Protéger les droits des personnes âgées

UN-Photo-Mark-Garten

La troisième session du Groupe de travail à composition non limitée sur le vieillissement, dans le but de renforcer la protection des droits de l’homme des personnes âgées, a débuté mardi et fermement placé la question de la discrimination liée à l’âge à l’honneur, lors de la première table ronde. Le Groupe de travail est chargé d’examiner le cadre international actuel des droits pour les personnes âgées, afin d’identifier d’éventuelles lacunes et la meilleure façon de les aborder.

Le Groupe de travail a commencé par une table ronde sur la discrimination avec les experts ci-après : M. Charles Radcliffe, responsable des enjeux mondiaux au Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme en tant que modérateur, M. Alejandro Morlachetti, professeur de droit à l’Université de La Plata, Argentine, Mme Louise Richardson, vice-présidente de Age Platform Europe, et Mme Susan Ryan, commissaire de l’Australie pour la discrimination liée à l’âge.

Décrivant la portée de la discussion, M. Radcliffe a déclaré: «Le groupe de travail est réellement une invitation à regarder les défis liés aux droits de l’homme que rencontrent les personnes âgées aujourd’hui et réfléchir à ce qui peut être fait pour s’assurer que chacun, quel que soit son âge, peut jouir des mêmes droits sur un pied d’égalité. Le droit d’être libre de toute discrimination est un principe fondamental du droit international sur les droits de l’homme, et pas seulement pour les personnes âgées mais pour les gens de tous âges. Les États ont l’obligation légale de protéger les citoyens contre la discrimination ».

Le rapport du Secrétaire général faisant suite à la deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement souligne que les personnes âgées sont trop souvent confrontées à de nombreux types de discriminations relatives à l’emploi, la santé, l’exclusion sociale et financière, et courent souvent le risque de s’appauvrir ou de vivre dans la pauvreté.

Les personnes âgées sont plus susceptibles de faire face à la redondance dans une conjoncture économique difficile. Elles ne bénéficient généralement pas de possibilités de formation et font face à de graves obstacles au retour à la vie active ; elles souffrent souvent de longues périodes de chômage et de difficultés financières.

La santé a été identifiée comme un domaine plein de pratiques discriminatoires. Les personnes âgées sont vulnérables aux coûts considérables liés à l’assurance santé complémentaire, aux co-paiements ou à l’absence d’assurance-maladie, et dans de nombreux cas, ont carrément des difficultés à accéder aux services de santé en raison de pratiques discriminatoires liées à l’âge dans la répartition des soins de santé. Le manque d’accès ou une connaissance limitée de la technologie peut conduire à l’exclusion. Par exemple, maintenant que tant d’informations sur les avantages sont disponibles en ligne, les personnes âgées peuvent trouver difficile de naviguer et ainsi passer à côté de renseignements sur les prestations et services clés. La discrimination multiple a été soulignée comme un problème majeur pour les personnes âgées, que ce soit en raison du sexe, de l’origine ethnique, du handicap ou de l’orientation sexuelle. 

En outre, les personnes âgées peuvent faire face à l’exclusion financière par manque de volonté de la part des institutions financières de leur offrir du crédit et certains produits financiers. Mme Richardson a déclaré: «Quand il s’agit de biens et de services, il n’existe pas de législation contraignante en matière de discrimination. Age Platform Europe a récemment démontré la persistance de limites d’âge dans l’accès à l’assurance voyage, l’assurance maladie complémentaire, les prêts immobiliers et les prêts bancaires. Dans de nombreux États membres les personnes âgées doivent payer des frais prohibitifs ou se voir refuser l’accès à l’assurance ».

Susan Ryan, commissaire dédiée de l’Australie pour l’âge a parlé de l’expérience australienne de la gestion de la discrimination liée à l’âge en ces termes : « Le gouvernement australien a créé le rôle du commissaire de l’âge en raison des changements démographiques, du vieillissement de la population et du fait que les gens vivent plus longtemps et en meilleure santé. La combinaison de ces facteurs a persuadé le gouvernement qu’il devrait y avoir des protections spécifiques pour les personnes âgées contre la discrimination liée à l’âge dans la société et sur le lieu de travail en particulier ».

Le Groupe de travail à composition non limitée sur le vieillissement discutera également dans les prochains jours des questions liées à l’autonomie, à la vie indépendante et aux soins de santé, à la vie dans la dignité, à la sécurité sociale et l’accès aux ressources, aux abus et à la violence envers les personnes âgées, à l’accès à la justice.

Bookmark and Share