Le Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA)

Trois femmes récoltent des blettes dans un champ.

Photo: FAO/Olivier Asselin

Le Programme détaillé de développement de l'agriculture africaine (PDDAA) Lien extérieur à l'ONU définit le cadre de la politique pour l'Afrique pour  la transformation de l'agriculture, la création de richesse, la sécurité alimentaire et la nutrition, la croissance économique et la prospérité pour tous.

C'est lors du Sommet de l'Union africaine organisé en 2003, à Maputo, en Mozambique, que le PDDAA s'est vu déclaré partie intégrante du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) pour la première fois.

« L’agriculture est bien l’affaire de tous : son développement est une condition d’indé - pendance nationale car elle permet de s’affranchir de l’insécuri - té alimentaire qui mine notre souveraineté et fait le lit des mou - vements de sédition ; c’est un moteur de croissance dont l’effet de levier est désormais reconnu par les économistes et les poli - tiques ; c’est le secteur qui offre le plus grand potentiel de lutte contre la pauvreté et les inégalités, car il recèle des gisements de productivité dont doivent bénéficier ceux qui y travaillent et qui sont les plus défavorisés. »

-- Ibrahim Assane Mayaki, Directeur général de l'Agence du NEPAD, Les Agricultures africaines : Transformations et prespectives (2013) PDF

Un Cadre panafricain

Le PDDAA s'inscrit dans un cadre panafricain qui offre un ensemble de principes et définit des stratégies générales pour aider les pays à :

  • Analyser de manière critique leur situation et
  • Identifier les opportunités d'investissements avec un retour sur investissement optimal.

Le PDDAA soutient la réforme du secteur agricole, à cet effet, il pose d'importants objectifs :

  • il préconise 6% de croissance annuelle pour le PIB agricole;
  • il recommande une allocation minimale de 10% des dépenses publiques dans le secteur agricole.

L’Afrique a reconnu qu’améliorer le rendement agricole permet de favoriser la croissance et la réduction de la pauvreté au vue de son impact direct sur :

  • la création d'emplois et d'opportunités en particulier pour les femmes et les jeunes,
  • la sécurité alimentaire et l'amélioration de la nutrition et
  • le renforcement de la résilience.

L'agriculture joue en effet un rôle déterminant dans les économies africaines, au sein des familles en tant que moyens de subsistances mais aussi au vue des liens étroits qui existent entre l'agriculture et d'autres secteurs.

Le PDDAA offre un processus de planification factuel, ayant pour apport principal le savoir et pour facteur central le développement des ressources humaines et des partenariats. En somme, il vise à aligner les intérêts des différentes parties prenantes autour de programmes intégrés adaptés au niveau local.

Malgré son envergure continentale, le PDDAA existe par les efforts combinés aux niveaux national et régional pour la promotion de la croissance du secteur agricole et le développement économique.

Le Pactes du PDDAA

En mars 2015 :

  • Quarante-et-un États membres de l'Union africaine ont signé le des pactes du PDDAA; parmi eux, 33 ont développé des plans d'investissement pour l'agriculture nationale et la sécurité alimentaire. Ces plans servent à cadrer les dépenses pour l'agriculture à moyen terme au vue d'améliorer la planification agricole.
  • À l'échelle régionale, quatre des huit Communautés économiques régionales (CER) ont signé des pactes régionaux. Parmi les quatre signataires, trois ont développé des plans d'investissements complets.

De ce fait, les dépenses publiques en agriculture ont enregistré depuis 2003 une croissance moyenne supérieure à 7% par an en Afrique. Les dépenses publiques en agriculture ont autrement dit presque doublé depuis le lancement du PDDAA.

Accélération du développement

L'exercice intitulé « maintenir l'élan du PDDAA » est une initiative qui a été entreprise en 2012 dans l'optique de faire le bilan des dix premières années d'existence du programme. Il en est ressorti que la vision du PDDAA reste d'actualité tout autant aujourd'hui que lors de sa création en 2003.

Par conséquent, pour la prochaine décennie, la question est de savoir comment intensifier la performance du secteur agricole, améliorer encore les résultats du PDDAA et assurer la transformation durable désirée des systèmes agricoles du continent.

Le Cadre de résultats pour le maintien de l'élan du PDDAA pour la prochaine décennie 2015-2025 fait partie intégrante du Programme et de l'Agenda 2063. Ce cadre permet au continent africain :

  • D'avoir des paramètres concrets pour évaluer la progression de la performance agricole;
  • De renforcer une culture de programmation basée sur les résultats pour prouver par l'analyse objective de données factuelles mais aussi mettre l'accent sur la prise en compte de l'analyse des rendements sur investissements.

Le Rôle du Bureau du Conseiller spécial pour l'Afrique

En tant que partenaire clé et stratégique du NEPAD, le Bureau du conseiller spécial pour l'Afrique soutient le PDDAA dans sa capacité. Il défend les intérêts du PDDAA en facilitant le dialogue avec les partenaires stratégiques de l'Afrique pour assurer que leurs engagements s'alignent avec le  programme, s'intègrent avec les principes d'harmonisation, de coordination et d'exécution des résultats.

De plus, à travers le Mécanisme des Nations Unies chargé d’assurer le suivi des engagements pris en faveur du développement de l’Afrique, le Bureau contrôle et rend compte des engagements majeurs entrepris envers le PDDAA en particulier mais aussi, de manière plus générale, envers le développement de l'agriculture en Afrique.