Une évolution en marche
Il existe des signes visibles de progrès accomplis sur divers fronts par les États Membres, sur le plan multilatéral, bilatéral et unilatéral, par des instituts scientifiques, par la société civile et par des organisations de base. Ces deux dernières, encouragées plus avant par la crise à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi au Japon, ont fait pression sur leurs propres gouvernements et d'autres afin qu'ils réfléchissent à la validité de la possession d'armes nucléaires.
Comme l'a déclaré le Haut-Représentant pour les affaires de désarmement, Sergio Duarte, dans son allocution liminaire à la session de fond de la Commission du désarmement de l'ONU le 4 avril 2011: « La responsabilité ultime pour le sort des initiatives de désarmement incombe aux États Membres, dont les politiques, les priorités et la persistance façonneront les contours d'un monde à venir, pour le meilleur ou pour le pire. Et celles-ci seront influencées à leur tour par les actions et les attentes de la société civile – cette masse de l'humanité reconnue dans le Préambule de la Charte comme les “peuples du Nations Unies”. Nous espérons toujours réaliser nos objectifs communs et […] ensemble, nous avons un patrimoine solennel à préserver et un nouvel avenir à créer pour les futures générations ».
Le désarmement nucléaire, que le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a décrit comme un « bien public mondial de premier ordre », représente la clef de la paix et de la sécurité. La Journée internationale contre les essais nucléaires affirme cette idée importante. En effet, l'importance de ce « bien public mondial » est manifeste quand nous réfléchissons à la menace posée par les essais nucléaires et les armes nucléaires et, les dernières années, la menace du terrorisme nucléaire. Une série de commission internationales, et d'innombrables résolutions de l’Assemblée générale, ont entériné cette opinion, tout en soulignant les conséquences horribles de tout emploi de ces armes pour l'humanité, les économies du monde et notre environnement naturel.
Les derniers mois, il y a eu des discussions dynamiques au sein de diverses instances sur des questions pertinentes, telles que le renforcement des mesures de contrôle et de vérification internationales pour la détection d'essais d'armes nucléaires, la réduction du niveau de disponibilité des armes nucléaires, de nouvelles mesures de sécurité et de sûreté nucléaires, l'octroi de garanties de sécurité négatives aux parties aux zones exemptes d'armes nucléaires, la création de nouvelles zones afin de rendre le monde plus sûr et l'élan en faveur de l'élaboration d'une convention contre les armes nucléaires ou un cadre d'instruments interdisant les armes nucléaires aux fins de leur élimination finale.
L'une des contributions les plus importantes à la réflexion actuelle réside dans le Rapport final EN du Comité préparatoire de la Conférence des Parties chargée d'examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires en 2010. Ce Rapport exprime de vives inquiétudes à l'égard des conséquences catastrophiques sur le plan humanitaire qu’aurait l’emploi d'armes nucléaires et réaffirme la nécessité pour les États de respecter en tout temps le droit international applicable, y compris le droit international humanitaire.
La Conférence a également réaffirmé « le rôle essentiel du TICE au sein du régime de désarmement et de non-prolifération nucléaires, et confirme qu’en faisant cesser toutes les explosions expérimentales d’arme nucléaire, et de toutes autres explosions nucléaires, en freinant le développement et le perfectionnement des armes nucléaires et en mettant fin à la mise au point de nouveaux types avancés d’arme nucléaire, le Traité combat la prolifération tant horizontale et verticale. »
La Commission préparatoire de l'OTICE et ses 182 États membres continuent à œuvrer en faveur de l'entrée en vigueur du Traité. Le système de contrôle unique de l'Organisation, achevé pour plus de 80 %, rend les États confiants qu'aucune explosion nucléaire n'échapperait à la détection.
Toutefois, aucune mesure n'est aussi cruciale pour éviter une guerre nucléaire ou écarter la menace nucléaire terroriste que l'élimination des armes nucléaires. En mettant une fin irréversible aux explosions nucléaires, on n'empêchera le développement ultérieur des armes nucléaires. Pris ensemble, la Journée internationale contre les essais nucléaires, diverses activités conduites tout au long de l'année et d'autres efforts dignes d'éloges déployés par les nations et la société civile créent un élan en faveur de l'instauration d'un monde sûr.
Dans le cadre de la suite à donner au Sommet 2010 sur la sécurité nucléaire EN, organisé à Washington (Etats-Unis) par le Président Barak Obama, le Sommet 2012 sur la sécurité nucléaire se tiendra à Séoul (République de Corée) les 26 et 27 mars.