COMUNICATION DE MONSIEUR LE MINISTRE IBRAHIMA GUEYE, RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL

09/08/1998

Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre d'Etat chargé de la Jeunesse,
Monsieur le represent du Sécretaire General des Nations Unies,
Chers collégues,
Mesdames e Messieurs,
Monsieur le Président,

Je voudrais tout d'abord vous feliciter à la suite de votre brillante élection à la tête de notre Conference.

Soyez assuré que ma delégation vous apportera tout son concours pour le succés de vos; travaux.

Je voudrais ensuite féliciter le Portugal pour son eléction au Secretariat de la Conference et exprimer, on même temps, au Governement et au peuple Portugais, au nom de ma Delegation et en mon nom propre, nos remerciments pour l'accueil chaleureux qui nous à été reservé, ainsi que pour la parfaite organisation de cette rencontre.

J'associe à ces remerciments l'organisation des Nations Unies pour l'assistence apportée à l'organisation de cotte conference.

Monsieur le Président,

En convoquant ces assisses; à l'orée du troisiéme millénaire, le Portugal et les Nations Unies; rappellent que l'avenir de la Jeunesse doit demeurer au coeur des plus grandes, préocupations actuelles de la communauté internationale.

Cette option clairment réffirmée aujourd'hui par l'Organisation des Nations Unies revêt d'autant plus de signification que notre époque est caractérisée par une crise multiforme dont les jeunes souffrent plus que toutes les autres couches de la population.

Monsieur le President,

Les difficultés actuelles de Jeunesse ont pour nom: chômage, sous-emploi, analphabétisme, manque de formation profissionelle, grossesses précoces, avortements, SIDA, agressions et violences sexuelles, drogue et j'en passe.

Tous ces problemes, ajoutés à la pression du poids démographique de la Jeunesse, ce n'est pas hasard que dans un tel contexte, elle soit perçue comme un défi, voire un probléme.

Toutefois, il n'y a pas d'ambiguité : ce n'est pas la Jeunesse qui est en crise, mais toute la société.

En réalité, la Jounesse nést pas un probleme. Elle est plutôt une solution.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

L'histoire nous aura enseigné que les problémes de jeunesse, comme du reste les questions de développement, ne se prétent plus à des formules idéologiques à usage général. Ils appellent au contraire une remise en cause des schémas stéréotypés; Is necessitent surtout des solutions issues d'une analyse lucide et sans à priori des différentes situations en cause.

Une telle conception avait prévalu lors de l'adoption par l'Assemblée Générale des Nations Unies, en Décembre 1979, de la recommandation 34/151 demandant qu'une Année Internationale soit consacrée à la Jeunesse en 1985. Les objectifs poursuivis à travers cette décision, notamment la promotion de la participation des jeunes dans la société, parallélement à une prise de conscience sur leurs besoins et aspirations, ainsi que la prise en compte de leurs activités dans le développement économique et social, ont été largement poursuivis plus d'une décennie durant.

Aujourd'hui, partout en Afrique et dans le monde, la Jeunesse exprime de plus en plus son opinion sur le choix des orientations et la conduite des affaires dans nos Etats. Mieux, elle est de plus en plus consultée sur la marche du monde et s'implique davantage au processus de prise de décisions. Pour autant qu'il faille se féliciter de ces acquis, nous ne devrions jamais perdre de vue que la Jeunesse Africaine veut qu'on I'écoute et l'associe encore plus, qu'on lui reconnaisses ses droits de citoyens à part entière, en somme, qu'on lui fasse confiance en lui conférant les responsabilités à la mesure de ses capacités.

Le Forum Africain de la Jeunesse tenu à Dakar du 24 au 27 Mars 1998, préparant la contribution des jeunes de notre continent à nos présentes assisses, a à l'instar des beaucoup de rencontres de jeunesse, matérialisé ces aspirations dans des dizaines de recommandations.

Monsieur de President,

De 1985, Année Internationale do la Jeunesse à nos jours, beaucoup d'efforts ont été consentis en Afrique pour le mieux être de la Jeunesse, et dans un contexte difficile pour le continent, à une période charnière de son histoire.

Au Sénégal, la célébration de l'Année Internationale de la Jeunesse a été marquée par l'éboration d'un Plan Décennal de la Jeunesse dont la mise en oeuvre a couvert la période 1985-1995. Les nombreuses actions entreprises dans ce cadre ont favorisé une meilleure prise en charge des jeunes, notamment en matière d'insertion socio-économique.

Dans la même dynamique, il a été lancé au cours de ces derniéres années, plusieurs autres expériences dont de Projet "Entreprenariat Jeunesse", le Fonds National d'Insertion des Jeunes et le Projet Promotion des jeunes qui ont permis la création de nombreux emplois. Il s'y ajoute la finalisation d'un vaste programme de lutte contre la pauvreté dont la mise on oeuvre devrait intervenir en 1999.

Concernant l'education et formation, mon pays consacre, chaque année, plus de 30% de son budget national à ce secteur. Depuis quelques années, un accent particulier est mis sur l'alphabétisation et la scolarisation des filles par l'investissement do moyens financiers et humains considerables. Toujours dans ce domaine, il a été créé un corps des volontaires; de l'education, de plus de 1200 jeunes, qui se veut une stratégie de recherche de l'augmentation du taux de scolarisation et de lutte contre de chômage des jeunes.

De plus dés 1992 le Ministère de la Jeunesse et du Sports s'est engagé résolumment dans la conduite de programmes d'Education à la Vie Familiale et de promotion de la Santé de la Reproduction des jeunes. Ces programmes ont aujourd'hul abouti à la creation des centres; conseil poue adolescents qui sont des structures multiservices spécialisées dans l'offre de services spécifiques aux jeunes; et aux adolescents.

Par ailleurs, Il vient d'être élaboré un programme triennal 1998-2001 de Santé de la Reproduction pour un coût de plus de 15 millions de dollars américains, financé avec le concours de Fonds des Nations Unies, pour la Population (FNUAP).

Mon pays a égalment engagé une croisade contre les violences faites aux femmes. A cet effet, une loi contre les mutilations génitales féminines est en cours de préparation. Elle sera bientôt présentée à l'Assemblée Nationale.

Dans l'optique d'une plus grande implication des jounes dans le processus de développement économique et social, mon paus s'est doté d'un Conseil National de la Jeunesse qui est l'émanation de l'ensemble des mouvements et associations de jeunesse. Le Conseil est l'interlocuteur de l'Etat, des collectivités locales et des partenaires au développoment. Il a été élevé au rang de corps constitué de l'Etat et est représenté par son President au Conseil Econornique et Social du Sénégal.

Egalement mon pays vient de mettre en place un Service Civique National qui ambitionne de réduire considérablement le sous emploi des jeunes et de créer les conditions de leur formation civique et de leur mobilisation aux tâches de dévoloppement national.

Pour promouvoir la démocratie participative et l'émergence d'une nouvelle citoyenneté, lâge du vote été ramené de 21 à 18 ans. De nombroux jeunes ont étés investis et élus lors des élections municipales; et rurales de Novembre 1996 ainsi que lors des élections législatives, de Ma 1998.

C'est là choix constamment réaffirmé par le Président de la République, Monsieur Abdou DIOUF qui a placé son mandat sous le signe de la jeunesse.

Nous voulons en effect, offrir aux jeunes des raisons de ne pas désespérer malgré les difficultés de l'heure, car notre conviction est que l'avenir de la nation ne se fera pas sans la jeunesse qui recèle d'immenses potentialtés inexploitées.

Il est donc urgent do rétablir de dialogue avec les jeunes, car pour faciliter l'integration socio-économique, il est fondamental de promouvoir la participation de toutes les; couches de la population au processus de développement et de gestion de leur pays.

Monsieur le President,

Je voudrais pour terminer partager avec vous quelques réflexions:

1) Premièrement il est necessaire de renforcer l'esprit civique des jeunes, car l'Etat de droit no peut accomplir les tâches qui sont les siennes et réaliser sa finalité ultime que dans la mesure oú il travaille a former des citoyens exigeants et conscients de leurs droits et devoirs et soucieux de préserver leurs libertés.

2) Deuxiémement, il est plus que necessaire de consacrer davantage de moyens au profit des jeunes.

3) Troisiémement, travaillons à créer dans tous les pays, des mécanismes; valorisant les capacités d'nsertion socio-économique et les nombreuses initiatives d'auto promotion des jeunes.

4) Quatriémement, cherchons à faire soutenir fortement par une solidarité agissante des pays du Nord et une vaste coopération Sud-Sud, les efforts de promotion de la Jeunesse qu'entreprennent nos Nations.

5) Cinquièmement, développons partout des actions énergiques on faveur des réfugiés, des victimes des conflits armés et des violations des Droits de l'Homme. A cet effet, une idée retient particuliérement mon attention, celle consistant è créer un Corps de Jeunes Volontaires Africains chargés d'apporter un appui concret et immmédiat aux populations on souffrance.

6) Sixiémement, il y a une grande nécessité à renforcer les stratégies de promotion de la Santé Reproductive des Jeunes et des Femmes en faisant de notre Conférence, un pas important dans la lutte pour la Promotion du Statut des Femmes, des jeunes garçons et des jeunes filles; dans tout les domaines.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

Certes, bien des attentes ont été déçues ces dernières années, mais que d'espoir sommes-nous censés entretenir pour un monde libéré de la pauvreté et de l'exclusion. Un monde pluriel, riche de sa diversité, capable d'assurer le bonheur de l'homme. Ce monde là est bien possible, il nous appartient de le construire, tous ensemble, avec et en faveur de la Jeunesse.

Je vous remercie de votre aimable attention.

* *** *

Information de base | Pour les participants | Pour les médias
Programme du jour | Discours/déclarations
Communiqués de presse | Documents | Photos
Couverture audio | Page principale | Page d'accueil de l'ONU | Commentaires