UNISPACE III ESPACE/V/4
4ème séance - après-midi 20 juillet 1999
LE ROLE DE L'ONU EST FONDAMENTAL POUR ACCROITRE LA CAPACITE
DES PAYS EN DEVELOPPEMENT A UTILISER LES TECHNIQUES SPATIALES
Certaines délégations préconisent de redéfinir les moyens de
transférer les
technologies spatiales pour que les pays en développement en bénéficient
pleinement
Cet après-midi, au cours du débat général de la Troisième Conférence des Nations Unies sur l'exploration et les utilisations pacifiques de l'espace extra-atmosphérique (UNISPACE III), plusieurs délégations ont regretté que les pays en développement ne puissent bénéficier au même titre que les pays industrialisés des progrès accomplis dans les sciences et les technologies spatiales. L'insuffisance d'infrastructures qui permettraient d'avoir accès aux technologies spatiales et le manque de ressources humaines et financières nécessaires pour les développer, contribuent à marginaliser davantage les pays en développement. Tout monopole des sciences et des technologies spatiales va à l'encontre de l'esprit de solidarité internationale dans la recherche d'une répartition équitable des droits à la prospérité, à la justice et à la connaissance, a estimé le représentant de l'Indonésie. La plupart des délégations ont reconnu le rôle clé que l'ONU devrait jouer pour accroître la capacité des pays en développement d'utiliser les techniques spatiales et éviter que le fossé entre pays développés et pays en développement ne continue à se creuser. La façon dont est effectué le transfert de technologies doit être redéfini afin de pouvoir réellement bénéficier aux pays en développement. Seule une coopération internationale visant l'intérêt de tous peut être une source de progrès pour tous les pays. Plusieurs délégations ont estimé qu'il était nécessaire de consolider les instruments juridiques internationaux. Elles ont expliqué qu'il était capital que le droit international de l'espace puisse s'adapter à l'évolution rapide des techniques et des activités spatiales qui suscitent de nombreux problèmes juridiques délicats.
Les personnalités suivantes sont intervenues au cours du débat général : MM. Medvedchikov, Directeur général adjoint de l'Agence spatiale de la Fédération de Russie; Paton, Président de l'Académie nationale des sciences de l'Ukraine; Zerouali, Ministre de l'enseignement supérieur, de la formation professionnelle et de la recherche scientifique du Maroc; Evans, Président de l'Agence spatiale du Canada; Weerakoon, Ministre des sciences et de la technologie du Sri Lanka; et Vibulsresth, Vice-Secrétaire permanent au Ministère des sciences, de la technologie et de l'environnement de la Thaïlande.
Ont également pris la parole les représentants de l'Indonésie, de la Tunisie, de l'Ouganda, de la République populaire démocratique de Corée et de la Norvège. Le Directeur général de l'organisation intergouvernementale internationale INTERSPUTNIK, M. Kudryavtsev et le représentant de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), M. He Changchui, se sont aussi exprimés.
En fin de séance, les représentants de la République de Corée et de la République populaire démocratique de Corée ont exercé leur droit de réponse.
La Conférence poursuivra son débat général, demain mercredi 21 juillet à partir de 9 heures.
Echange de vues
M. A. MEDVEDCHIKOV, Directeur général adjoint de l'Agence spatiale de la Fédération de Russie : 40 ans se sont écoulés depuis le lancement de Spoutnik I. Depuis lors, les Nations Unies, et en particulier son Comité des utilisations pacifiques de l'espace extra-atmosphérique, jouent un rôle crucial dans ce domaine. Depuis UNISPACE 82, des changements fondamentaux sont intervenus notamment sur le plan politique. A preuve, la coopération constructive qui s'est établie entre les cosmonautes russes et les astrononautes américains. Les télécommunications par satellites et la télédétection ont permis à chaque habitant d'accéder rapidement à l'information. La technologie spatiale offre de nouvelles possibilités, en particulier pour les pays en développement. Au XXIème siècle, la communauté internationale devrait s'efforcer de ne plus utiliser l'espace extra-atmosphérique à des fins militaires. La seule organisation en mesure de garantir le succès de la coopération internationale dans ce domaine est, comme dans le passé, l'Organisation des Nations Unies. L'ONU a toutefois besoin de l'appui des gouvernements pour lui permettre de s'acquitter des importantes activités dans le domaine de l'espace extra-atmosphérique. Le Forum technique organisé dans le cadre d'UNISPACE III est extrêmement utile.
M. B. PATON, Président de l'Académie des sciences de l'Ukraine : la nature des activités spatiales a considérablement changé depuis la deuxième Conférence UNISPACE en 1982. La coopération internationale s'est renforcée dans le but de résoudre les problèmes communs de l'humanité. Des banques de données internationales dans le domaine de l'information spatiale ont été mises sur pied. Les agences spatiales et les Nations Unies développent des politiques visant à impliquer davantage les pays en développement dans les activités spatiales. La coopération régionale a été renforcée, notamment dans le domaine de la météorologie, de la navigation, de l'étude de la Terre et des objets de l'univers. Grâce à sa participation aux projets et aux programmes de l'ex-Union soviétique, l'Ukraine possède aujourd'hui des infrastructures scientifiques et industrielles importantes pour la recherche spatiale. L'Agence nationale de l'espace a été établie en Ukraine en 1992. Son but était de contrôler l'industrie spatiale et d'établir une coopération internationale dans le domaine de la science et de la technologie. L'Agence, en coopération avec l'Académie nationale des sciences, a préparé le premier programme spatial national de l'Ukraine 1993-1997. Le Programme envisage une étroite collaboration avec la Fédération de Russie, les Etats-Unis, la Chine, les pays européens ainsi qu'avec d'autres pays du monde. Dans le cadre de l'exploitation pacifique de l'espace extra-atmosphérique, l'Ukraine s'attache à promouvoir son développement économique. La formation des futurs ingénieurs des systèmes spatiaux et des chercheurs est prioritaire. Le premier Programme national indépendant de l'Ukraine a eu des résultats importants, notamment en ce qui concerne l'étude du système solaire, la gestion des appareils spatiaux. Le 19 novembre 1997, le premier cosmonaute de l'histoire de l'Ukraine indépendante s'est joint à des astronautes américains et japonais à bord de la navette spatiale Columbia. En 1997, le Parlement de l'Ukraine a approuvé son second Programme national spatial 1998-2002. Différents projets ont été élaborés dans le cadre du deuxième Programme spatial national. Ceux-ci portent notamment sur la télédétection, les études de la Terre, l'astronomie extra-atmosphérique, la biologie spatiale, les technologies spatiales et les systèmes de transports spatiaux. La modernisation du complexe spatial "Zenith" et des fusées "Cyclone" a été poursuivie afin de pouvoir lancer des appareils plus importants. L'Ukraine accorde une importance particulière au développement de la technologie spatiale dans le domaine de l'information qui peut jouer un rôle prépondérant dans des situations où une aide d'urgence est nécessaire pour sauver des vies humaines.
M. N. ZEROUALI, Ministre de l'enseignement supérieur, de la formation professionnelle et de la recherche scientifique du Maroc : le Maroc a joué un rôle important dans le cadre des travaux préparatoires d'UNISPACE III. Le Maroc a été le pays hôte de la conférence régionale pour l'Afrique et le Moyen-Orient en 1998. Dans le domaine spatial, la coopération internationale peut se concrétiser dans différents domaines, en particulier la télémédecine, le téléenseignement, la gestion des catastrophes naturelles ou des ressources naturelles. Pour mener à bien de telles activités, il faudrait toutefois pouvoir disposer, au niveau régional, de mécanismes efficaces. La mise en place d'un centre régional sur les sciences et techniques spatiales permettra aux pays africains de développer une stratégie régionale afin d'améliorer le niveau des cadres africains dans les domaines des sciences et des techniques spatiales. Il est prévu que ce centre commencera ses travaux en janvier 2000. En octobre prochain, une réunion régionale aura lieu pour examiner les moyens de mise en oeuvre des recommandations qui seront adoptées par UNISPACE III.
M. MAC EVANS, Président de l'Agence spatiale du Canada : le Canada a développé le premier système de télédétection commerciale par satellite, considéré comme le plus perfectionné du monde. Oeuvrant avec de nombreux partenaires, des images obtenues par Radarsat ont été fournies à des utilisateurs dans 50 pays et ont été utilisées pour un grand éventail d'applications, y compris la gestion des catastrophes et des ressources naturelles, ainsi que la surveillance écologique. Ces activités ont apporté des avantages socioéconomiques évidents pour le Canada. Pour ce qui est de l'avenir, le Gouvernement canadien reconnaît que nos efforts ne seront couronnés de succès que si l'on réussit à répondre aux changements profonds intervenant dans le contexte de l'espace mondial. La fin de la guerre froide a ouvert une ère nouvelle à la coopération internationale dans le domaine de l'espace extra-atmosphérique, créant des possibilités nouvelles pour établir des partenariats et faire face rapidement et efficacement à certains problèmes mondiaux négligés pendant longtemps. Le déclin des dépenses spatiales civiles effectuées par le secteur public a été accompagné par une véritable explosion des activités spatiales du secteur privé. Ainsi, ce secteur a-t-il de plus en plus recours aux applications et services issus des techniques spatiales. D'importants nouveaux acteurs sont entrés dans l'arène spatiale mondiale, y compris certains pays en développement qui peuvent maintenant offrir des possibilités de qualité sur le marché mondial. Les gouvernements et les industries dans le monde adoptent une nouvelle approche aux projets spatiaux permettant le développement de microsatellites à faible coût. Le nouveau programme spatial du Canada a été conçu pour répondre aux nouveaux défis. Tout en offrant des ressources nouvelles et stables, il insiste sur les besoins des usagers et fait une contribution importante à l'économie fondée sur l'expertise en encourageant le financement par le biais de partenariats, à la fois sur les plans national et international. Dans le cadre du Programme sur les sciences spatiales, le nouveau plan spatial canadien comprendra des programmes relatifs à l'astronomie, l'exploration spatiale et les sciences de microgravité. Le Programme spatial canadien sera fondé sur la coopération internationale. Le Programme Radarsat-1 a engagé la coopération étroite de la NASA et les activités de développement des techniques spatiales sont menées en étroite coopération avec l'Agence spatiale européenne.
M. HARIJONO DJOJODIHARDJO (Indonésie) : les progrès accomplis dans le domaine des sciences et des technologies de l'espace ont permis de réaliser que les applications spatiales sont un outil important pour promouvoir le développement de l'ensemble de l'humanité. Les bénéfices de la technologie spatiale touchent à divers domaines, comme la communication, l'environnement, la gestion des ressources naturelles, l'éducation ou encore la santé. L'insuffisance des infrastructures permettant d'avoir accès aux technologies spatiales et des ressources humaines et financières nécessaires pour les développer restent des problèmes importants pour les pays en développement. De ce fait, le fossé entre pays développés - qui bénéficient des technologies spatiales - et pays en développement tend à se creuser. Il ne faut pas qu'un petit nombre de pays aient le monopole des sciences et des technologies spatiales. Cela conduit à accroître la dépendance des pays en développement par rapport à ces pays privilégiés et va à l'encontre de l'esprit de solidarité internationale dans la recherche d'une répartition équitable des droits à la prospérité, à la justice et à la connaissance. La communauté internationale doit trouver des solutions qui dépassent les frontières géographiques. Il faut prendre des mesures concrètes au plan international. Les Nations Unies ont un rôle important à jouer pour donner aux Etats la capacité de développer et d'appliquer les techniques spatiales dans le domaine du développement socioéconomique. Des crédits doivent être dégagés pour financer le développement dans le cadre du développement des techniques spatiales. La commercialisation des techniques spatiales doit bénéficier non seulement aux pays développés mais également aux pays en développement. Les partenariats doivent être recherchés. La question du transfert de technologies doit être redéfinis afin de pouvoir réellement bénéficier aux pays en développement. Seule une coopération visant l'intérêt mutuel est une source de progrès pour tous les pays et également pour les sociétés privées. Les Nations Unies doivent pouvoir faciliter l'accès des pays en développement aux techniques spatiales. Il faut harmoniser les instruments juridiques nationaux. Les pays en développement doivent pouvoir pleinement tirer parti des avantages résultant des sciences et techniques spatiales. La télédétection pour la surveillance des ressources naturelles est particulièrement importante. L'espace est bien la frontière du futur. La vision d'hier est la réalité d'aujourd'hui et la vision d'aujourd'hui sera la réalité de demain.
M. ABDELAZIZ CHAABANE (Tunisie) : les pays les moins développés dans le domaine des sciences et techniques spatiales sont maintenant confrontés à des défis importants. Depuis son indépendance, la Tunisie accorde une grande importance aux ressources humaines et consacre aujourd'hui plus d'un tiers du budget national à l'éducation. Le Gouvernement tunisien entend édifier une société moderne. La recherche scientifique a été restructurée, constituant désormais une pierre angulaire du développement. Pour garantir une démocratie de la connaissance et de l'information, il faudrait assurer l'enseignement des sciences et techniques. Des études approfondies sont menées notamment en matière de désertification, de nodules halieutiques et de télémédecine. Un centre de télédétection a été créé en 1997. La Tunisie développe sa coopération et des partenariats dans les différents domaines techniques.
M. SEMAKULA KIWANUKA (Ouganda) : l'utilisation de la technologie spatiale a fondamentalement modifié la façon dont nous vivons aujourd'hui. Les Nations Unies ont permis de fournir une assistance technique aux pays en développement. L'ONU a organisé plusieurs séminaires et colloques sur la façon dont la technologie spatiale peut renforcer la sécurité économique, sociale et écologique. "Action 21", approuvé lors de la Conférence sur l'environnement et le développement à Rio, a demandé à ce que l'on protège les écosystèmes et la biodiversité. Les retombées positives des avancées des technologies spatiales sont claires. Les technologies spatiales ont permis des avancées importantes notamment dans l'étude des changements climatiques, des prévisions météorologiques, des gaz à effet de serre, de l'épuisement de la couche d'ozone. Une coopération internationale est indispensable pour gérer les ressources naturelles de la Terre. Il est clair qu'il faut développer des partenariats internationaux faisant appel à la fois aux pays développés et en développement, et comprenant l'industrie et la société civile. La révolution des technologies de l'information montre à quel point les techniques de pointe sont nécessaires au développement durable de tous les pays. La reprise économique actuelle des Etats-Unis est en partie due au fait que ce pays domine les technologies de l'information. La technologie spatiale doit être utilisée de façon plus efficace afin d'éviter une marginalisation accrue des pays en développement. Il importe d'améliorer les capacités des instituts de recherche des pays en développement.
M. BATTY WEERAKOON, Ministre des sciences et techniques du Sri Lanka : au cours des deux dernières décennies, le Sri Lanka a utilisé les techniques spatiales dans les domaines de la communication, de la météorologie, du contrôle et de la prévention des catastrophes naturelles. Les récentes inventions et progrès techniques, ainsi que les programmes de promotion lancés par les Nations Unies et leurs institutions spécialisées ont permis au Sri Lanka d'adopter une approche systématique dans les applications spatiales. Pays en développement, le Sri Lanka estime que les avantages et retombées des techniques spatiales pourraient être réalisés par le biais de la coopération régionale et internationale. Les besoins de développement de la main-d'oeuvre grâce aux programmes de formation, de séminaires, d'ateliers et de développement des techniques sont essentiels pour les pays en développement et exigent donc une coopération tant régionale qu'internationale. Le Sri Lanka a pris des mesures pour déterminer les besoins administratifs de base visant la promotion des techniques spatiales dans la limite des ressources nationales disponibles. Le Gouvernement a mis en place un Centre d'applications spatiales et constitué un Comité national présidé par le Ministre des sciences et techniques. En janvier 1999, la première conférence nationale sur les techniques spatiales à laquelle 12 pays ont été représentés, a permis de formuler la politique nationale et le Plan d'action national pour les prochaines années en vue de sensibiliser le public et a lancé une série de programmes pour familiariser les élèves à tous les niveaux avec les sciences techniques.
M. JONG YUN HYONG (République populaire démocratique de Corée) : son pays a placé le 31 août 1988 son premier satellite artificiel en orbite autour de la Terre. Ce satellite a été le résultat de recherches menées par des experts nationaux. La République populaire démocratique de Corée a été en mesure de vérifier le fonctionnement des éléments électroniques lancés dans l'espace et a ainsi établi une base solide pour ses activités spatiales. Le monopole du développement de l'espace et de ses utilisations à des fins militaires constitue un défi qu'il faut relever à une époque où il est question d'exploration et d'utilisation pacifiques de l'espace extra-atmosphérique. Certains pays développés contrôlent les activités des pays en développement pour les dominer. En même temps, ils utilisent l'espace à des fins militaires, causant une menace grave à la paix et à la sécurité internationales. UNISPACE III devrait explorer les voies et moyens pour faire face à ces défis. Pour que le XXIème siècle soit l'ère des sciences spatiales, il faudrait accorder la priorité à une participation équitable de tous les pays, en particulier les pays en développement, aux activités relatives à l'exploration et aux utilisations pacifiques de l'espace extra-atmosphérique. L'espace est le patrimoine commun de l'humanité et tous les pays ont le droit de l'explorer. Les Nations Unies et les organisations internationales compétentes devraient porter une attention particulière aux transferts des techniques et à la création de fonds pour la formation d'ingénieurs dans les pays en développement. Les succès obtenus dans le domaine des sciences spatiales devraient contribuer au développement économique et social des pays en développement.
Mme HELGA HERNES (Norvège) : la Norvège, dont l'industrie spatiale croissante ne cesse d'évoluer, estime que l'utilisation pacifique de l'espace extra-atmosphérique est essentielle pour l'humanité. Dotée d'un vaste littoral, la Norvège a besoin des services de navigation et d'observation de la Terre issus des technologies spatiales. Ayant contribué à établir le système de communication par satellite Mercure, la Norvège considère que le contrôle et la prévision des conditions océaniques et climatiques sont des domaines prioritaires pour son territoire. Les changement fréquents liés à l'environnement marin peuvent être identifiés grâce à la télédétection. D'autre part, il faudrait éviter que l'écart technologique entre pays riches et pays pauvres de la Terre ne continue à se creuser. Nous constatons cependant que les pays en développement restent en marge des possibilités de développement qui découlent des technologies spatiales. Les menaces à l'équilibre délicat de l'écosystème nécessitent des solutions et des actions au niveau international. Les sciences et les technologies de l'espace peuvent permettre de mieux comprendre les problèmes liés à l'environnement - notamment les causes des changements climatiques - et avoir des effets bénéfiques sur le développement durable de l'ensemble de la planète. Les instruments internationaux doivent permettre d'assurer un contrôle de l'utilisation de l'espace extra-atmosphérique. Il est capital que la technologie spatiale soit utilisée pour le bien de l'humanité tout entière.
M. SUVIT VIBULSRESTH (Thaïlande) : Son pays dispose depuis une décennie de trois satellites immatriculés auprès de l'Union internationale des télécommunications: Thaicoms I, II et III. En dépit de ses ressources limitées, la Thaïlande a utilisé au maximum ses satellites dans les domaines des télécommunications, de l'observation de la Terre, de la météorologie, de l'enseignement à distance et du développement des ressources humaines. La coopération régionale devrait être renforcée. A cet égard, la Thaïlande rappelle les efforts inlassables déployés par la Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique (CESAP) en matière d'utilisations des techniques spatiales pour le développement durable. Ces efforts ont contribué de manière considérable au développement des activités spatiales dans la région, indépendamment de l'amélioration des relations politiques entre les pays de la région. En outre, la Thaïlande se dit convaincue que cette coopération régionale bénéficiera pleinement de l'appui de la Conférence ministérielle sur les techniques spatiales pour le développement qui se tiendra en Inde en novembre 1999.
M. G. G. KUDRYAVTSEV, Directeur général d'INTERSPUTNIK : INTERSPUTNIK est une organisation intergouvernementale internationale qui opère un système de communication par satellite mondial. INTERSPUTNIK, qui a été créée en 1971 et dont le siège est à Moscou, coopère avec d'autres organisations qui utilisent la communication par satellite. INTERSPUTNIK procure des services à l'échelle mondiale et régionale et opère dans la Communauté des Etats indépendants, en Europe centrale et de l'Est et en Amérique du Nord. La nouvelle génération de satellites, qui seront opérés par le système mondial d'INTERSPUTNIK, pourra permettre de répondre aux demandes présentes et futures internationales dans le domaine de la communication. INTERSPUTNIK pourra en effet fournir des services de qualité basés sur des technologies sophistiquées. Les services traditionnels sont actuellement remplacés par de nouveaux services intégrant les techniques du multimédia. L'information peut être transmise plus rapidement aux clients dont les satellites sont liés à des ordinateurs personnels rapides. Il y a aujourd'hui environ un milliard de postes téléphoniques même si 70% de la population mondiale n'a toujours pas accès au téléphone. Une des priorités d'INTERSPUTNIK est de fournir un appui technologique permettant de réduire l'écart entre les pays développés et en développement. Les progrès technologiques accomplis par INTERSPUTNIK sont le fruit d'un très grand travail. Les regards doivent être plus que jamais tournés vers l'avenir et tenir compte des nouvelles tendances de la télécommunication. INTERSPUTNIK s'intéresse plus particulièrement aux nouveaux services numériques et multimédias. INTERSPUTNIK cherche à mettre en place un environnement de formation au niveau mondial. Il faudra une étroite collaboration avec tous les acteurs publics et privés intéressés. INTERSPUTNIK propose, avec le Bureau des affaires spatiales de l'ONU, d'organiser une réunion en l'an 2000 sur le thème de "l'espace contre le crime, le terrorisme et la drogue". INTERSPUTNIK est prête à être le moteur de cette initiative.
M. HE CHANGCHUI de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) : la FAO s'intéresse tout particulièrement au développement des applications technologiques spatiales à l'agriculture, aux forêts et aux pêcheries, notamment en ce qui concerne les pays en développement. Le mandat de la FAO a été, depuis 1945, d'améliorer la situation au plan de l'alimentation et des conditions de vie des populations, ainsi que de la productivité agricole. La promotion d'un développement durable de l'agriculture et des régions rurales, ainsi que d'une stratégie pour la préservation des ressources naturelles, fait partie des objectifs prioritaires de l'Organisation. Le Cadre stratégique 2000-2015 de la FAO doit permettre d'assurer la sécurité alimentaire du monde pour les générations présentes et futures. Les technologies spatiales intéressent énormément la FAO. Au début des années 70, la FAO a introduit les technologies de télédétection dans ses projets et programmes. En 1980, une Unité de télédétection des ressources naturelles renouvelables a été officiellement créée au sein de la FAO. La FAO a développé de nombreuses activités dans lesquelles la télédétection et les technologies de communication jouent un rôle clé, notamment dans le domaine de l'environnement. La FAO est chargée de développer le projet AFRICOVER qui vise à établir pour certaines régions de l'Afrique subsaharienne une base de données portant sur leurs ressources naturelles. Avec l'aide de la Banque mondiale, la FAO met en place un projet régional en Afrique centrale ayant pour but d'améliorer la gestion des ressources naturelles. En collaboration avec plusieurs partenaires, la FAO a élaboré, grâce aux technologies spatiales, des systèmes permettant d'évaluer et de mieux gérer les écosystèmes des zones côtières et les ressources forestières. La FAO utilise également les différentes technologies spatiales pour créer des bases de données dans le domaine des prévisions climatiques et de l'agrométéorologie. Le développement de partenariats avec des organisations internationales, les agences spécialisées de l'ONU, les institutions gouvernementales, et des institutions de formation est prioritaire pour la FAO. La FAO est engagée à aider activement les Etats Membres à pleinement mettre en oeuvre les recommandations qui seront adoptées à l'issue d'UNISPACE III.
Droits de réponse
Le représentant de la République de Corée a fait remarquer que la délégation de la République populaire démocratique de Corée a indiqué qu'elle avait lancé le 31 août 1998 un satellite à des fins pacifiques. Nous concluons cependant, avec d'autres pays, que la RPDC dispose de fusées à plusieurs étages qui lui permettraient de lancer des missiles de longue et moyenne portée qui pourraient mettre en jeu la paix et la sécurité dans la région. Il a donc exhorté la République populaire démocratique de Corée d'éviter de saper les efforts visant l'amélioration de leurs relations.
Pour sa part, le représentant de la République populaire démocratique de Corée a estimé que les allégations de la République de Corée lui sont dictées par ses alliés. Si les autorités de la République de Corée étaient de véritables Coréens, ils se réjouiraient du lancement de ce premier satellite.