MESSAGE DE SON EXCELLENCE MONSIEUR GÉRARD-PLILIPPE NYAMWIZA., MINISTRE BURUNDAIS DE LA JEUNESSE, DES SPORTS ET DE LA CULTURE.
10/08/1998
EXCELLENCE, MONSIEUR LE PRESIDENT,
EXCELLENCE, MONSIEUR LE SECRETAIRE GENERAL DES NATIONS-UNIES,
EXCELLENCES, MESDAMES ET MESSIEURS LES MINISTRES,
DISTINGUES DELEGUES,
MESDAMES ET MESSIEURS.
L’honneur m’échoit de prendre la parole du haut de cette tribune de la Première Conférence Mondiale des Ministres de la Jeunesse du système des Nations-Unies.
Au non du Gouvernement du BURUNDI dont j'ai l'insigne honneur de représenter ici, je profite de cette opportunité pour féliciter l'Organisation des Nations-Unies, dont nous devons la présente Conférence et de remercier sincèrement le Pays hôte pour l’accueil chaleureux nous réservé ainsi que la délégation qui m’accompagne
C’est également une heuréusé occasion pour moi de présenter les salutations chaleureuses et fraternelles de la Jeunesse Burundaise à toutes les délégations des jeunes et des officiels présents ici.
EXCELLENCES.
MESDAHES,
MESSIEURS,
Les présentes assises de la Premiére Conférence Mondiale des Ministres de la Jeunesse, organisées à l'Ordée du 21é Siècle, se tiennent au moment où le Burundi mon Pays se trouve plongé dans une crise socio-politique sans précédent de son Histoire, qui a culainé à l’une des plus grandes tragédies de l’Univers à savoir le génocide et d’autres crimes contre 1’Humanité. Cette crise est exacerbée par les effets du blocus économique imposé il y a deux ans par les pays voisins de la Région, en violation flagrante de la charte des Nations Unies et des règlements internationaux.
MESDAMES,
MESSIEURS,
La crise actuelle a failli modifier fondamentalement l'Histoire du Burundi,, jadis surnommé "Pays de lait et de miel" où toutes les composantes de la Nation vivaient en parfaite harmonie. Cette crise qui secous le Pays depuis bientôt cinq ans n’a pas épargné la Jeunesse. Au contraire, cette dernière s’est retrouvée au coeur même de 1'Evénement : complètement déstabilisée, elle est devenue uns proie facile pour les politiciens malveillants qui l’entrainaient dans la violence, la délinquance et la criminalité. Tour à tour coupable et victime, la Jeunesse se révèle aujourd'hui en position précaire et d'une extrême vulnérabilité.
Dans l’édification de toute société, le binóme "Jeunesse-Education". constitue une Pierre angulaire de trés grande importance. En effet, les générations montantes représentent toujours, les unes après les autres, un peréduel défi à la société à divers degrés, car elles conditionnent réellement l’avenir de toutes les Nations.
Pour un pays comme le Burundi, oúplus de 64% de la population ont moins de 25 ans, il est aisé de mesurer le poids de la Jeunesse dans la marche de I’histoire, quelle que soit la conjoncture.
Lorsqu ‘on sait à quel point ce pays fait les frais d'une autodestruction absurde depuis bientôt cinq ans, le suivi du comportement de la Jeunesse revêt une importance capitale. En tant qu’acteur même malgré elle, la Jeunesse porte nécessairement une responsabilité dans la détérioration de la situation, de même qu’elle doit constituer un atout indispensable au retour à la paix.
Les problèmes qui se posentà la Jeunesse des Pays en voie de développement sont en général multiples et pratiquement identiques. Il s'agit essentielleinent de la démographie qui obstrue les possibilités de scolarisation, d’embauche et d’auto-emploi, de la faiblesse de 1’ Enseignement Privé,le divorce de la tradition et la modernité sous la pression des mutations sociales non maitrisées tel que 1'exiguité des terres arables accompagnée de 1'exode rurale qui vide les campagnes du principal facteur de production, la faiblesse des secteurs artisanal et professionnel, pour n’en citer que ceux-là. En ce qui concerne le BURUNDI, la crise sociopolitique d'Octobre 1993 a aggravé tout cela.
En effet, beaucoup de jeunes se trouvent encore aujourd'hui enrôlés dans les bandes armées et des milices qui sèment la terreur et la désolation. Nombre d’entre eux ont fini par échapper au contrôle des parents et tiennent des leaders politiques pour leurs seuls maitres.
Ils n’hésitent pas à cet effet à déserter les établissements d’enseignement et à se mettre à la merci des politiciens ou des groupes politico-ethniques qui s’en servent à des fins personnels. Les désertions dans les écoles suite aux conséquences de la crise qui sévit ont grossi considérab lement les effectifs des jeunes déscolarisés, non scolarisés et désoeuvrés.
Après avoir mis en exergue les difficultés qui assaillent la jeunesse depuis I’éclatement de la crise actuelle en Octobre 1993, on peut identifier les problèmes spécifiques à chague catégorie de jeunes selon qu’ils sont scolarisés ou non.
I. LA JEUNESSE SCOLARISEE
Elle constitue une infime partie par rapport à l’ensemble de la population burundaise soit 8,6%.
Par ailleurs, depuis un certain temps le système éducatif burundais se trouve confronter à des multiples defits inhérents à une situation socio-économique précaire duns part et à une demande de scolarisation qui n’est pas toujours
Avant la crise, il avait été observé un engouement pour la scolarisation au niveau de 1'Enseignement Primaire grâce à la volonté politique qui avait mobilisé les autorités administratives, les collectivités locales et les partenaires pour une action soutenue en matière de scolarisation primaire.
En 1’espace de 10 ans le taux de scolarisation a plus que doubld mais aujourd'hui, nous constatons avec amertume que suite aux méfaits de la guerre, le systéme éducatif burundais qui comaissait déjà des distortions structurelles avant la crise a été fortement touché par cette dernière notamment par des décès et désertions des enseignants et élèves, les infrastructures et équipenents détruits ou pillés pour ne citer que ceux là.
Aujourd'hui la situation se présente ainsi :
-Le BURUNDI affiche l’un des taux d'analphabétisme les plus élevés d'Afrique : 66% contre une moyenne de 45% pour 1’ensemble de l'Afrique. Pour 1'Enseignement Primaire, le BURUNDI figurait parmi les pays d'Afrique les plus scolarisés avec 70% du taux brut de scolarisation. La crise à fait chuter ce taux à 43%.
-Dans l'Enseigneinent Secondaire, l’Afrique Subsaharienne affiche 21% contre 7,2% au BURUNDI. Sans parler de l’Enseignement Supérieur ou ces taux ne dépassent guère 0,9% au BURUNDI.
Cette situation se repercute naturellement sur les plans et structures d’encadrement du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture qui doit recueillir tous ceux qui sont éjectés par le système formel.
Par ailleurs, sans occulter les difficultés que connaît cette catégorie de jeunes, la question se pose d'une façon plus préoccupante avec la jeunesse non scolarisée et déscolarisée.
II. LA JEUNESSE NON SCOLARISEE ET DESCOLARISEE
On dénombre plus d'1 million de jeunes qui ne bénéficient pas d'un encadrement quelconque et dont le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture devrait s’occuper. A cela s’ajoute une jeunesse sans cesse croissante et dans des conditions de vie toujours précaires, l’insuffisance du personnel qualifié dans les techniques d’encadrament, l’insuffisance des moyens mis à la disposition des structures d’encadrement etc...
Par ailleurs, en ville comme à la campagne, les jeunes représentent une grande partie de la population. Sur 2.850.000 actifs que compte le monde rural, 1.380.000 personnes sont des jeunes et 14,l4% de ceux-ci constituent une main d’oeuvre excédentaire. Dans les centres urbains, sur 300.000 jeunes que comptent les centres urbains, 90.000 jeunes sont sans emploi.
EXCELLENCES, MESDAMES ET MESSIEURS LES PARTICIPANTS,
DISTINGUES DELEGUES
La volonté de mobiliser la jeunesse pour son intégration dans le processus de la réconciliation nationale et du développement reste une des préoccupations majeures du Gouvernement actual du BURUNDI. Face A cette situation et pour sauver tous ces jeunes de la délinquance, de la loisiveté et surtout de la récupération de ceux-ci par les politicians malvaillants, le Gouvernement du BURUNDI a mis un cachet particulier à l’apprentissage des métiers dans des Centres d'Enseignement des Métiers et les Centres de Formation et de Perfectionnement Professionnel dans l’objectif qu’ils se prendront en charge par la promotion de I’auto-emploi.
Cependant, force est de constater que cette politique d’insertion socio-économique des jeunes nécessite des moyens financiers et matériels que le Gouvernement à lui seul ne pourrait mobiliser dans le contexte socioéconomique actual sans le concours de la communauté internationale que vous représentez dans la présente CONFERENCE.
Cela est d'autant plus difficile que 1'Embargo imposé injustement à notre pays constitue un obstacle majeur pour tous les projets que nous voudrions initier en faveur de notre jeunesse. Aussi votre voix envers la levée de ce blocus constituera un signe éloquent de solidarité envers le peuple en général et la Jeunesse Burundaise en particulier.
Signalons enfin que l’encadrement de la jeunesse ne se limite pas seulement à la seule initiation à la formation professionnelle mais embrasse aussi d’autres créneaux notamment les activités sportives et culturelles.
DISTINGUES DELEGUES,
Enfin, je voudrais terminer mon allocution en exprimant de nouveau et au nom du Gouvernement du BURUNDI, mes sentiments de gratitude pour l’oreille attentive que vous avez prêté à mon propos et surtout de la suite que vous voudrez bien reserver à nos doléances une fois que vous serez rentrés dans vos pays respectifs. Nous ne pouvons douter de votre solidarité pour la relève de notre jeunesse.
QUE VIVE LA JEUMESSE DU MONDE ENTIER.,
QUE VIVE LA SOLIDARITE ENTRE LES JEUNES ,
QUE VIVE LA SOLIDARITE INTERNATIONALE,