Faits et chiffres

Il n'y a pas une solution unique aux changements climatiques — Il n'existe pas de solution technique ou économique qui, à elle seule, permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre des divers secteurs. Il est tout aussi évident qu'il faudra une action coordonnée au plan international pour tirer pleinement parti des technologies propres et de l'efficacité énergétique.
Énergie — Vingt billions de dollars devraient être investis dans l'infrastructure énergétique mondiale d'ici 2030 pour répondre à une demande qui devrait croître de 60 % pendant cette période, d'après l'Agence internationale de l'énergie. Le coût supplémentaire lié aux modifications à apporter à ces investissements pour réduire les émissions de gaz à effet de serre iraient de sommes négligeables à une augmentation de 5 à 10 %. Cependant, c'est la façon dont ces besoins en énergie seront satisfaits qui déterminera si les changements climatiques seront gérables ou non. L es mesures que nous prendrons pour atténuer les changements climatiques détermineront dans une large mesure l'élévation à long terme de la température moyenne mondiale et si les conséquences pourront en être évitées.
- Le déploiement à grande échelle de technologies ne nuisant pas au climat est essentiel. Le secteur privé doit adopter rapidement les technologies propres existantes, y compris par le biais d'une coopération technique entre les nations industrialisées et les pays en développement. Pour lutter contre les changements climatiques, il faudra cependant procéder à des améliorations constantes grâce à l'innovation et au développement de nouvelles technologies.
- Des technologies plus propres et un meilleur rendement énergétique peuvent offrir des solutions bénéfiques pour tous et qui permettront à la fois la croissance économique et la lutte contre les changements climatiques. Vu la place dominante que les combustibles fossiles tiennent toujours dans le mix énergétique mondial, un meilleur rendement énergétique, des combustibles fossiles plus propres et le piégeage et le stockage du dioxyde de carbone seront nécessaires pour qu'on puisse continuer à les utiliser sans remettre en cause les objectifs relatifs au changement du climat.
- Les énergies renouvelables peuvent jouer un rôle. D'après le PNUE et New Energy Finance (NEF), les investissements dans les énergies durables – éolien, solaire et biocarburants en tête – ont augmenté de façon marquée ces dernières années. Cela reflète l'arrivée à maturité des technologies, les politiques d'incitation et l'appétit des investisseurs. Ce dernier suggère qu'il est à présent possible d'utiliser les technologies existantes à plus grande échelle et que les énergies renouvelables peuvent occuper une place plus large dans le mix énergétique sans attendre de nouvelles innovations technologiques.
- Pour répondre pleinement à la nécessité d'adopter des mesures d'atténuation partout dans le monde, cette mise à échelle doit être encouragée, de même que la diffusion des technologies, notamment en améliorant la coopération entre nations industrialisées et pays en développement. Pour cela, les pouvoirs publics doivent concrétiser davantage et encourager un climat favorable aux marchés, qui soit clair et prévisible aux yeux des investisseurs privés.
- Les pouvoirs publics doivent promouvoir un éventail d'options énergétiques - Par exemple : encourager la consommation de gaz naturel plutôt que de combustibles fossiles à forte teneur en carbone et faire appel à des technologies matures liées aux énergies renouvelables telles l'hydrocombustion, la biomasse et l'énergie géothermique. Il y a d'autres sources d'énergie renouvelable, comme la climatisation solaire, l'énergie houlomotrice et les cellules solaires issues de la nanotechnologie, même si tous ces procédés en sont encore à un stade de développement tant technique que commercial. Il y a également le piégeage et le stockage du carbone avant qu'il ne puisse être émis dans l'atmosphère et son transport en un lieu sûr afin de l'isoler de l'atmosphère, par exemple en l'enfouissant dans une formation géologique.

Agriculture — La rétention du CO2 dans le sol représente environ 89 % du potentiel d'atténuation dans ce domaine. Il y a d'autres options : améliorer la gestion des cultures et des pâturages (p. ex. meilleures pratiques agronomiques, recours à des éléments fertilisants, gestion des labours et des résidus), restauration organique des terres dégradées et des sols asséchés pour permettre l'ensemencement de récoltes. Des réductions moindres mais non-négligeables sont aussi possibles grâce à une meilleure gestion de l'eau et du riz, à la mise en jachère, à des changements dans l'affectation des sols (p. ex. la conversion de terres de culture en herbages) et à l'agroforesterie, ainsi qu'à une meilleure gestion du bétail et de ses effluents.

Bâtiments — Il est possible de réduire d'environ 30 % les émissions de référence dans les secteurs résidentiel et commercial (le taux le plus élevé de tous les secteurs étudiés par le GIEC) d'ici 2030 tout en réalisant un bénéfice économique net. On peut réduire la consommation d'énergie et l'énergie présente dans les immeubles en recourant à des technologies existantes : architecture solaire passive, éclairage et appareils électroménagers haute performance, systèmes de ventilation et de refroidissement à haut rendement, chauffe-eau solaires, isolation, matériaux de construction hautement réfléchissants et multiple vitrage. La politique gouvernementale gouvernant les normes de l'électroménager et les codes du bâtiment peut également fournir des mesures incitatives et des informations afin d'encourager l'initiative commerciale dans ce domaine.
Transport — Les technologies qui aident à réduire les émissions sont nombreuses : moteurs diesel à injection directe et turbocompresseur et batteries améliorées pour les véhicules routiers, freinage rétroactif et système de propulsion à haut rendement pour les trains, ailes volantes « Blended Wing Body » et systèmes de propulsion turbofan UDF pour les avions. Les biocarburants pourraient remplacer un large pourcentage du pétrole utilisé aujourd'hui dans les transports. Les transports en commun et la promotion des transports non-motorisés peuvent également réduire les émissions. Des stratégies de gestion des encombrements de la circulation et de réduction de la pollution peuvent également se révéler efficaces dans la diminution de l'utilisation de véhicules privés pour les trajets.
Forêts — Mettre un terme au niveau actuel élevé de déboisement et planter de nouvelles forêts pourrait entraîner une réduction considérable des émissions de gaz à effet de serre et ce à bas coût. Les tropiques représentent environ 65 % du potentiel total d'atténuation pour les forêts, et rien qu'en évitant le déboisement, on pourrait atteindre 50 % d'atténuation. A plus long terme, la meilleure manière de maintenir ou accroître la capacité des forêts à séquestrer le carbone réside dans leur gestion durable, qui a également beaucoup d'avantages sociaux et environnementaux. Une approche intégrée de la gestion forestière garantirait une production annuelle viable de bois, de fibres et d'énergie compatible avec l'adaptation aux changements climatiques, le maintien de la biodiversité et la promotion du développement durable.

Industrie — C'est dans les industries à forte intensité énergétique comme l'acier, le ciment, la pulpe et le papier ainsi que dans le contrôle de gaz autres que le CO2 (HFC-23 résultant de la fabrication de HFC-22, PFC provenant de la fusion de l'aluminium et du traitement des semi-conducteurs, hexafluorure de soufre résultant de l'utilisation d'appareillages de connexion électriques et du traitement du magnésium et méthane et oxyde nitreux produits par les secteurs de l'alimentation et de l'industrie chimique) que réside le plus grand potentiel de réduction des émissions industrielles.
Déchets — Les déchets de post-consommation représentent presque cinq pour cent du total mondial des émissions de gaz à effet de serre. La technologie peut directement réduire celles-ci en récupérant les gaz s'échappant des décharges mais aussi en adoptant de meilleures pratiques pour celles-ci ainsi qu'une gestion aménagée des eaux usées. Le compostage contrôlé des déchets organiques, le recours à des techniques de pointe pour l'incinération et une couverture sanitaire accrue permettraient même d'éviter l'émission de gaz à effet de serre. On estime qu'il est possible de réduire 20 à 30 % des émissions qui seront libérées par les déchets en 2030 à un coût négatif et de réduire 30 à 50 % d'entre elles à bas prix.
