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DES CARAIBES ET DU PACIFIQUE Declaration de H.E Mr. Jean-Robert
Goulongana
AU SOMMET MONDIAL SUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE Johannesburg
Monsieur le Président,
Le Groupe des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, au nom duquel j’ai l’honneur de prendre la parole, regroupe 78 pays en développement, parmi lesquels 40 des 49 Pays les moins avancés, 33 petits pays insulaires et 15 pays enclavés. 77 des 78 Etats ACP sont liés à l’Union européenne par un Accord de partenariat, signé à Cotonou en juin 2000, pour une durée de 20 ans, Accord qui a succédé aux conventions de Lomé, ayant régi les relations ACP-UE pendant plus de deux décennies. Monsieur le Président, Un des objectifs majeurs de l’Accord de Cotonou est l’éradication de la pauvreté dans les pays ACP. Tirant les leçons du passé et prenant en compte les profondes mutations intervenues dans le monde, les ACP et l’Union européenne ont adopté, avec cet Accord, une nouvelle approche participative, associant à leur partenariat les acteurs non-étatiques et mettant l’accent sur les dimensions économique, sociale, politique, culturelle et environnementale du développement durable. C’est pourquoi , les partageant, nous soutenons les objectifs que s’est assigné le présent Sommet, qui visent, notamment, à assurer une croissance durable et une gestion responsable de l’environnement et des ressources naturelles au profit des générations actuelles et futures. A cet égard, le Groupe ACP demeure convaincu qu’il est possible d’enrayer et d’inverser la tendance actuelle au déclin des ressources naturelles et de la biodiversité, si des mesures appropriées sont mises en œuvre. Comptant en son sein des pays particulièrement vulnérables aux changements climatiques, notre Groupe considère qu’une grande priorité doit être accordée à ce phénomène alarmant qui menace gravement beaucoup de pays. A ce propos, l’entrée en vigueur rapide du Protocole de Kyoto, dans toutes ses composantes, revêt pour nous, mais également pour l’ensemble de l’Humanité, une importance capitale. Les ACP sont également d’avis que pour assurer un développement durable dans le monde, il faut s’attaquer, de façon urgente et vigoureuse, aux causes de la pauvreté, en particulier dans les pays en développement où se trouve l’écrasante majorité des pauvres. Pour ce faire, des efforts accrus et immédiats devront être déployés, tant par les pays en développement eux-mêmes, les pays développés, que par tous les acteurs impliqués dans cette exaltante entreprise, garante d’un présent et d’un futur meilleurs de notre planète Terre et de tous ses habitants. En signant l’Accord de Cotonou, les pays ACP ont renouvelé et démontré leur volonté d’assumer leurs responsabilités. Pour sa part, l’Union européenne s’est engagée à poursuivre son appui à nos pays. Mais pour aboutir, tous ces efforts devront être complétés et renforcés par ceux de la communauté internationale, qui doit respecter ses engagements. Parmi ceux-ci, priorité devra être donnée à l’accroissement significatif de l’aide publique au développement ainsi qu’à une solution durable au fardeau de la dette, que supportent, parmi d’autres, de nombreux pays de notre Groupe. Le débat, qui a lieu ici, sur la mondialisation et le commerce intéresse au plus haut point le Groupe ACP, qui entamera, le 27 septembre prochain, à Bruxelles, des négociations commerciales avec l’Union européenne. Ces négociations ACP-UE visent à mettre en place de nouveaux arrangements commerciaux prenant davantage en compte l’objectif de développement durable et compatibles avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce. En effet, les ACP considèrent que de telles négociations, bien qu’à caractère commercial, devront favoriser réellement leur développement durable, en améliorant leurs capacités de production et d’offre et en ne se limitant pas à de simples concessions commerciales. En engageant le processus de négociation, le Groupe des Etats
d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique est certes convaincu que le
commerce peut jouer un rôle déterminant dans l’insertion progressive
et harmonieuse de ses Etats membres dans l’économie mondiale. Toutefois,
cet objectif ne pourra pleinement être atteint que si il existe un
système commercial multilatéral transparent, équitable
et fondé sur des règles qui prennent dûment en
compte la situation particulière des pays en développement.
Nous espérons fortement que le Sommet sera en mesure d’adopter une Déclaration et un Plan d’action contenant des engagements clairs ainsi qu’un calendrier précis pour leur mise en œuvre, afin que les richesses de la planète soient équitablement partagées par tous, sans hypothéquer l’avenir des générations futures, c’est-à-dire pour réussir le développement durable de l’Humanité. Je vous remercie de votre aimable attention. |