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Actualité

Gérer les migrations mondiales sous l’angle des droits de l’homme

Avril 2009

des travailleurs migrants à l'aeroport.

Retour émouvant de travailleurs migrants philippins en provenance du Liban. Photo OIM

Des millions de migrants, partout dans le monde, sont particulièrement vulnérables à la montée de la xénophobie et des pratiques discriminatoires que favorise la crise économique mondiale actuelle. Il convient de gérer les migrations mondiales sous l’angle des droits de l’homme pour que soient protégés les droits de tous les migrants et de leur famille.

La migration internationale a pris une ampleur considérable ces dernières années et constitue aujourd’hui un véritable phénomène mondial. L’on estime que plus de 200 millions de personnes ont quitté leur pays d’origine.

« Le respect des droits de l’homme des migrants n’est pas seulement obligatoire au regard de la loi, mais indispensable pour que la migration soit un choix et une opportunité, plutôt qu’une stratégie de survie » a déclaré Ngonlardje Kabra Mbaijol, Conseiller spécial auprès de la Haut-Commissaire, parlant au nom de la Haut-Commissaire aux droits de l’homme, lors d’une table ronde sur « la migration, la discrimination, et les droits économiques et socioculturels » tenue parallèlement à la Conférence d’examen de Durban.

« En outre, le respect des droits de l’homme des migrants est essentiel pour améliorer l’intégration des migrants dans leur pays de destination » a-t-il indiqué.

Combattre le racisme à l’encontre des migrants est l’un des enjeux examinés par la Conférence d’examen. Les problématiques liées à la jouissance des droits économiques et socioculturels sont particulièrement cruciales pour de nombreux migrants. Très souvent, ceux-ci sont victimes d’une profonde discrimination en matière de logement, d’éducation, de santé, d’emploi ou de sécurité sociale.

En 2001, la Déclaration et le Programme d’action de Durban ont souligné qu’il convient de créer des conditions propres à renforcer l’harmonie, la tolérance et le respect entre les migrants et le reste de la société dans les pays où ils se trouvent.

En outre, le Document final de la Conférence d’examen de Durban exhorte les États à adopter et mettre en œuvre des lois de protection des travailleurs domestiques migrants, indépendamment de leur statut d’immigration, et à adopter une approche exhaustive et équilibrée de la migration.

« Alors que la débâcle financière mondiale entraîne une récession prolongée et généralisée, la montée de la xénophobie, du ressentiment envers les migrants et des pratiques discriminatoires affectera vraisemblablement les droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux des migrants » a mis en garde M. Mbaijol.

« Les travailleurs migrants – ceux qui ont des papiers comme ceux qui sont en situation irrégulière – seront, et le sont parfois déjà, les premiers à perdre leur travail. Généralement, ils travaillent dans des secteurs qui sont soit structurellement plus exposés aux fluctuations des forces de marché, soit touchés de plein fouet en période de crise. »

Il a exhorté les gouvernements à respecter leurs obligations légales de protection des droits de l’homme des migrants présents sur leur territoire.

Jillyane Redpath-Cross, Conseillère juridique adjointe du Département du Droit international de la migration et des affaires juridiques de l’Organisation internationale pour les migrations, a indiqué qu’il n’y avait pas pénurie d’instruments garantissant les droits de l’homme, dont les droits économiques et socioculturels des migrants.

« Le défi, c’est de leur donner une expression pratique et d’en faire une réalité dans la vie quotidienne des migrants, et dans l’interaction entre les migrants et les communautés » a-t-elle indiqué.

Jorge Bustamante, Rapporteur spécial sur les droits de l'homme des migrants, a attiré l’attention sur le fait que les agressions xénophobes et racistes à l’encontre des migrants procèdent souvent d’une perception faussée, parfois alimentée par les médias, de l’ampleur de l’immigration clandestine et de ses conséquences pour les sociétés hôtes.

Et M. Mbaijol d’ajouter : « Cette protection revêt une importance particulièrement cruciale en cette période de crise économique qui risque d’exacerber la discrimination et la xénophobie ou de les déclencher. »