Changements climatiques

L’Accord de Paris

La salle de l’Assemblée générale des Nations Unies lors de la cérémonie de signature de l’Accord de Paris sur le climat

« C’est un moment historique. Jamais auparavant un aussi grand nombre de pays n’avait signé un accord international en une seule journée » a déclaré le Secrétaire général de l’ONU.

En décembre 2015, après plus de deux décennies de négociations, la communauté internationale est parvenue à un accord historique pour lutter contre les changements climatiques et atténuer leurs conséquences lors de la 21ème Conférence des Parties à la Convention-cadre sur les changements climatiques à Paris.

Le 22 avril 2016, lors d'une cérémonie de haut niveau au Siège des Nations Unies à New York, pas moins de 175 pays ont signé l’Accord de Paris et 15 l'ont ratifié — une participation record! L’Accord restera ouvert aux signatures du 22 avril 2016 au 21 avril 2017. Il entrera en vigueur 30 jours après avoir été ratifié par 55 pays, représentant au moins 55% des émissions de carbone dans le monde.

Cet accord est essentiel pour l’Afrique qui est extrêmement vulnérable aux conséquences des changements climatiques. Le continent devrait pouvoir, grâce à l’Accord de Paris, bénéficier de ressources financières et de technologies pouvant l’aider à atténuer l’impact des changements climatiques, à développer des sources d’énergie renouvelable et à définir une trajectoire vers un avenir durable tout en s’adaptant aux caprices du climat.

L'Afrique à la cérémonie de signature

Quarante-sept (47) États africains ont signé l'Accord de Paris le 22 avril 2016 et deux l'ont même ratifié.

Les informations ci-dessous sont données en ordre alphabétique, par nom de pays.

Plus de vidéos et de déclarations EN sont disponibles en anglais. De plus un résumé de toutes les interventions a été préparé par le Service de presse [communiqué ENV/DEV/1659-L/T/4446].

Incidences sur l’Afrique

Selon le cinquième rapport d’évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, le changement climatique constitue une grave menace pour le développement environnemental, social et économique du continent africain. Ce rapport présente des preuves formelles sur la forte augmentation du réchauffement en Afrique au cours des 50 à 100 dernières années avec des effets qui se font nettement sentir sur la santé, les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire de la population.

Cette situation est à l’origine des immenses défis auxquels le continent doit faire face en matière de santé et d'économie. Elle entraîne également :

  • une aggravation de l’insécurité alimentaire,
  • une pénurie d'eau plus importante,
  • une propagation des maladies liées au climat et
  • une réduction de la productivité des récoltes et du bétail.

Les phénomènes météorologiques extrêmes, y compris les sécheresses, les inondations, les vagues de chaleur devraient être plus fréquents et la baisse des rendements agricoles devraient atteindre 22% dans toute l’Afrique subsaharienne, avec des saisons sans récolte plus longues et fréquentes.

Il a également été admis que les pays africains pâtissent de manière excessive des conséquences du changement climatique, alors qu’ils ont de tout temps le moins contribué aux émissions mondiales. En conséquence, l'Afrique est confrontée à d’importants problèmes environnementaux, tels que :

  • la déforestation, l’érosion des sols, la désertification,
  • la dégradation des sols,
  • la pollution atmosphérique,
  • la sécheresse,
  • la perte de biodiversité,
  • l’élévation du niveau des mers et
  • l’épuisement des ressources halieutiques.

Certaines projections climatiques présentent les scénarios suivants :

  • d’ici 2080, l’Afrique connaîtra une augmentation des terres arides et semi-arides de l’ordre 5 à 8%;
  • d’ici 2080, 75% de la population africaine risque de souffrir de la famine en raison du changement climatique (estimation de la FAO);
  • entre 2012 et 2014, le Fonds spécial pour ClimDev-Afrique devrait verser plus de 180 millions de dollars de financement à 72 projets en Afrique.

Cela dit, les pays africains se prononcent fermement en faveur de l'industrialisation en procédant à des transformations économiques structurelles qui, tout en posant des problèmes de réduction des émissions, s’efforcent de s’adapter de manière adéquate au changement des conditions climatiques.

Lutte contre le changement climatique en Afrique

La participation de l’Afrique aux négociations de la CCNUCC a bénéficié de la dynamique nouvelle du continent présentant une position africaine commune à chacun des débats sur le climat mondial. Cette action est inscrite dans la Décision No. Assembly/Dec. 457(XX) du mécanisme de coordination du Comité des chefs d’États et de gouvernement africains sur le changement climatique, adoptée à l’occasion du Sommet de Malabo et confiant au programme « Climat pour le développement en Afrique (ClimDev-Afrique) » l’organisation et la gestion de la participation de l’Afrique à l'ensemble des manifestations de la COP.

Lors des dernières conférences, les négociateurs africains ont vivement recommandé qu’un financement mieux équilibré et plus important soit alloué à l’adaptation car les fonds actuels sont insuffisants pour répondre aux nombreux besoins de l'Afrique en la matière. Pleinement conscients de ces enjeux, les dirigeants africains ont décidé que « la sauvegarde de l’environnement ainsi que la gestion des ressources naturelles et des risques de catastrophe » constituent l’un des six piliers de la Position africaine commune sur le programme de développement pour l’après-2015. Le groupe des négociateurs africains, actuellement dirigé par M. Elhassan Nagmeldin du Soudan, a joué un rôle majeur dans les pourparlers.

Perspectives

La Conférence des Parties (COP21) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a tenu sa 21e session à Paris, en décembre 2015. Elle est considérée comme l’une des plus importantes de l’histoire car elle a permis la conclusion d’un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous les pays, afin que le réchauffement climatique ne dépasse pas 2°C.

En prévision des négociations sur le changement climatique qui ont lieu pendant la Conférence, le programme Climat pour le développement en Afrique (ClimDev-Afrique) avait commencé à évaluer la situation sur le continent. Le Groupe d’experts s’était ainsi réuni trois jours, du 21 au 23 janvier 2015, à Addis-Abeba en Éthiopie, en prélude à la Conférence.

Cette réunion s’est déroulée au Centre africain pour la politique en matière de climat (CAPC), le bureau de recherche du consortium ClimDev-Afrique. Elle visait à « Comprendre l’évolution de la situation africaine dans les négociations de la CCNUCC de Kyoto à Paris ». Une cinquantaine de spécialistes dans différents domaines relatifs au changement climatique sont venus de toute l'Afrique échanger et exposer leurs points de vue sur les négociations.

Pendant trois jours participants ont analysé les points suivants :

  • les avantages et les inconvénients des définitions données aux nouveaux aspects des négociations, tels que les engagements prévus déterminés au niveau national;
  • les questions conjoncturelles et structurelles qui pèsent sur la négociation menée par l'Afrique, y compris:
    • l'adaptation, les pertes et préjudices,
    • le transfert de technologie,
    • le financement de l’action climatique et
    • le renforcement des capacités.

Le Rôle du Bureau du Conseiller spécial pour l'Afrique

Le changement climatique, un problème mondial particulièrement préoccupant en Afrique, constitue l’un des principaux domaines d’intervention du Bureau du Conseiller spécial pour l’Afrique.

À cet égard, le Bureau apporte notamment son appui aux États Membres à l’occasion des conférences internationales portant sur cette question. Il contrôle également le respect des engagements internationaux en Afrique, en particulier l'objectif 7 du Millénaire pour le développement (OMD 7) sur la préservation de l’environnement et le changement climatique.

À titre d’exemple, il a épaulé les pays africains lors de la Conférence Rio+20 et organisé avec d’autres partenaires une manifestation parallèle sur la désertification.

En 2014, il a publié le premier rapport biennal sur le Mécanisme des Nations Unies chargé d’assurer le suivi des engagements pris en faveur du développement de l’Afrique dans lequel les questions de préservation de l’environnement et de changement climatique étaient également traitées.

Le Bureau a aussi étroitement collaboré avec l’Agence de planification et de coordination du NEPAD, organe de l’Union africaine, en charge du Programme « Changement climatique et gestion des ressources naturelles » afin d’aider les pays concernés à intégrer les solutions proposées dans leurs propres processus de développement.

Contexte historique

Les changements climatiques constituent un problème pour toute la planète et touche toutes les sphères de la vie. La réduction des émissions de gaz à effet de serre se trouve au cœur même de la réponse apportée à ce phénomène.

En 1992, les pays ont adhéré à un traité international, la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qui compte 192 États parties depuis 2013, afin d’examiner ensemble les moyens de limiter l'augmentation de la température mondiale moyenne ainsi que ses conséquences sur le climat et de faire face aux incidences observées.

Ayant constaté dès 1995 que les diminutions étaient insuffisantes, les pays ont adopté le Protocole de Kyoto dans lequel les signataires s’engageaint à respecter leurs objectifs de réduction. Depuis 1995, plusieurs conférences internationales sur les changements climatiques (la Conférence des Parties) ont eu lieu pour relancer les accords signés.

Cérémonie de signature de l'Accord de Paris (22 avril 2016)

Pour mettre un terme aux conséquences négatives des changements climatiques, les 196 Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques ont adopté l’Accord de Paris PDF, le 12 décembre 2015, à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui se tenait en France. L’Accord sera signé le 22 avril 2016 au Siège de l’Organisation des Nations Unies, à New York. Voir le programme PDF.

Plus d'informations

Le saviez-vous?

  • D’ici 2050, le continent africain devrait compter au moins 2,4 milliards d’habitants, certains pays voyant leur population doubler, voire tripler. L'Afrique connaîtrait alors la plus forte croissance démographique.
  • Avec l’application de mesures de protection insuffisantes contre la variabilité du climat et les changements climatiques, la sécheresse, les inondations, les cyclones et la désertification ont souvent comme résultats des récoltes mauvaises ou médiocres et l’insécurité alimentaire.
  • La contribution de l’Afrique aux émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2) serait inférieure à 7%.