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Désarmement - Bureau des affaires du désarmement des Nations Unies

Historique des armes biologiques

Première Guerre mondiale

L'homme a depuis longtemps pensé à utiliser les maladies comme instrument de guerre. Les origines modernes des armes biologiques remontent à l'époque de la première guerre mondiale : l'armée allemande aurait tenté d'utiliser des agents pathogènes pour des actes de sabotage. Après la guerre, les principaux pays se dotèrent de projets de recherche et de développement sur les armes biologiques.

Programmes nationaux et Seconde Guerre mondiale

France

En France, la Commission de bactériologie fut créée en 1921 pour établir une politique de guerre biologique.

Au milieu des années 30, les Français commencèrent à mettre au point dans le Laboratoire du Bouchet des agents antipersonnel et d'autres contre les animaux. Les activités de recherche s'y poursuivirent jusqu'à ce que les Allemands découvrent le laboratoire, en 1940.

Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, le Comité de la défense inpériale créa, en 1936, un sous-comité chargé de prévoir des mesures en cas d'attaque biologique.

La création d'une unité spéciale sur les armes biologiques, à Porton Down en 1940, fut le début du programme britannique d'armement biologique. Les recherches effectuées à Porton Down portaient sur des armes utilisant la toxine botulique et l'anthrax pour attaquer cultures et animaux.

En 1941, près de 5 millions de tourteaux comprenant de l'anthrax furent produits et en 1942 plusieurs bombes d'anthrax furent testées à Gruinard Island, en Écosse.

En mai 1942, les Britanniques associèrent leurs efforts à ceux du Canada, puis, quelques mois plus tard, à ceux des États-Unis d'Amérique. Cette collaboration dura tout le temps de la guerre et se poursuivit après.

États-Unis d'Amérique

Les États-Unis d'Amérique commencèrent à s'intéresser aux armes biologiques lorsqu'une commission spéciale fut créée pour évaluer la menace de guerre biologique. En 1943, un centre de recherche fut créé et, en 1944, une installation d'essai sur site était opérationnelle.

Ce fut également en 1943 que débuta le projet de chambre à brouillard (ou chambre de Wilson). Il établit la faisabilité d'une infection par inhalation et prouva la possibilité de disséminer des agents pathogènes sous forme d'aérosols.

À la fin de la guerre, les États-Unis avaient étudié un grand nombre d'agents, mis au point des techniques de stabilisation par la cryodessiccation (lyophilisation) et testé au moins un modèle de bombe à sous-munitions pour la dispersion d'agents biologiques.

Union soviétique

En Union soviétique, un programme d'armement biologique aurait commencé vers 1927. Les Soviétiques étudièrent toute une série d'agents pathogènes et auraient été, au début de la seconde guerre mondiale, en mesure de fabriquer des agents capables de provoquer la tularémie, le typhus ou la fièvre Q.

Japon

Au Japon, un programme d'armement biologique offensif fut créé au milieu des années 30. Les principales installations de recherche japonaises se trouvaient à Beiyinhe et à Pingfan, en Mandchourie.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Japonais testèrent des agents biologiques sur des prisonniers de guerre et travaillèrent sur plusieurs projets de bombes pour une dissémination de bactéries à grande échelle ainsi que sur un dispositif aéroporté de pulvérisation.

Les Japonais auraient utilisé des agents biologiques contre les Soviétiques en Mongolie en 1939, contre des troupes chinoises en 1942 et contre des civils chinois entre 1940 et 1944.

Allemagne

En Allemagne, un programme limité d'armement biologique fut lancé en 1943 avec la création d'un centre de recherche à Posen. Cette installation fonctionna jusqu'en 1945 lorsqu'elle fut prise par les Soviétiques. Les recherches réalisées portaient sur des agents antipersonnel et anticulture, et sur la possibilité de les diffuser avec des pulvérisateurs.

Guerre froide

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, même si aucun pays n'avait fait de découverte considérable, la faisabilité des armes biologiques était clairement établie.

Après la guerre, les activités de recherche-développement se poursuivirent, plus particulièrement aux États-Unis et en Union soviétique.

États-Unis d'Amérique

En 1950, les États-Unis d'Amérique décidèrent de créer une installation de fabrication d'agents biologiques près de Pine Bluff, en Arkansas. Moins d'un an plus tard, cette installation produisait des agents anticulture. Une série d'expériences de grande ampleur sur le terrain commença en 1950. Ces essais, qui consistaient à pulvériser des bactéries inoffensives sur des zones rurales ou urbaines précises, visaient à tester l'efficacité des méthodes de dissémination aérienne.

Le programme américain d'armement biologique prit fin officiellement le 25 novembre 1969, lorsque le Président Richard Nixon annonça qu'à compter de ce jourlà lesÉtats-Unis d'Amérique renonçaient à toute forme de guerre biologique et ordonna la fermeture de toutes les installations engagées dans la fabrication d'agents biologiques, ainsi que la destruction de tous les stocks d'armes biologiques.

Dans une déclaration du 14 février 1970, Nixon étendit cette décision aux armes à toxines. Depuis lors, les recherches réalisées aux États-Unis d'Amérique auraient porté exclusivement sur la mise au point de contre-mesures défensives.

Union soviétique

Les rapports qui furent rendus publics sur le programme soviétique d'armement biologique montrent que l'Union soviétique poursuivit, pendant la guerre froide, d'importantes activités de recherche et de production.

À la fin de la seconde guerre mondiale, les Soviétiques possédaient une grande partie des techniques de pointe de l'Allemagne pour la fabrication d'agents et des recherches du Japon pour la conception d'armes. Par la suite, les Soviétiques continuèrent à étudier de nouveaux types d'agents et à améliorer les techniques pour les fabriquer et les disperser. D'importantes quantités d'armes biologiques semblent avoir été fabriquées.

Dans les années 70, le programme soviétique d'armement biologique aurait cherché à exploiter les avancées réalisées dans le domaine du génie génétique en créant des souches d'agents pathogènes encore plus virulents. Le 2 avril 1979, de nombreux cas de charbon pulmonaire apparurent autour d'une installation militaire à Sverdlovsk. Dans une déclaration du 29 janvier 1992, le président russe de l'époque, Boris Eltsine, admit que ces cas étaient dus à une diffusion accidentelle de spores d'anthrax. Il ordonna, à cette occasion, l'arrêt de toutes les activités russes d'armement biologique et la destruction de tous les stocks d'armes biologiques.

Années 1980

Depuis la seconde guerre mondiale, outre l'Union soviétique et les États- Unis, d'autres pays sont soupçonnés d'avoir essayé de mettre au point des armes biologiques. L'exemple le plus évident est celui de l'Iraq.

Iraq

Il est aujourd'hui établi qu'entre 1985 et 1991 l'Iraq a conduit un important programme d'armes biologiques. Il portait sur une gamme importante d'agents antipersonnel et d'agents phytotoxiques ainsi qu'un grand nombre de vecteurs, y compris des missiles balistiques.

Au moment de la guerre du Golfe, en 1991, l'Iraq avait fabriqué d'importantes quantités d'agents biologiques qui étaient, en grande partie, déjà placés dans des munitions et déployés.

Après la guerre du Golfe, le Conseil de sécurité de l'ONU ordonna la destruction de toutes les armes de destruction massive iraquiennes et notamment celle des armes biologiques.

Source : Les termes de la sécurité : un lexique pour la maîtrise des armements, le désarmement et l'instauration de la confiance, Chapitre 4 - Armes biologiques PDF

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