Une industrialisation durable

Le continent africain est le deuxième continent le plus peuplé du monde, avec plus de 1,2 milliard d’habitants, soit 16% de la population mondiale. Malgré cela, l'Afrique ne représente actuellement que moins de 2% du commerce international et de l'industrie manufacturière mondiale.

L'industrialisation au service du développement

Pour atteindre l'émergence économique de l'Afrique et sa transition d'un continent à faibles revenus vers une région à revenus intermédiaires, il est tout d’abord nécessaire de transformer la structure économique des activités essentiellement agraires et extractives en des secteurs industriels plus dynamiques et à plus grande valeur ajoutée, comme la production manufacturière et le tourisme.

Le développement industriel inclusif et durable est un atout majeur pour permettre à l'Afrique de relever les défis auxquels elle fait face aujourd’hui. Cette contribution est clairement reconnue dans l'objectif 9 du Programme de développement durable des Nations Unies à l’horizon 2030, appelant à construire des infrastructures résilientes, promouvoir l'industrialisation durable et encourager l'innovation, comme dans l’aspiration 1 de l'Agenda 2063 de l’Union africaine, pour « une Afrique prospère fondée sur la croissance inclusive et le développement durable ».

L’importante contribution qu’apporte le développement industriel inclusif et durable à l'Afrique dans ses efforts pour surmonter ses défis de développement est clairement reconnue dans le Programme de développement durable à l'horizon 2030, notamment dans le cadre de l'objectif de développement durable n.9 (ODD 9), appelant à « la mise en place d'infrastructures résilientes, à la promotion d'une industrialisation durable et à l'innovation », ainsi que dans l'aspiration n.1 du premier plan de mise en œuvre décennal de l'Agenda 2063, qui encourage « une Afrique prospère fondée sur une croissance inclusive et un développement durable ».

Intégration régionale et libre-échange

Pour réaliser leur potentiel, les pays africains doivent également promouvoir l'intégration régionale et le commerce intrarégional. Bien qu'il soit largement reconnu que le commerce intrarégional peut jouer un rôle important dans l'accélération de la croissance économique et la réduction de la pauvreté, ainsi que dans l'amélioration de la sécurité alimentaire et énergétique en Afrique, le continent continue de commercer peu avec lui-même.

L’Afrique est sur le point de devenir la plus grande zone de libre-échange du monde avec l’annonce de l’Accord sur la zone de libre-échange continentale africaine à Kigali, au Rwanda, en mars 2018. Jusqu’à présent, 49 pays africains ont signé l’Accord et se sont unis pour constituer un seul marché susceptible de développer les entreprises locales, stimuler le commerce intra-africain, relancer l'industrialisation et créer des emplois.

Selon la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), si les 55 pays africains adhèrent à la zone de libre-échange, celle-ci couvrira plus de 1,2 milliard de personnes avec un PIB combiné de 2,5 billions de dollars. Dans cette éventualité, le commerce intra-africain devrait de ce fait augmenter de 52,3% d'ici 2020. La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement s'attend ainsi à ce que l'Afrique obtienne davantage d'emplois industriels et à valeur ajoutée. Cela contribuerait enfin à la transformation industrielle et à la prospérité de l'Afrique, comme prévu dans l'Agenda 2063 de l'Union africaine et l'Agenda 2030.