimum d'admission à l’emploi.

Il faut que les socles nationaux de protection sociale permettent aux familles, quelle que soit leur situation, de scolariser leurs enfants et de les maintenir à l’école même si elles doivent faire face à de graves difficultés.

Dans le monde d'aujourd'hui, notre principal objectif doit être – et cela plus que jamais – de créer des emplois décents pour les adultes dans le plus grand nombre de secteurs possible.

En cette Journée mondiale, notre message est clair: dans le domaine domestique comme dans toute autre forme d’activité, il n’y a pas lieu, et il est inexcusable, de faire travailler des enfants.