Histoire des Nations Unies

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Conférences de Moscou et de Téhéran

Dans une déclaration signée à Moscou le 30 octobre 1943, la Chine, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'URSS ont préconisé la création d'une organisation internationale chargée du maintien de la paix et de la sécurité. Cet objectif fut réaffirmé par les dirigeants des États-Unis, du Royaume-Uni et de l'URSS à Téhéran le 1er décembre 1943.

Dès avant 1943, toutes les principales nations alliées s'étaient engagées à continuer la lutte jusqu'à la victoire complète et à tenter ensuite de créer un monde où « tous les peuples du monde pourront vivre une vie libre, hors d'atteinte de la tyrannie et conforme à leur désir et à leur conscience propre ». Mais il restait encore à jeter les bases d'une organisation mondiale et cela n'a été fait qu'en octobre 1943, à la Conférence des Ministres des affaires étrangères du Royaume-Uni, des États-Unis et de l'Union soviétique. Le Secrétaire d'État aux affaires étrangères des États-Unis, M. Cordell Hull, un homme d'âge avancé, voyageait pour la première fois de sa vie en avion pour se rendre à cette Conférence à Moscou.

Le 1er novembre, un document signé la veille par MM. Vyacheslav Molotov Anthony Eden, Cordell Hull et Foo Ping Shen, ambassadeur de Chine en URSS, fut communiqué à la presse.

C'était une déclaration par laquelle les quatre puissances s'engageaient à continuer la lutte commune jusqu'à la reddition de l'ennemi. A l'article 4, les Ministres des affaires étrangères :

« Reconnaissent la nécessité d'établir aussitôt que possible, en vue de la paix et de la sécurité internationales, une organisation internationale fondée sur le principe de l'égalité souveraine de tous les États pacifiques et ouverte à tous les États, grands et petits ».

Deux mois après la Déclaration des quatre puissances, MM. Roosevelt, Staline et Churchill, réunis pour la première fois à Téhéran, capitale de l'Iran, déclaraient qu'ils avaient tracé un plan commun destiné à assurer la victoire finale. La Déclaration disait en outre :

« Nous sommes certains que notre accord nous permettra d'assurer une paix durable. Nous avons pleinement conscience de la responsabilité suprême qui nous incombe, ainsi qu'à toutes les Nations Unies, d'édifier une paix à laquelle soit acquis le bon vouloir de la grande majorité des peuples et qui bannisse du monde, pour de nombreuses générations, le fléau de la guerre et la terreur que ce fléau inspire ».