TUNISIA
 
 

Declaration

De
M. Mohamed Ennabli
Ministre de l'Environment et de l'Amenagement du Territoire

 Sommet Mondial sur le Developpement Durable

Johannesburg, South Africa 
4 Septembre 2002


Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Excellence et cher frère Monsieur le Président Thabo Mbeki, 
    Président de la Conférence,
Majestés, Altesses, Excellences,
Excellence Monsieur Kofi Annan,
   Secrétaire Général de l'Organisation des Nations Unies,
Mesdames, Messieurs,

       Je voudrais, tout d'abord, exprimer mes remerciements les plus chaleureux et ma profonde gratitude à Son Excellence le Président Thabo Mbeki et au peuple sud-africain frère pour l'accueil si hospitalier qu'ils nous ont réservé et les féliciter pour l'organisation parfaite des travaux de ce Sommet. Je tiens à exprimer également ma considération au Comité préparatoire pour les efforts déployés en vue de rapprocher les points de vue et de réaliser l'entente entre les peuples de la terre sur des questions cruciales qui engagent le destin de l'humanité entière. Notre voeu est que nos présentes assises aboutissent à un consensus au sujet du "Plan d'action exécutif 21" en vue de la concrétisation des aspirations de tous les peuples du monde au progrès et au développement, dans l'entente, la coopération et la solidarité. Mes remerciements et ma gratitude s'adressent aussi à l'Organisation des Nations Unies qui supervise les divers mécanismes internationaux de consécration des orientations définies par le Sommet de Rio.

    Trente années ont passé depuis la Déclaration de Stockholm et dix années se sont écoulées depuis la tenue du premier Sommet de la terre. Au cours de cette période, tous les peuples, prenant de plus en plus conscience de l'importance du développement durable dans ses trois dimensions, à savoir le progrès économique, la protection de l'environnement et la lutte contre la pauvreté, se sont prononcés pour la sauvegarde des chances des générations futures sur notre planète qui a tant pâti du progrès des activités de l'homme et dont les ressources naturelles se trouvent dilapidées d'une manière préoccupante.

     Mesdames, Messieurs,

     Notre pays a toujours adopté une méthodologie de développement qui concilie action économique et sauvegarde de l'environnement et du milieu naturel, dans le droit-fil d'une politique cohérente qui prend soin de la qualité de vie et garantit les conditions du développement durable, consacrant, ce faisant, une dimension qui nous parait fondamentale en matière de droits de l'homme, à savoir le droit à une vie digne et à un environnement sain.

    La Tunisie a mené, dans le domaine de l'environnement, une politique qui a pour constantes la mise à contribution de la société civile, la dynamisation du rôle des associations dans tous les domaines concernés, la mise en oeuvre des projets environnementaux et la sauvegarde des ressources naturelles et de l'équilibre de l'écosystème.

     Notre pays a contribué à la consécration des principes énoncés par le premier Sommet de la Terre de Rio et à l'élaboration des conventions qui en ont découlé. Il a été l'un des premiers pays à ratifier ces conventions et a tenu à participer aux diverses conférences portant sur les traités internationaux en matière de biodiversité, de biosécurité, de changements climatiques et de lutte contre la désertification. La Tunisie a aussi élaboré un programme d'action et une stratégie nationale conformément à ses engagements, dans le cadre de la convention internationale sur la biodiversité. De même, des experts tunisiens ont participé aux activités du groupe de travail chargé de la biosécurité et à l'élaboration du protocole international sur la sécurité dans le domaine de la biotechnologie.

     Dans le cadre de la mise en application des recommandations issues de la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, la Tunisie a, en outre, procédé à l'évaluation des solutions propres à réduire les effets des émissions de gaz. Elle a également adhéré au protocole de Kyoto et adopté, dans le cadre de l'application de la conventioncadre pour la lutte contre la désertification, une approche participative au niveau de la préparation de la stratégie et du programme d'action national et au plan de la mise en oeuvre du programme exécutif pour la décennie 2002/2011.

     Notre pays a également parachevé, à la lumière de l'agenda 21, la mise en place des cadres institutionnel et juridique et le renforcement des capacités nationales de manière à garantir davantage d'efficacité dans la gestion des ressources naturelles et à faire face aux problèmes générés par la pollution. Nous avons également ceuvré à acquérir les technologies de pointe dans les domaines de l'observation, de l'évaluation et du contrôle de l'environnement.

     Notre pays s'est attaché à combattre le phénomène de pauvreté et du dénuement à la faveur d'un ensemble de politiques économiques et sociales et grâce à la diffusion de la culture de solidarité sur une grande échelle; ce qui a eu pour résultat la régression du taux de pauvreté en Tunisie qui est tombé; à 4,2% en l'an 2000 contre 12,9% en 1980.

Mesdames, Messieurs,

     La communauté internationale est plus que jamais appelée aujourd'hui à donner un contenu concret au principe de responsabilité collective, en établissant un partenariat réel entre les pays du nord et ceux du sud, afin de réaliser les objectifs de développement durable dans le cadre de l'alliance mondiale pour le développement préconisée par le Sommet de Monterry sur le financement du développement. Pour cela, il importe d'améliorer le niveau de l'aide officielle au développement à la lumière de l'objectif fixé par l'ONU en vue de consacrer 0,7% du produit national brut à l'aide aux pays en développement, dans leurs efforts pour la réalisation de leurs plans nationaux de développement.

     L'alliance fait obligation, en effet, aux pays développés de prendre les mesures adéquates pour juguler les nuisances subies par l'environnement et dont l'impact négatif se traduit par l'aggravation du phénomène de la désertification, la succession des années de sécheresse et la détérioration des équilibres écologiques, conséquence des variations climatiques, de l'accroissement des émissions de gaz et de l'aggravation de la pollution.

    Nous nous devons, aujourd'hui, de marquer une pause pour évaluer les étapes franchies dans la mise en oeuvre des principes énoncés dans la déclaration de Rio. Car si les objectifs arrêtés, dans ce domaine, semblent a priori ambitieux, ils restent toutefois légitimes au regard des opportunités contenues dans l'agenda 21 afin de réaliser le développement économique souhaité, exploiter les technologies modernes, préserver les ressources naturelles et combattre le phénomène de la pauvreté et de la marginalisation à l'heure de la mondialisation et de l'économie globalisée.

    Les résultats enregistrés par les pays en développement dans les domaines de la croissance économique et du développement humain restent en-deçà des espoirs nourris, malgré les succès obtenus, dès lors que les systèmes de production et de consommation ne répondent toujours pas aux exigences du développement durable, les meilleures performances économiques étant obtenues par une surexploitation irrationnelle des ressources naturelles et une dégradation sans cesse plus grave de l'environnement. C'est ce qui nous investit d'une responsabilité historique pour circonscrire les dangers qui guettent nos économies dans le présent et menacent l'avenir des générations futures.

    L'expérience de ces dernières années a démontré l'efficacité de la complémentarité entre l'aide officielle au développement et le développement des relations commerciales conformément aux principes de l'Organisation mondiale du commerce. Tout en oeuvrant à nous intégrer dans le nouveau système mondial, nous estimons cependant qu'il est impératif d'harmoniser les politiques commerciales, financières et monétaires dans le monde; l'Organisation des Nations Unies devant rester le cadre idoine pour la réalisation de ces objectifs, à travers l'amélioration continue de son action dans le domaine économique, pour garantir la dépendance des notions de sécurité, de paix et de développement.

     La raréfaction des ressources et leur épuisement dans les pays en développement et les pays pauvres, du fait de la pression démographique et de l'exploitation anarchique et excessive de ressources déjà précaires, par des populations vivant dans une extrême indigence, font partie des dangers les plus graves qui menacent l'équilibre écologique dans le monde. La communauté internationale est, de ce fait, investie de la responsabilité majeure d'oeuvrer à la préservation et au développement des ressources naturelles et à la réalisation de l'équilibre entre un environnement sain et un développement durable.

     C'est ce qui ne peut être atteint sans le renforcement des efforts internationaux de lutte contre la pauvreté, conformément aux engagements pris par la communauté internationale lors des conférences et rencontres internationales tenues au cours de ces dernières années et notamment lors du Sommet du millénaire, en l'an 2000, et de la Conférence de Monterry, en 2002.

      Ces problèmes requièrent, de notre part, davantage de coopération et de solidarité, en vue de mettre en place les mécanismes appropriés pour les surmonter. A cet égard, la Tunisie avait déjà préconisé, en 1989, un programme pour le recyclage des dettes des pays pauvres et intermédiaires au profit des programmes de développement, comme meilleure voie pour réactiver les canaux de la coopération internationale.

     Persuadés de la nécessité de mettre en place de nouveaux mécanismes de coopération concrétisant la solidarité entre pays industrialisés et pays en développement, nous avons appelé, depuis 1998, à la création d'un Fonds mondial de solidarité et avons réitéré cet appel lors du Sommet du millénaire, en vue d'alléger les effets de la pauvreté dans les régions les plus démunies. Certes, cette initiative a bénéficié de l'adhésion des Nations Unies et d'un large soutien international. Néanmoins, notre vceu est que les efforts se conjuguent pour mettre en aeuvre les formules et mécanismes permettant de la concrétiser et contribuer, ainsi, à atténuer le phénomène de la pauvreté dans le monde, notamment dans le continent africain, pour garantir de meilleures conditions pour la protection de la nature et de l'environnement et la préservation des ressources naturelles contre les risques de tarissement.

     Nous affirmons, en cette circonstance, la nécessité pour les pays industrialisés de renouveler leurs engagements à propos des conventions internationales, pour ce qui est de leur mise en oeuvre et de procéder sans retard à l'adoption du protocole de Kyoto, pour que les pays en développement puissent profiter des mécanismes d'un développement sain, au regard de l'environnement.
Notre voeu est que notre présent Sommet marque un démarrage effectif dans l'édification de nouvelles relations internationales propres à consacrer les objectifs du développement durable -zur la base de la solidarité internationale, pour favoriser l'émergence d'un avenir meilleur pour l'humanité tout entière.

Merci de votre attention.