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25 ans après : regard en arrière

Entretien avec Salim Lone, éditeur et fondateur d’Afrique Relance

Salim Lone a été éditeur d’Afrique Relance au cours de sa première décennie d’existence. Il commente pour nous les débuts du magazine, chez lui à Nairobi au Kenya, où il s'est entretenu avec Ernest Harsch, l'actuel chef d’édition d’Afrique Renouveau..

Salim Lone, le premier rédacteur d’Afrique Relance chez lui au Kenya.Salim Lone, le premier rédacteur d’Afrique Relance chez lui au Kenya.
Photo : Afrique Renouveau / Ernest Harsch

Afrique Relance était une publication de l’ONU qui s'occupait de questions africaines. Les sujets que vous traitiez concernaient-ils l'activité de l’ONU dans la région?

En terme de contenu, Afrique Relance traitait assez peu des questions onusiennes. Si l’ONU faisait quelque chose d'important, nous en parlions bien sûr, mais tout n'était pas focalisé sur les Nations Unies. Cela n'aurait pas suscité beaucoup d'intérêt.

Quelles différences voyez-vous entre le paysage médiatique des années 80 et 90 et celui d'aujourd'hui ?

Des différences majeures : par exemple, les médias comme la radio et la télévision étaient entièrement contrôlés par les gouvernements dans tous les pays africains. La presse écrite faisait elle aussi l'objet d'une étroite surveillance. Le niveau de l'autocensure résultant de la répression subie par les rédacteurs en chef et les journalistes était très élevé.

C'est l'une des raisons qui nous ont amenés à organiser des tournées pour les journalistes en Afrique. Nous sollicitions le New York Times, l'Economist, le Financial Times et d'autres pour que leurs journalistes participent à des voyages professionnels financés par les Nations Unies dont l'objet n'était pas de traiter d'abstraites questions de développement, mais plutôt de montrer ce qui se passait vraiment sur le terrain. La couverture de ces événements était excellente. Si la culture médiatique de nos pays africains avait été plus solide, nous n'aurions pas eu besoin d'accompagner les journalistes en Tanzanie, au Ghana ou au Sénégal. Cela aussi a aidé l'Afrique et les dirigeants africains à s'ouvrir au monde occidental. Pour les médias, outre le magazine, il y avait aussi des courriers réguliers et des suppléments spéciaux, avec des diagrammes et des tableaux que les médias pouvaient utiliser à leur convenance.

Rétrospectivement quelles ont été selon vous les grandes réussites d’Afrique Relance ? Y a-t-il des choses que le magazine aurait pu faire mieux ?

Nous savions d'après les retours que nous recevions que nous étions lus par des personnalités importantes. En Tanzanie, le conseiller personnel du Président Nyerere m'a dit que Mwalimu [Nyerere] lui-même lisait Afrique Relance. Un certain nombre de sénateurs américains nous ont aussi écrit dans le seul but de nous féliciter. Nous aurions pu faire tellement plus. Mais les ressources manquaient et l'équipe éditoriale était réduite au minimum.

Que pensez-vous d’Afrique Renouveau aujourd'hui ?

Je me rends compte de l'ampleur des changements. Ils reflètent les débats et les développements qui ont cours actuellement. Je trouve cela fabuleux.  

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