Pas de développement durable sans respect des droits de l’homme – experts

Pas de développement durable sans respect des droits de l'homme (Jackie Curtis)

Un groupe de 22 experts indépendants des Nations Unies a appelé lundi les gouvernements du monde entier à inscrire les droits de l’homme universels et les mécanismes de responsabilisation pour le respect de ces droits sur la liste des objectifs de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable Rio+20, alors que débutaient des négociations informelles à New York.

« Des objectifs mondiaux sont faciles à fixer, mais rarement atteints », ont mis en garde les experts qui ont souhaité renforcer les ambitions sur ce qui peut être atteint lors de la conférence. « Il y a un risque réel que les engagements pris à Rio restent des promesses vides sans un suivi efficace et l’attribution de responsabilités », ont averti les experts dans une lettre ouverte.

Le Sommet Rio+20 doit poser les fondations pour une nouvelle série d’objectifs en matière de développement durable qui pourra compléter et renforcer les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) qui avaient été fixés en 2000.

« En tirant les leçons de erreurs commises en relation aux OMD, les nouveaux objectifs durables doivent intégrer l’ensemble des droits humains liés au développement durable, et les droits de l’homme doivent servir à mesurer la mise en œuvre d’un développement inclusif, équitable et durable », ont déclaré les experts indépendants.

Vingt ans après la Conférence de Rio sur le développement et l’environnement, et dix ans après le Sommet mondial sur le développement durable à Johannesburg en Afrique du Sud, les effets du changement climatique et de la pollution de l’environnement ont exacerbé les enjeux. Les objectifs et les moyens de vérification et de mesure doivent être basés sur les droits de l’homme dès le départ, selon ces experts.

« Les droits de l’homme ont guidé plus de 60 ans de progrès en apportant une base légale à l’action politique. Les droits de l’homme doivent désormais servir d’éléments de cohésion à Rio : ils doivent lier les pays aux engagements qu’ils font. Les Etats auront l’opportunité à Rio soit de créer les changements nécessaires soit d’obtenir des résultats qui ne seront guère mieux que ceux du passé », ont indiqué les experts.

Ce groupe de 22 experts comprend notamment Olivier De Schutter (alimentation), Catarina de Albuquerque (eau et assainissement), James Anaya (peuples autochtones, Anand Grover (santé), Magdalena Sepulveda (pauvreté extrême), Rashida Manjoo (violence contre les femmes), etc.

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