Responsabilisation dans l’orchestre du développement

Quand on compare le développement à un orchestre musical poursuivant un objectif collectif, chaque musicien joue de l’instrument qu’il ou elle maîtrise le mieux. Bien que tous les musiciens suivent la même feuille de chant,  ce n’est que lorsque chacun joue sa partition que l’orchestre peut jouer la chanson avec succès. Cette analogie permet de comprendre qu’il est essentiel de garder à l’esprit le rôle de chaque acteur et sa contribution au développement, ainsi que la nécessité que tous soient responsables les uns par rapport aux autres de leurs tâches et résultats.

En collaboration avec le gouvernement de l’Allemagne, le DAES a organisé une manifestation parallèle de haut niveau le 25 Septembre pour lancer publiquement les préparatifs du Symposium de haut niveau en Allemagne. Sous le titre «Efficacité et responsabilité dans l’agenda de développement post-2015 – leçons de l’expérience des OMD », les représentants des gouvernements du Nord et du Sud, de la société civile, et les organisations internationales se sont réunis à New York.

La forte présence des intervenants au cours de la première semaine de l’Assemblée générale annuelle a non seulement permis de réaffirmer l’importance de ce sujet, mais a aussi fourni beaucoup de matière à réflexion pour l’élaboration du programme du Symposium ainsi que les études de base qui devront être préparées.

Parmi les intervenants figuraient S.E. M. Bhoendradatt Tewarie, Ministre de la Planification et du Développement Durable de Trinité-et-Tobago, M. Juan Valle Pereña du Mexique, directeur exécutif de l’Agence mexicaine de la coopération, M. Anthony Smith, Sherpa du Royaume-Uni pour le Partenariat mondial pour une  coopération efficace au développement, et M. Dhananjayan Sriskandarajah, secrétaire général de CIVICUS. La discussion a été animée par M. Joahnnes F. Linn de l’Institut Brookings, avec des remarques récapitulatives de M. Navid Hanif, Directeur du Bureau de l’appui et de la coordination de l’ECOSOC au Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies.

 

Un Agenda Unifié et Universel

Les délibérations en cours sur un programme de développement post-2015 montrent qu’un tel programme doit être unifié et universel. Il doit réunir les objectifs d’éradication de la pauvreté et de développement durable. Il doit s’appliquer à tous les pays, développés et en développement. Ces deux grands changements auront des conséquences importantes pour un troisième: comment réaliser la surveillance et la responsabilisation accrues qui seront nécessaires pour assurer la réussite du programme.

Le Sous-secrétaire général du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies, Wu Hongbo, a posé des questions importantes au sujet de la responsabilisation internationale dans la coopération au développement après 2015: «D’abord, nous devons réfléchir aux principaux piliers. Quels sont les concepts clés qui définissent un cadre de responsabilisation global? Quelles sont les caractéristiques qui le définissent et qui sont nécessaires à son succès? Quelle est la place, par exemple, des concepts clés tels que la surveillance et l’efficacité de la coopération au développement? Deuxièmement, quels seront les éléments essentiels d’un tel cadre? Comment pouvons-nous être sûrs qu’il aborde à la fois la coopération au développement et le développement durable? Troisièmement, comment pouvons-nous promouvoir une approche de bas en haut, où les besoins et les capacités sont exprimés au niveau des pays et considérés au niveau mondial? “

 

Aspects Variés de la Responsabilisation

L’un des messages clés auxquels les participants sont parvenus au cours de l’événement est que la responsabilisation va au-delà de l’émission des rapports et la signalisation du non-respect des engagements. Le processus de responsabilisation se rapporte à l’apprentissage mutuel et au partage des connaissances ; il s’agit de s’engager mutuellement dans un dialogue pour favoriser le processus et la mise en œuvre des objectifs de développement, et de renforcer l’interaction entre les acteurs.

En outre, chaque acteur a un rôle important à jouer, mais ils ne peuvent pas tous être mesurés par le même instrument. Les organisations de la société civile par exemple, jouent un rôle important dans la coopération au développement. M. Dhananjayan Sriskandarajah a expliqué que la société civile n’assiste pas seulement à la réalisation des projets de développement, mais contribue à responsabiliser les autres parties prenantes ainsi qu’elles mêmes. Toutefois, pour le faire, elles ont besoin ainsi que tous les autres acteurs impliqués dans la coopération au développement, d’environnements propices et favorables.

 

Responsabilisation dans la Pratique

S.E. M. Bhoendradatt Tewarie a fourni aux participants un exemple concret de la façon dont la responsabilisation peut fonctionner dans la pratique. Il a décrit comment Trinité-et-Tobago a rationalisé ses cinq priorités de développement durable dans les budgets et le travail des ministères, en les rattachant au budget de fonctionnement et au budget de développement. La sélection des projets s’est mesurée par une évaluation minutieuse de chaque projet et chaque ministère, et les ministères ont été regroupés autour de priorités afin de les traiter dans les trois dimensions.

Pour responsabiliser les ministères, le gouvernement a mis en place un système de gestion et de suivi de la performance, l’Unité nationale de transformation. Quatre indicateurs annuels ont été retenus et un cadre d’action subséquent incluant des rapports annuels de performance a été accepté par le parlement. En plus de l’examen parlementaire, le gouvernement a fondé un Conseil consultatif de développement économique et un Conseil de la société civile qui servent tous les deux dans les fonctions consultatives auprès du ministère de la Planification.

 

Lien entre la Responsabilisation et l’Efficacité du Développement

L’efficacité du développement repose sur de solides systèmes de surveillance et de responsabilisation. Elle vise à maximiser l’impact et la qualité des efforts de développement entrepris, en considérant la propriété et la transparence comme des éléments clés. Faire progresser l’agenda de l’efficacité du développement est aussi important pour répondre aux attentes du public de justifier les dépenses et les actions de coopération au développement. Mme Gudrun Kopp, secrétaire d’État parlementaire du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement a souligné, que «l’efficacité du développement est cruciale pour le succès du processus post-2015. Nous devons concevoir toute notre coopération de telle manière qu’elle conduise à des résultats durables. »

Un ensemble de participants ont donc été appelés à poursuivre le dialogue stratégique entre le Forum de coopération au développement et le Partenariat mondial de Busan pour une coopération efficace au service du développement, afin d’aider chaque forum à profiter davantage de ses points forts respectifs, tout en évitant la duplication des efforts.

 

Eviter une Approche Standard de Responsabilisation

Les participants ont largement consenti que l’adoption d’une approche standard de responsabilisation ne serait pas suffisante. Chaque pays a une composition différente d’acteurs qui soutiennent la coopération au développement sur le plan national, et les pays ont des priorités différentes qui doivent être reflétées lors de l’alignement des stratégies nationales de développement aux objectifs de développement convenus au niveau international, tels que les Objectifs du Millénaire pour le développement.

Les participants ont souligné le besoin urgent de comprendre les enjeux réels pour chaque pays et d’évaluer les instruments qui seront les plus efficaces pour y faire face, et quelles formes de partenariats et de collaboration peuvent créer le plus d’impact et fournir les bonnes ressources. Par exemple, les pays à revenu intermédiaire, qui sont à la fois fournisseurs et bénéficiaires de la coopération au développement, se trouvent dans une situation différente de celle des pays les plus vulnérables, qui sont encore très dépendants de l’aide publique au développement.

Toutes ces conclusions seront discutées lors du Symposium Allemand de haut niveau qui se déroulera du 20 au 21 Mars 2014, sur le thème « Coopération au développement responsable et efficace à l’ère post- 2015».

 

Soutenir le Processus de Développement d’un Cadre de Responsabilisation

L’examen de ces questions et la contribution à la conception et à la mise en œuvre d’un cadre de responsabilisation mondial après 2015 est un objectif essentiel du Forum de coopération au développement (FCD), dont la session de juillet 2014 à New York se prépare.
Le travail sur le forum biennal met un accent particulier sur la responsabilisation mondiale. Il contribue également à jeter les bases pour un partenariat mondial renouvelé en faveur du développement, bases qui seront nécessaires pour étayer le programme de développement post-2015.

Les préparatifs analytiques comprennent le lancement par le DAES de la troisième enquête du FCD sur la responsabilisation globale qui décrit l’état d’avancement des efforts nationaux de responsabilisation mutuelle dans tous les pays en développement. L’enquête fournira non seulement des données fraîches sur ces questions, mais aussi des leçons et des expériences à développer.
Le DAES organise, avec les gouvernements hôtes, une série de colloques de haut niveau complétés par des réunions thématiques et des dialogues entre parties prenantes. Le Symposium de haut niveau du FCD en Ethiopie les 6 et 7 Juin 2013 a examiné les caractéristiques fondamentales du partenariat mondial renouvelé pour le développement, sa stratégie et son fonctionnement pratique.

Comment la coopération au développement devra évoluer pour soutenir efficacement un programme de développement post-2015 unifié et universel, sera la question au centre du Symposium de haut niveau du FCD à Montreux, en Suisse, les 24 et 25 Octobre 2013.

 

Symposium de Haut Niveau sur la Responsabilisation Mondiale en Allemagne

Le Symposium de haut niveau du FCD en Allemagne les 20 et 21 Mars 2014 mettra l’accent sur ​​la promotion du dialogue relatif à la responsabilisation globale et à l’efficacité du développement.

Bookmark and Share