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Désarmement - Bureau des affaires du désarmement des Nations Unies

Historique sur les missiles et bombardiers

Bombardiers

Première Guerre mondiale

De premières tentatives grossières de bombardement aérien eurent lieu au milieu du XIXe siècle; le bombardier moderne apparut lors de la Première Guerre mondiale.

Pendant la guerre, les Allemands furent les premiers à utiliser des avions militaires pour frapper des positions ennemies. Ils furent rapidement suivis par les Alliés, qui, vers la fin de la guerre, furent en mesure de frapper avec une force sans précédent les lignes de front et les positions industrielles des Allemands.

Entre-deux-guerres

La période de l'entre-deux-guerres fut marquée par des avancées au niveau de la conception des bombardiers et de la doctrine. Ainsi, la théorie de la guerre aérienne du général italien Giulio Douhet a conféré au bombardier le statut d'arme stratégique permettant de gagner une guerre.

Seconde Guerre mondiale

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les bombardements aériens jouèrent un rôle important. Au début de la guerre, les Allemands les utilisèrent très efficacement contre la Pologne, la France et l'Union soviétique. En 1940, ils lancèrent la bataille d'Angleterre, une campagne aérienne massive destinée à balayer la résistance britannique.

De la même façon, les Japonais utilisèrent en 1941 des avions embarqués pour attaquer la base navale américaine de Pearl Harbor; ils voulaient terrasser les États-Unis d'Amérique pour qu'ils ne s'engagent pas dans la guerre.

Vers la fin de la guerre, les Alliés prirent l'avantage en lançant des bombardements dévastateurs contre des cibles militaires et industrielles allemandes et japonaises. En août 1945, ces bombardements atteignirent leur paroxysme avec le largage de deux bombes nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki, qui conduisit à la reddition du Japon.

Depuis 1950

Après la guerre, les bombardiers à long rayon d'action furent chargés d'emporter les armes nucléaires pour des missions stratégiques.

À partir des années 60, ce rôle fut de plus en plus attribué aux missiles.

Missiles

Missiles balistiques

Les premiers missiles balistiques, dits missiles V-2, furent utilisés pour la première fois par les Allemands au cours de la Seconde Guerre mondiale. Ils avaient une portée d'environ 300 kilomètres et pouvaient emporter une charge d'une tonne d'explosifs classiques. Lors de la bataille d'Angleterre, environ 4 000 V-2 furent tirés depuis des sites spécialement préparés. En raison de leur manque de précision et de leur pouvoir destructeur limité, ils donnèrent des résultats modestes.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les missiles balistiques ont été mis au point dans le but principalement d'envoyer des charges nucléaires. Dans les années 50, encouragés par l'apparition de charges nucléaires suffisamment légères, l'Union soviétique et les États-Unis mirent en place des missiles balistiques intercontinentaux capables d'emporter une tête nucléaire sur une distance de plusieurs milliers de kilomètres.

Dans les années 60 et 70, de nouveaux systèmes de propulsion, de tir et de guidage de missiles balistiques et d'autres composants furent mis au point. Le plus important fut le système des corps de rentrée à têtes multiples indépendamment guidées qui permet à un missile balistique intercontinental d'emporter plusieurs têtes et donc de viser plusieurs cibles simultanément.

Dans les années 80, la technologie des missiles balistiques fut encore améliorée, et notamment celle des systèmes de guidage, avec l'apparition des corps de rentrée capables d'opérer une manœuvre directe vers la cible, ce qui améliora encore un peu plus la précision des missiles balistiques. Les craintes actuelles s'agissant de la prolifération des missiles balistiques capables de transporter des armes de destruction massive sur des portées courtes et intermédiaires ont suscité un intérêt pour les systèmes de défense antimissiles, et plus particulièrement aux États-Unis.

Missiles de croisière

Les missiles de croisière firent, eux aussi, leur apparition pendant la Seconde Guerre mondiale. Lors de la bataille d'Angleterre, 10 000 missiles de croisière V-1 furent tirés par les Allemands depuis des sites fixes au sol sur les côtes de la Manche et depuis des bombardiers spécialement adaptés. Le V-1, qui était en fait un drone à pulsoréacteur, avait une portée opérationnelle d'environ 250 kilomètres et pouvait emporter une charge de 850 kilogrammes d'explosifs brisants. Le V-1 était conduit automatiquement vers sa cible par un gyroscope qui régulait la trajectoire du missile et une horloge interne qui ordonnait sa descente après un temps prédéfini. Même si ce dispositif rudimentaire ne permettait qu'un guidage approximatif et faisait du V-1 un missile très imprécis et inefficace, son utilisation pendant la bataille d'Angleterre démontra de façon convaincante la capacité des missiles de croisière à s'introduire dans un espace fortement défendu et à atteindre des cibles se trouvant à une portée considérable.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'Union soviétique et les États-Unis mirent au point des missiles de croisière. Dans les années 50 et 60, les Soviétiques et les Américains déployèrent divers missiles de croisière à lanceur naval, terrestre ou aérien équipés de charges classiques ou nucléaires. En 1967, un destroyer israélien fut coulé par un missile antinavire de fabrication soviétique pendant la guerre israélo-arabe. Les missiles de croisière étaient utilisés pour la première fois avec succès dans un combat; ils le seraient encore au cours de la guerre indo-pakistanaise (1971), la guerre Iran-Iraq (1980-1988), la guerre des Malouines (îles Falkland, 1982) et plus particulièrement lors de la guerre du Golfe (1991).

Dans les années 70, pour différentes raisons militaires, politiques, économiques et technologiques, les États-Unis et l'Union soviétique commencèrent à travailler sur une nouvelle génération de missiles de croisière. Ces nouveaux missiles, qui furent déployés dans les années 80, comportaient des améliorations considérables au niveau notamment des combustibles, des moteurs, des matériaux et de la conception. Plus important encore, ils étaient équipés de systèmes de guidage perfectionnés utilisant des systèmes de correspondance et de navigation par satellite capables de les diriger avec une très grande précision jusqu'à la cible. Ces nouveaux systèmes de guidage rendaient la nouvelle génération de missiles de croisière nettement supérieure aux précédentes et faisaient des missiles de croisière un moyen extrêmement précis et efficace pour envoyer toutes sortes de charges sur différentes portées.

Systèmes antimissiles balistiques

L'intérêt pour les systèmes antimissiles balistiques fut déclenché par l'apparition du V-2 pendant la Seconde Guerre mondiale et s'intensifia, dans les années 50, avec la prolifération des missiles balistiques intercontinentaux.

Aux États-Unis, des études concernant la faisabilité de systèmes antimissiles balistiques commencèrent dès 1944 et se poursuivirent dans les années 50. Au début des années 60, les Américains réalisèrent le premier essai réussi d'interception d'un missile balistique intercontinental, tandis que les Soviétiques engageaient leur propre programme de défense antimissiles balistiques.

Les systèmes antimissiles balistiques, essentiellement destinés à jouer un rôle défensif, risquaient de compromettre la dissuasion nucléaire fragile qui existait entre l'Union soviétique et les États-Unis en compliquant les capacités de riposte. Face à cette situation, l'Union soviétique et les États- Unis conclurent en 1972 le Traité concernant la limitation des systèmes antimissiles balistiques (Traité ABM) qui limitait, pour chaque pays, le déploiement de systèmes antimissiles balistiques à une seule installation et à un maximum de 100 intercepteurs.

Après le Traité concernant la limitation des systèmes antimissiles balistiques, les systèmes de défense antimissiles ne suscitèrent plus une grande attention jusqu'en 1983, lorsque les États-Unis annoncèrent un nouveau programme de recherche-développement connu sous le nom d'Initiative de défense stratégique. Ce projet, qui visait initialement à protéger les États-Unis contre une attaque massive de missiles balistiques, fut remplacé en 1991 par un programme de recherche-développement plus limité et redéfini sur les systèmes antimissiles balistiques : le système de protection globale contre les frappes limitées.

Aujourd'hui, les États-Unis examinent la faisabilité de différents systèmes antimissiles afin de décider s'ils pourront être déployés au cours de la prochaine décennie.

SourceĀ : Les termes de la sécurité : un lexique pour la maîtrise des armements, le désarmement et l'instauration de la confiance, Chapitre 7 - Les Vecteurs : bombardiers et missiles PDF

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