Message du directeur executif d'ONUSIDA, Dr. Peter Piot
Le 1er décembre 2006
C'est aujourd'hui la 19ème Journée mondiale SIDA, la 25ème année après l'apparition du premier cas de SIDA et le 10ème anniversaire de la création de l'ONUSIDA.
Les derniers chiffres mondiaux sur le SIDA nous donnent des raisons d'inquiétude mais aussi de l'espoir. Le nombre des nouvelles infections s'est élevé cette année à 4,3 millions, et dans le même temps 2,9 millions de personnes sont décédées de maladies liées au SIDA. Les tuberculoses multirésistantes et ultrarésistantes aux médicaments soulignent de nouveaux défis pour notre riposte collective. La question des femmes et des filles au sein de l'épidémie de SIDA demande une attention permanente et accrue. En outre, il y a des signes de tendances positives en matière de comportements sexuels parmi les jeunes usage accru des préservatifs, début plus tardif de l'activité sexuelle, et diminution du nombre de partenaires sexuels. Entre 2000 et 2005, des déclins de la prévalence du VIH chez les jeunes sont évidents dans plusieurs pays.
Au cours de ces dernières années, nous avons constaté un leadership plus puissant et un accroissement des ressources mondiales pour combattre la pandémie de SIDA. La nécessité d'une riposte durable et exceptionnelle a été reconnue et approuvée lors de la Réunion de haut niveau sur le SIDA de l'Assemblée générale des Nations Unies en juin de cette année. Elle a adopté une résolution engageant la communauté mondiale à accroître ses efforts sur la voie de l'accès universel. Des cibles ambitieuses ont été fixées, et nous devons nous engager mutuellement à rendre des comptes en vue de soutenir leur réalisation.
L'accès au traitement et à la prise en charge s'est considérablement amélioré au cours de ces derniers années. Nous devons toutefois accroître la portée et l'impact des activités de prévention du VIH, notamment celles qui sont dirigées vers les moteurs de l'épidémie. De nouvelles données indiquent que les programmes de prévention du VIH obtiennent de meilleurs résultats s'ils s'attachent à atteindre les personnes les plus exposées au risque d'infection et sont adaptés à l'évolution des épidémies nationales. Nous devons également maintenir cette riposte. Là où les programmes de prévention du VIH n'ont pas été poursuivis ou adaptés, les taux d'infection sont restés stables ou repartent à la hausse.
Le thème de cette Journée mondiale SIDA est la responsabilité. Si nous voulons atteindre les cibles que les pays se sont fixées, nous devons alors, aujourd'hui plus que jamais, faire travailler l'argent disponible. Collectivement et avec la société civile, nous devons renforcer l'appropriation nationale, améliorer les processus de coordination et d'harmonisation, continuer de réformer la riposte multilatérale et définir des moyens clairs pour rendre compte de ces changements et les superviser.