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Impacts régionaux

Deux enfants marchent sur une plage tropicale

Il est plus difficile d'anticiper les changements climatiques au niveau régional que mondial. Cependant, d'énormes progrès ont été faits ces dernières années, ce qui permet aux scientifiques de tirer les conclusions suivantes :

Petits États insulaires — Ceux-ci sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques, leur petite taille les exposant plus aux catastrophes naturelles et aux chocs extérieurs, en particulier la montée du niveau de la mer et les menaces qui pèsent sur leurs ressources en eau douce.

Afrique — Très vulnérable aux changements climatiques et à la variabilité du climat à cause d'une pauvreté endémique, de la faiblesse de ses institutions et de catastrophes et conflits complexes. La sécheresse s'est étendue et aggravée depuis les années 1970 et le Sahel et l'Afrique australe ont déjà connu un climat plus sec au cours du XXème siècle. L'alimentation en eau et la production agricole seront sans doute gravement compromis. Les récoltes pourraient diminuer de 50 % d'ici 2020 dans certains pays et de grandes régions où l'agriculture est marginale risquent de devoir abandonner toute production. Les forêts, les herbages et autres écosystèmes naturels sont déjà en train de changer, surtout en Afrique australe. A l'horizon 2080, la surface des terres arides ou semi-arides se sera sans doute accrue de 5 à 8 % en Afrique.

Antarctique — Ce continent est difficile à comprendre et se prête mal aux prédictions. En dehors de la péninsule antarctique, qui se réchauffe rapidement, les températures et les chutes de neige sont restées relativement constantes sur l'ensemble du continent ces 50 dernières années. Comme le continent gelé stocke près de 90 % de l'eau douce de la planète, les chercheurs restent attentifs au moindre signe de fonte de ses glaciers et calottes glaciaires.

Arctique — Les températures moyennes de l'Arctique ont crû près de deux fois plus vite que la moyenne mondiale, ces cent dernières années. L'étendue annuelle moyenne de la glace arctique a rétréci de 2,7  % par décennie et de larges superficies de l'océan arctique pourraient perdre leurs glaces pérennes d'ici la fin du XXIème siècle si les émissions humaines se situent dans la moyenne supérieure des estimations actuelles. L'Arctique a une importance particulière parce que les changements qui s'y produisent ont des répercussions planétaires. Par exemple, si la glace et la neige fondent, l'albédo de la Terre décroît et piège la chaleur qui, normalement, aurait dû être reflétée, ce qui accélère le réchauffement en surface.

Asie — D'ici 2050, plus d'un milliard d'individus pourraient subir le contrecoup d'une diminution des ressources en eau douce, en particulier dans les grands bassins fluviaux. La fonte des glaciers de l'Himalaya, qui devrait accroître les crues et les avalanches de rochers, aura une influence sur l'alimentation en eau dans les 20 ou 30 années à venir. Si les glaciers reculent, le débit fluvial s'amenuise. Les zones côtières, surtout dans les immenses deltas surpeuplés, seront plus exposées à des inondations marines ou, dans certains cas, aux crues des fleuves.

Australie et Nouvelle-Zélande — Stress accru sur l'alimentation en eau et l'agriculture, modification des écosystèmes naturels, couverture neigeuse saisonnière plus mince et recul des glaciers. Au cours des dernières décennies, il y a eu des vagues de chaleur plus nombreuses, moins de périodes de gel et plus de pluie dans le nord-ouest de l'Australie et le sud-ouest de la Nouvelle-Zélande, moins de pluie dans le sud et l'est de l'Australie et le nord-est de la Nouvelle-Zélande et des sécheresses plus intenses en Australie. Il est à peu près certain que le climat du XXIème siècle sera plus chaud, qu'il y aura des vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses, des incendies, des inondations, des glissements de terrain, des sécheresses et des ondes de tempête.

Europe — Les glaciers et le pergélisol fondent, la saison de végétation s'allonge et des climats extrêmes – comme la catastrophique vague de chaleur de 2003 – se multiplient. Selon les chercheurs, les régions au nord de l'Europe vont connaître des étés plus chauds, des précipitations plus abondantes, une extension des forêts et une productivité agricole accrue. Les régions méditerranéennes connaîtront des étés plus chauds, moins de précipitations, plus de sécheresses, un recul des forêts et une productivité agricole moindre. L'Europe possède un grand nombre de zones côtières basses et vulnérables face à la montée du niveau de la mer et beaucoup d'espèces végétales, de reptiles, de créatures amphibies et autres courent un risque d'extinction d'ici la fin du siècle.

Amérique latine — Les forêts tropicales de l'est de l'Amazonie et du sud et du centre du Mexique devraient céder graduellement la place à la savane. Des régions du nord-est du Brésil et la plus grande partie du nord et du centre du Mexique vont devenir plus arides tant à cause des changements climatiques que de la gestion des sols par les hommes. A l'horizon 2050, il est hautement probable que 50 % des terres agricoles connaîtront la désertification et la salinisation.

Amérique du Nord — Les changements climatiques limiteront les ressources en eau déjà lourdement grevées par la demande croissante des secteurs agricole et industriel et des villes. L'enneigement en montagne continuera de diminuer sous les effets du réchauffement climatique alors que l'évaporation augmentera, ce qui modifiera la disponibilité saisonnière de l'eau. La baisse du niveau de l'eau dans les Grands Lacs et les grands systèmes fluviaux affectera la qualité de l'eau, la navigation, les loisirs et l'hydroélectricité. Les incendies de forêt et les infestations d'insectes ne feront qu'empirer dans un monde plus chaud aux sols plus secs. Au cours du XXIème siècle, la pression exercée sur les espèces pour qu'elles remontent vers le nord et des altitudes plus élevées altérera les écosystèmes nord-américains de façon fondamentale.

Partenaires des Nations Unies sur les changements climatiques