LUXEMBOURG
 

Déclaration

De

S.E. M. Charles Goerens
Discours du Ministre de l'Environnement, 
de la Coopération au Développement et de l'Action Humanitaire

Sommet mondial pour le développement durable 

Johannesburg, South Africa
03 septembre 2002

Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire Général, Mesdames et Messieurs.

Dix ans après Rio, avouons-le, le bilan est plus que mitigé. Certes, il y a des succès:
- le protocole de Kyoto qui mènera inexorablement à une baisse significative des gaz à effet de serre
- le protocole de Cartagena qui institue concrètement le principe de précaution
- le travail remarquable effectué par le PNUE
- la reconstitution substantielle du Fonds pour l'Environnement Mondial.

Mais les récents chiffres des Nations Unies en matière de pauvreté et de dégradation de l'environnement ne sont pas très encourageants. Les catastrophes naturelles nous prennent de plus en plus souvent au dépourvu, je pense notamment aux inondations récentes en Asie et en Europe ou à la sécheresse en Afrique.

L'heure est à l'action, par la prévention et le développement !

Les chantiers sont innombrables, mais nous devons à Johannesburg adopter au moins 7 décisions capitales ceci dans le cadre d'un « global deal » profitant à tous et répondant au principe des responsabilités communes mais différenciées.

1. Si tous les pays industrialisés pouvaient porter leur APD à 0,7 %, on serait en mesure non seulement de réduire de moitié la pauvreté, mais de l'éradiquer totalement. Mon pays vise le 1 % pour 2005 et espère par là même montrer que l'objectif est ambitieux, mais aussi réaliste.

2. L'ouverture des marchés au pays en développement ainsi que l'intégration de standards environnementaux et sociaux doivent aller de pair.
 

3. Un recours massif aux énergies renouvelables de 15 % par rapport à la consommation globale aura sans aucun doute des effets bénéfiques au niveau social, économique et environnemental tout en contribuant, au niveau géopolitique, à la prévention de certains conflits.

4. Il est de la plus grande nécessité de réduire de moitié d'ici 2015 le nombre de personnes privées d'accès à l'eau potable et d'hygiène sanitaire. L'eau et l'assainissement constituent un secteur prioritaire de la coopération luxembourgeoise.

5. Créons un réseau mondial de zones protégées couvrant au moins 5% de la surface mondiale qu'il importe de pérenniser via un protocole juridiquement contraignant lié à la Convention sur la Diversité Biologique.

6. L'amélioration de la gouvernance internationale en matière d'environnement devient inéluctable. Le renforcement du PNUE, qui a largement fait ses preuves, en serait le corollaire.

7. Face au fléau du SIDA, il n'y a pas de fatalité. Le seul objectif défendable en la matière, à l'ère de la globalisation, est l'accès aux soins pour tous. Le Fonds Global de lutte qui vient de démarrer timidement, constitue un premier pas dans la lutte contre ce fléau. En outre, la France, l'Italie, l'Espagne et le Luxembourg, auxquels se sont joints également les Etats-Unis, encouragent dans le cadre de l'initiative ESTHER des hôpitaux des pays du Nord à se jumeler avec des centres de santé des pays en développement en vue de traiter et d'encadrer des patients atteints du SIDA et de leur assurer l'accès aux antirétroviraux. C'est une tentative supplémentaire visant à lutter contre l'apartheid dans ce domaine.

Mesdames et Messieurs,

Ces défis nécessitent certes des moyens importants, financiers et humains, mais, j'en suis convaincu ... tous ensemble nous sommes en mesure de les fournir.

L'absence de réactions appropriées nous a déjà menés au bord du gouffre. L'inaction hélas constituerait un pas en avant, irréparable sans doute. La simple survie du genre humain est menacée si nous restons dans l'inertie.

Je vous remercie de votre attention.