
11/08/1998
Mesdames, Messieurs, chers collégues,Je, voudrais, tout d'abord, remercier le gouvernement Portugais et les Nations Unies pour l'initiative, u'ils ont prise. Une telle réunion des Ministres de la jeunesse ne peut que démontrer l'importance des questions relatives á la jeunesse et doit aboutir á une reconnaissance internationale et nationale des politiques de la, jeunesse, que, nous mettons en oeuvre.
L'ajouterais, qu'au delá de la reconnaissance de notre propre action ce grand rassemblement légitime aussi et renforce l'action de tous nos partenaires de ces, politiques: les jeunes euxmémes et leurs associations.
Nous nous retrouvons donc au sein d'un forum de discussion qui á mes yeux doit relever plusieurs défis:
On a coutinne de définir la politique de la jeunesse que nous menons par l'expression: « éducation non formelle ». Cela a l'avantage, en effet, de la distinguer de l'enseignement ou de l'aide á la jeunesse. Mais, au-delá de cette distinction j'estime que ce terme précise bien toute la richesse, et la plus-value que cette démarche peut apporter á une, politique globale de la jeunesse. Ces termes couvrent, en effet, toute une politique qui a pour but non pas d'apporter des connaissances mais des « savoirs être », « savoirs faire », « savoirs communiquer », « savoirs écouter »… Vous serez d'accord avec moi que ce sont des apports non négligeables car ce sont des outils du développement de l'immense, potentiel d'engagement, d'innovation et de créativité des jeunes. Par nos politiques, nous apprenons aux jeunes á participer en se jouant de paradoxes tels que, savoir être autonomes et savoir coopérer, savoir agir en fonction de ses valeurs personnelles et des valeurs collectives.
J'adhére donc aux différents points de la déclaration finale qui recommandent á tous les niveaux de pouvoirs de créer un cadre juridique, et de mettre en oeuvre des projets qui valorisent et développent ces ressources humaines. Cest une entreprise qui participe á la consolidation de la démocratie et á l'établissement d'un nouveau lien social, car elle favorisera l'intégration des jeunes.
La validité de ces pratiques est encore plus évidente quand il s'agit de cibler notre action vers les publics les plus défavorisés culturellement, socialement et même physiquement. La lutte contre, l'exclusion, sous toutes ses formes, doit rester, en effet, l'une de nos priorités.
Je voudrais citer ici un extrait d'un rapport de l'association ATD Quart Monde: « La pauvreté n'est pas seulement un probléme financier. La Culture n'est pas une dimension de luxe que l'on peut ajouter á l'existence quand tous les problémes sociaux sont résolus. Au contraire, il s'agit de l'élément central de l'exclusion sociale car ce sont les barriéres culturelles, l'ignorance, la honte et lincertitude générale qui entravent la participation politique et sociale et qui touchent aux valeurs les plus élémentaires de l'existence».
L'acquisition d'un langage, d'une technique d'expression artistique, l'apprentissage de la vie en groupe, le développement d'un projet individuel et collectif contribuent au processus d'insertion sociale des jeunes les plus défavorisés ou appartenant á des minorités culturelles, en leur donnant plus d'assurance, plus de confiance en eux-mêmes et en leurs capacités.
J'attache beaucoup d'importance á la participation de la vie associative á ce projet politique. Lá oú l'école ne peut agir parce qu'elle est trop contraignante, l'association volontaire, surtout locale, peut réussir á faire partager par les jeunes le sens de nos valeurs démocratiques, l'importance de leur participation active sous diverses formes.
Je crois enfin que par notre politique qui agit plus sur l'aspect qualitatif de l'insertion des jeunes, nous renforçons leur employabilité. Les impacts des formations reçues dans le cadre d'une éducation non formelle ne sont pas vérifiables immédiatement. Mais nous pouvons démontrer l'apport qualitatif pour la personnalité. Un jeune mieux équilibré, enrichi par de multiples expiriences réussira sans doute mieux son processus d'insertion sociale et professionnelle.
Si je plaide pour la reconnaissance de la spécificité de la politique de la jeunesse ce n'est pas pour reluser les passerelles, entre les diférentes politiques qui concernent les jeunes. Je suis favorable á une politique concertée en matiére de jeunesse. La collaboration avec les secteurs de l'éducation, de l'aide sociale et de l'emploi peut se révéler trés fructueuse. Cependant, il faut faire en sorte que jamais notre politique de l'éducation non formelle ne soit istrumentalisée et qu'au nom d'une politique globale qui risque de vouloir répondre á ce qui est urgent et conflictuel on ne mette á mal la spécificité et le travail de fond et á long terme de l'éducation non formelle.
Il ne faudrait pas, en outre, qu'une pofitique trop intégrée ne renforce I'dée fausse, qu'ont certains, que les jeunes constituent une catégorie sociale á part, hornogéne. Il n'en est rien, les handicaps éducatifs, les différences sociales et culturelles qui traversent toute la société divisent tout autant les jeunes. En clair cela veut dire que si comme Ministre de la jeunesse je me dois de sensibiliser mes collégues Sur les problémes spécifiques que rencontrent les jeunes du fait de leur âge, je dois reconnaître aussi les objectifs spécifiques et la cohérence des politiques de chacun d'entre eux.
Mesdames, Messieurs, chers collégues, je termine en remerciant les organisateurs de cette conférence plus particuliérement pour la qualité de leur accueil et de l'organisation pratique et politique de notre réunion. Ils ont réunis toutes les conditions pour qu'elle soit un succés. Si les résultats concrets sont évidentemment importants, je reste persuadé que l'opportunité qui nous est offerte de dialoguer et d'échanger est également un acquis essentiel. Je vous remercie de votre attention.