De nouvelles façons de mesurer de la pauvreté par le genre

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Les statistiques par sexe sont essentielles pour élaborer des politiques fondées sur des preuves et pour le suivi des progrès en matière d’égalité entre les sexes et d’autonomisation des femmes. Cependant, les lacunes dans les données disponibles sont un obstacle sérieux à l’élaboration de politiques claires et efficaces sur les questions de genre.

Pour entreprendre des évaluations du développement sensibles au genre et des études sur les causes structurelles sous-jacentes des inégalités entre les sexes, il est nécessaire d’avoir des données et ces dernières ne peuvent pas être collectées régulièrement par les unités nationales de statistiques. Le Forum mondial sur les statistiques a été l’occasion pour les statisticiens et les décideursde partager des expériences et définir des stratégies pour accélérer le processus d’intégration du genre dans les systèmes statistiques nationaux.

Le Forum mondial sur les statistiques par sexe, organisé par la Division de statistique des Nations Unies (DSNU), en collaboration avec ONU-Femmes, la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale, la Banque mondiale et le Fonds des Nations Unies pour la population, s’est tenu en Jordanie, près de la Mer Morte, du 27 au 29 Mars, et était organisé par le Département national des statistiques de Jordanie.

L’événement a abordé la question de l’autonomisation économique, politique et physique, ainsi que celle liée à la connaissance et à l’information. Il a également été question d’examiner les progrès accomplis dans l’évaluation des questions relatives à la jeunesse telles que le mariage précoce et ses conséquences sur les filles.

Le débat de haut niveau sur « l’intégration du genre dans les systèmes statistiques nationaux » a souligné la nécessité d’utiliser à la fois une analyse quantitative et qualitative, afin d’institutionnaliser l’égalité des sexes, de favoriser le dialogue entre les producteurs et les utilisateurs de données, et de lier la collecte et l’utilisation des indicateurs dans le cadre du contrôle de l’efficacité des programmes.

Les tables rondes sur l’autonomisation économique des femmes ont souligné la nécessité d’identifier les causes sous-jacentes de l’absence d’opportunités d’emploi pour les femmes, y compris les facteurs structurels tels que les normes sociales et les facteurs culturels. Des moyens novateurs permettant de mesurer la pauvreté d’un point de vue du genre doivent être identifiés et des moyens efficaces pour communiquer les données ou les conclusions aux décideurs, à la société civile et aux autres parties prenantes doivent être identifiés. Promouvoir le développement de normes de mesure est essentiel pour mesurer la continuité de l’emploi informel et formel. Cela permet également de mieux comprendre les liens entre le travail agricole familial non rémunéré et la pauvreté (y compris en considérant la structure des ménages), de promouvoir la mise en œuvre des enquêtes sur l’utilisation du temps (afin de mieux comprendre le rôle des genres), de rassembler les données pour évaluer les progrès du développement dans son ensemble et de produire une comptabilité annexe du travail non rémunéré.

Dans le domaine de l’autonomisation physique, la mesure de la violence contre les femmes (VCF) et d’autres pratiques nocives a été abordée, et les participants ont convenu de la nécessité de: promouvoir l’utilisation des nouvelles lignes directrices de la DSNU pour la mesure de la violence contre les femmes, y compris leur adaptation au contexte national et aux besoins spécifiques des pays en conflit et post-conflit; promouvoir une collecte de données sensible au genre et harmonisée sur les réfugiés et personnes déplacées (IDP); développer des cadres de surveillance et d’évaluation adéquats qui permettent d’identifier les interventions fondées sur des preuves et visant à éradiquer les mutilations génitales/excisions féminines et autres pratiques néfastes.

Le besoin de données actualisées sur l’émancipation politique au niveau national et local, ainsi que de données ventilées pour saisir les disparités entre les sexes a été souligné, ainsi que la nécessité d’améliorer l’analyse des dynamiques de prise de décisions dans le ménage.

Les participants à la réunion ont noté qu’il n’y a pas que l’éducation qui doit être mesurée, mais aussi le rôle des femmes dans la science et l’accès à l’information, aux médias et à la technologie. Il faut se demander aussi comment traduire au mieux les statistiques pour en faire des politiques qui, une fois mises en oeuvre, permettront l’émancipation de la connaissance des les femmes.

Enfin, les participants au Forum ont convenu des recommandations à prendre en compte dans le programme de travail du Groupe d’experts inter-institutions sur les statistiques ventilées par sexe ( GEIS-VS), ainsi que des sujets à discuter lors du prochain Forum qui se tiendra en 2014 dans la région Amérique Latine et Caraïbes.

Ce Forum était le quatrième d’une série de manifestations organisées par le GEIS-VS lors de sa première réunion en 2006. La DSNU agissant en tant que secrétariat du GEIS-VS continuera de coordonner le Programme mondial sur les statistiques liées au genre, en étroite collaboration avec ONU-Femmes et la Banque mondiale, pour répondre aux recommandations formulées par le Forum et aux demandes faites par les pays dans le cadre d’autres processus de consultation internationale et inter-gouvernementale, y compris la Commission statistique des Nations Unies.

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