ISRAEL
 
 

Déclaration

de

Ministre des Affaires étrangéres 
Shimon Peres 

 

 Sommet Mondial pour le développement durable 
 

Johannesburg- South Africa
3 septembre 2002




M. le président, chers collégues et amis,

Le Seigneur a conduit Adam au jardin d'Eden et lui a dit: « tout ce que j'ai créé, je l'ai créé pour toi. Attention á ne pas abîmer et détruire mon monde, car si tu l'endommages, personne ne le pourra le réparer. »(l'Ecclésiaste Rabbah 7:13)

Nous sommes ici pour réparer. Une fois encore, cette semaine, les regards du monde entier sont rivés sur l'Afrique du Sud, le pays qui fut déchiré par les luttes et les bains de sang, mais qui a á présent choisi de changer de cap : la réconciliation a remplacé la vengeance ; l'unité a remplacé l'apartheid. Sur les pas de Gandhi et de Nelson Mandela. Aujourd'hui, il existe une nouvelle Afrique du Sud dirigée avec grandeur par le président Mbeki. Ceci démontre qu'en examinant le passé nous pouvons apprendre que l'avenir peut ìtre changé.

L'environnement au Proche-Orient est dans une position confuse face á l'arrogance politique qui s'en est emparé. Car nos grands ciels azurs, nos profondes mers bleues et notre généreux soleil ont été les témoins des plus grands événements du passé:

L'émergence de la foi en un dieu;
La naissance de cultures et de civilisations ; 
Les racines de la technologie et de la science.

Cette mìme région a maintenant tristement pris du retard en conséquence de conflits qui peuvent ìtre résolus et de la négligence due á la pauvreté qui peut ìtre vaincue.

Les polémiques qui font rage dans la région sapent le dialogue, et le terrorisme qui l'a dévasté a donné naissance á la méfiance. La conséquence est que le désert érode le sol fertile et. que les conflits empìchent l'eau de suivre son cours naturel.

La région a besoin d'un nouveau dialogue. Et le vrai dialogue doit se concentrer non seulement sur les objectifs, qui se précisent de plus en plus, mais également sur les façons de les atteindre. Nous avons plus ou moins une carte acceptée de la paix. Nous devons supprimer les dangers inutiles de la carte routiére. En tous cas, il est certain que le terrorisme ne pourra rien accomplir.

Les frontiéres acceptées sont susceptibles de mettre fin au conflit. Un nouvel horizon pourrait pourvoir á des besoins qui n'ont pas de frontiéres tels que dans les domaines de la santé, de l'irrigation, du tourisme, des transports, de la communication, de la technologie et de l'environnement lui-mìme.

Dans nos pays, nous étreignons nos passeports nationaux, mais á Johannesburg, nous sommes venus munis de cartes d'identité mondiales.
C'est pourquoi, pour agir, nous n'avons pas besoin d'attendre la signature d'accords de paix. Le développement régional ne saurait ìtre différé. De surcroît, le jugement de l'histoire n'ayant pas encore prononcé de verdict sur la question : « quel est le plus puissant facteur de changement : les accords politiques ou la coopération régionale ? », je suggére d'investir dans la coopération comme instrument de contribution á la paix. C'est pourquoi, j'aimerais évoquer un certain nombre de projets approuvés mondialement sur une base régionale et qui sont susceptibles de produire une transformation:
 

  • Etablir une pharmacie virtuelle régionale qui assurerait l'approvisionnement en médicaments á un prix abordable pour tous.
  • Planter, en une décennie, un milliard d'arbres pour provoquer un changement de climat dans la région (Israël a lui seul planté 200 millions d'arbres les derniéres années).
  • Construire une conduite d'eau entre la mer Rouge et la mer Morte pour sauver cette derniére.
  • Etablir une banque d'eau régionale qui faciliterait la planification et les processus d'application technologique de production, de recyclage, de transport et d'économie en eau.
  • Développer un systéme régional de technologie d'information qui servirait d'infrastructure pour des études á distance, de la médecine á istance et des centres de recherche universitaire.
Le Proche-Orient a conservé sa place dans l'histoire mondiale en tant que centre de l'innovation, sur le plan spirituel, culturel et autres. Laissons notre génération ìtre la premiére á générer la régénération.

Il y a quelques temps, á ma grande surprise, un éducateur musulman d'Afrique du Sud a raconté l'histoire juive suivante, que je ne connaissais pas, á un rassemblement de l'UNESCO:

Un rabbin pose á ses étudiants l'importante question : « Quand finit la nuit et commence le jour ? » Un étudiant répond : « Quand de loin on peut distinguer une chévre d'un mouton, ce n'est plus la nuit. » Un autre étudiant dit : « Quand on peut voir la différence entre un olivier et un figuier, le jour a commencé. »

Ils attendent la réponse du rabbin qui finit par dire : « Quand vous voyez une femme, qu'elle soit noire ou blanche, vous lui dites : vous ìtes ma sueur. Quand vous voyez un homme, qu'il soit riche ou pauvre, vous lui dites : vous ìtes mon frére. C'est lá que la nuit est finie et qu'un nouveau jour a commencé. »