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Journée mondiale du patrimoine audiovisuel
27 octobre

Message de Irina Bokova, Directrice de l'UNESCO

Nous vivons un tournant historique de l’impact des technologies : plus il est facile de capturer des images et des sons, de les éditer, de les diffuser à l’échelle mondiale, plus il est difficile de sauvegarder ces flux gigantesques de données.

L’influence croissante du numérique dans l’audiovisuel bouleverse les conceptions traditionnelles du partage d’information, du dialogue des cultures, de la compréhension mutuelle. Elle redéfinit aussi notre rapport au document et change la nature même du travail de préservation. La production audiovisuelle numérique, sous forme d’enregistrement ou de numérisation, est souvent présentée comme une solution miracle à la sauvegarde de certaines formes de patrimoines. Encore faut-il que les générations futures puissent accéder aux enregistrements que nous aurons fabriqués. Certains parmi les logiciels d’usage courant n’existaient pas il y a 10 ou 20 ans : que deviendront-ils à l’échelle de l’histoire ?

Les institutions chargées de la sauvegarde de nos patrimoines audiovisuels – Cinémathèques, archives, institutions nationales et internationales, publiques et privées – ont donc une double mission. Poursuivre la sauvegarde des patrimoines audiovisuels anciens, des machines qui permettent de les consulter, mais aussi penser à l’avenir du patrimoine audiovisuel numérique.

Chaque appareil d’enregistrement parle de son époque et de la société qui l’a vu naître : lanternes, caméras, projecteurs, microsillons et vidéocassettes racontent les manières de vivre de leur temps. Le numérique ne fait pas exception : il dresse le portrait de sociétés souvent boulimiques d’images et de son, dont chaque événement de l’histoire publique ou privée peut être documenté de mille manières, mais dont la mémoire est un peu courte parfois. Les pouvoirs publics jouent un rôle essentiel pour accompagner le développement des technologies et leur impact social et culturel. La journée mondiale du patrimoine audiovisuel est l’occasion de réfléchir et d’agir, pour léguer aux générations futures les moyens de comprendre leurs origines, comme nous pouvons aujourd’hui regarder une version restaurée d’un film de Charlie Chaplin ou écouter l’enregistrement d’une sortie des usines au début du XXè siècle. Le programme Mémoire du Monde de l’UNESCO porte cette ambition au nom de la communauté internationale et j’appelle en ce jour les Etats Membres et nous tous, producteurs et consommateurs d’images et de sons, institutions chargées de leur sauvegarde, à unir nos forces pour la protection et le partage de notre richesse audiovisuelle commune.