ORGANISATION INTERNATIONALE DE LA FRANCOPHONIE
 
 

Allocution

de 

Monsieur Lansana Kouyaté 
Représentant personnel du Secrétaire général 
de l'Organisation internationale de la Francophonie

Sommet mondial sur le développement durable 

Johannesburg, 
le 29 août 2002


Monsieur le Président, 
Excellences, 
Mesdames, 
Messieurs,

La Communauté internationale, réunie ici à Johannesburg dans toutes ses composantes, toutes ses richesses, toutes ses aspirations, est à un moment déterminant de son histoire. Elle attend énormément de ceux et celles qui travaillent depuis samedi dernier dans cet édifice à dégager les grandes lignes de ce qui doit être fait pour sauver la planète. La tâche est immense, les obstacles nombreux. L'échec n'est pas une issue envisageable.

Vous me permettrez tout d'abord, au nom de l'Organisation internationale de la Francophonie, de remercier le Président Mbeki, le gouvernement de la République sud-africaine et le peuple de ce magnifique pays pour l'accueil dont nous bénéficions et des conditions de travail qui sont les nôtres au cours de ce sommet. Ils auront fait tout ce qui était nécessaire pour que nous réussissions et cela dans l'esprit d'ouverture de tolérance et de dynamisme qui caractérise ce pays, à bien des égards un modèle pour le reste de la communauté internationale.

J'ai l'honneur de m'adresser à vous cet après-midi au nom du Secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie, monsieur Boutros Boutros-Ghali. II attache une très grande importance à ce que le Sommet débouche sur des résultats à la hauteur des attentes. Et ce, à deux titres. D'abord, parce qu'il considère que la Conférence d es N ations u nies p our l'environnement e t I e d éveloppement d e 1992 constitue un tournant décisif pour les relations internationales, tournant auquel il est heureux d'avoir pu contribuer dans le cadre des hautes fonctions qu'il occupait alors.

Mais surtout parce que la Francophonie, espace de solidarité regroupant 55 États et gouvernements ayant en commun l'usage du français, s'est dotée dès 1991 d'un Plan d'Action en matière d'environnement, à l'origine d'une action modeste mais déterminée en faveur du développement durable. Elle a tenu à mobiliser aussi bien ses opérateurs que les acteurs et l'opinion publique francophone autour des enjeux qui nous confrontent collectivement lors de ce Sommet. Les États et gouvernements membres de l'Organisation ont effectué un travail important de concertation en vue de dégager les principes et les modalités d'une action commune en matière de développement durable, action devant contribuer à l'effort de l'ensemble de la communauté internationale. Cette concertation a permis l'adoption d'un texte de contribution des États et gouvernements francophones en vue des travaux de ce sommet.

Cette contribution met d'abord l'accent sur le nécessaire renforcement à tous les niveaux de la gouvernance, particulièrement pour ce qui a trait à la cohérence et aux synergies entre instruments multilatéraux dans le domaine de l'environnement.

Elle rappelle par ailleurs avec force que la démocratie est indissociable du développement durable. Elle seule crée les conditions d'une mobilisation librement acceptera la population et d'une juste répartition des ressources nationales.

Les États et gouvernements membres de la Francophonie considèrent que le respect de la diversité culturelle constitue une condition nécessaire au développement durable, car elle permet l'élaboration de modèles de développement enracinés dans les cultures locales que chaque peuple peut approprier selon ses aspirations propres. La prise en compte des besoins des femmes constitue un autre préalable au développement durable.

Les États et gouvernements membres de la Francophonie se sont dotés d'objectifs spécifiques tout e n adoptant des orientations communes à propos d es principales questions débattues dans cette enceinte. Je vous invite à prendre connaissance à cet égard du contenu du texte de la contribution des États et gouvernements de l'OIF, largement diffusée depuis quelques semaines.

Ce qui caractérise cet effort commun, c'est la volonté de faire du Sommet sur le développement durable un succès pour tous nos peuples. Travaillant ici au sein de groupes et de régions très différents, les membres de la Francophonie, en convenant des principes à faire valoir et des orientations à retenir pour l'action des États et gouvernements, démontrent que les différences peuvent être surmontées entre acteurs évoluant à des niveaux de développement très diversifiés. La solidarité peut se concrétiser entre le Nord et le Sud, et ce dans le respect de ce qui fait la spécificité de chaque peuple. C'est là, peut- être, le message principal d'espoir que je voudrai vous laisser du haut de cette tribune aujourd'hui.

Merci, Monsieur le Président.