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Actualité

Combattre la double discrimination des femmes

Avril 2009

une salle de conférence avec des participants.

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme Navi Pillay prend la parole lors d’un forum sur les femmes et la discrimination intitulé : « Double odds: Women overcoming multiple discrimination. » Photo ONU/Patrick Bertschmann

Dans son allocution d’ouverture de cette manifestation, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a salué les progrès accomplis pour endiguer la discrimination et constaté que pour de nombreuses femmes et fillettes, des changements positifs se notent au quotidien.

« Mais il existe toujours une autre réalité, plus sombre. Les femmes représentent toujours la majorité des pauvres dans le monde » a déploré Mme Pillay. « Les femmes ne perçoivent toujours pas un salaire égal pour un travail égal. Dans tous les pays et dans toutes les cultures, les femmes sont victimes de violence. Et le combat des femmes pour que justice soit faite est souvent semé d’embûches discriminatoires – dans les textes comme sur le terrain. »

« Il n’est donc guère surprenant que la confluence entre discrimination fondée sur la race et discrimination fondée sur le sexe entraîne des effets considérables et dévastateurs » a-t-elle déclaré.

Ce concept de « double discrimination » s’inspire de la Déclaration et du Programme d’action de Durban de 2001, qui ont mis l’accent sur les multiples formes que peut revêtir la discrimination.

En attirant l’attention sur cette discrimination à multiples facettes, la Déclaration et le Programme d'Action de Durban constatent que ce sont les groupes les plus vulnérables qui sont les plus exposés, et que de ce fait, ils risquent davantage d’être confrontés à des difficultés économiques, à l’exclusion sociale et à la violence.

Les femmes subissent de manière disproportionnée les pratiques d’emploi discriminatoires, et sont souvent contraintes de se tourner vers le travail non déclaré ou informel. Les membres de groupes victimes de discrimination raciale ne jouissent pas d’une égalité d’accès à la santé, à l’éducation ou à la justice, et cet accès est encore plus limité pour les femmes.

Mme Pillay a rappelé que dans la Déclaration et le Programme d'Action de Durban « les États reconnaissent que le racisme et l’intolérance se manifestent de manière différente à l’égard des femmes et des filles et limitent leurs droits fondamentaux. »

Les participants de cette manifestation spéciale ont également entendu les témoignages d’autres expertes des droits des femmes de renommée mondiale.

Le professeur Yakin Ertürk est la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences depuis 2003.

Le Professeur Ertürk a déclaré aujourd’hui que des progrès avaient été accomplis au niveau de la réduction de la discrimination, mais qu’il était temps d’envisager une autre stratégie, pour remanier le concept de l’égalité des chances et se mettre en quête d’un nouveau « contrat de genre » qui redéfinirait nos identités d’hommes et de femmes et inclurait aussi la question de l’orientation sexuelle.

Le débat doit maintenant porter sur « l’engagement », a-t-elle déclaré.

Parmi les autres membres de la table ronde figuraient Hina Jilani, juriste et militante des droits de l’homme, et ancienne Représentante spéciale du Secrétaire général sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, qui s’est battue contre les lois discriminatoires au Pakistan pendant plus de 20 ans.

Mme Jilani a rappelé à l’assistance qu’il y a des « préjugés enracinés » dans toutes les sociétés, même dans celles qui se croient mieux équipées que d’autres pour lutter contre la discrimination, indépendamment de l’état d’avancement de cet État ou de cette société. Ces préjugés posent des risques particuliers pour les militantes des droits des femmes.

La troisième oratrice était le Professeur Patricia Sellers, ancienne Chargée de dossiers, Conseillère juridique pour les questions de genre et Premier Substitut du Procureur par intérim au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie.

Se référant à son expérience personnelle, Mme Sellers a déclaré que l’interdiction du génocide des femmes est un point de discussion majeur pour les juristes internationaux. En effet, les femmes doivent être « intégrées » aux autres groupes.

Toutes les oratrices ont reconnu que les considérations relatives au genre sont trop souvent ajoutées « en annexe » aux documents internationaux, et ne souhaitent pas que celles-ci soient simplement « intégrées » au Document final de Durban.

Elles estiment que les questions de genre doivent être prises en compte comme il se doit et figurer au cœur de l’ordre du jour.