UNISPACE III ESPACE/V/3
3ème séance - matin 20 juillet 1999

L'ACCES A L'INFORMATION, INDISPENSABLE AU DÉVELOPPEMENT ECONOMIQUE
ET SOCIAL DE TOUS LES PAYS, DOIT ETRE ELARGI

La création de réseaux mondiaux d'information grâce aux satellites de télécommunication
pourra contribuer à résoudre des problèmes communs à l'échelle mondiale, régionale et locale

Au cours du débat général de la Troisième Conférence des Nations Unies sur l'exploration et les utilisations de l'espace extra-atmosphérique (UNISPACE III), les délégations ont souligné, ce matin, la nécessité de continuer à développer les techniques spatiales et leurs différentes applications qui permettent de disposer, par l'intermédiaire de satellites d'observation de la Terre, de données capitales pouvant bénéficier à l'ensemble de la planète. L'instauration de réseaux mondiaux mis en place grâce aux satellites de télécommunication est essentielle pour que tous les pays sans exception puissent disposer d'informations pouvant les aider à résoudre des problèmes qui se posent à l'échelle internationale, régionale ou locale. L'interdépendance étroite de tous les habitants de la planète est plus que jamais évidente et il est, de ce fait, essentiel de renforcer l'échange d'informations entre les différentes nations, qu'elles aient ou non des programmes spatiaux. La plupart des intervenants ont reconnu le fait que l'infrastructure informationnelle est indispensable au développement économique et social de tous les pays. La recherche dans le domaine spatial doit continuer à être encouragée car elle peut permettre d'introduire des innovations dans de nombreux domaines qui nécessitent des techniques de pointe comme les sciences de la santé. Les délégations se sont félicitées de la participation des représentants de l'industrie de l'espace à la Conférence, soulignant qu'un partenariat entre les pouvoirs publics et les agences spatiales est nécessaire si l'on veut obtenir des résultats concrets. Certains représentants ont toutefois estimé qu'il fallait s'assurer que ce partenariat ne contribue pas à accroître le fossé entre les pays développés et les pays en développement mais au contraire à renforcer la coopération internationale.  

Les personnalités suivantes sont intervenues : M. Kullman, Directeur général d'INTELSAT; M. Luby, Président de l'Académie des sciences de la République slovaque; M. Boroffice, Directeur des sciences au NASENI du Nigéria; M. Prunariu, Président de l'Agence spatiale de la Roumanie; Mme Berman, Directrice du Service de coordination du Département de l'industrie, des sciences et des ressources de l'Australie; M. Zeman, Ministre de l'éducation, de la jeunesse et des sports de la République tchèque; M. Abdel Majid, Président de SUPARCO du Pakistan; et Mme Mazlan Othman, Directrice générale de la Division des études scientifiques spatiales au Ministère des sciences, de la technologie et de l'environnement de la Malaisie. Les représentants de la Suède, de l'Argentine, des Etats-Unis, de la Bolivie et du Brésil ont également pris la parole. Le Directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA), M. Rodota, et le Président de la Société internationale de photogrammétrie et de télédétection (ISPRS), M. Fritz, sont intervenus en tant qu'observateurs.  

La prochaine réunion plénière de la Conférence aura lieu cet après-midi à partir de 14 h 30.

M. CONNY KULLMAN, Directeur général d'INTELSAT : INTELSAT n'a pas seulement été créé dans le même esprit que les Nations Unies, mais depuis le début, il a continué à oeuvrer pour faire progresser la mission des Nations Unies visant à réduire le fossé qui existe en matière d'information dans le monde. Le rôle d'INTELSAT contribue aux activités des Nations Unies concernant la réduction et la prévention des catastrophes naturelles, les services de communications de secours, ainsi que l'appui aux programmes mondiaux de santé et aux missions de maintien de la paix. INTELSAT assure une assistance technique, opérationnelle, de formation et financière à de nombreux pays pour le développement de leurs infrastructures en matière de télécommunications. Il coordonne également des bourses pour la formation d'ingénieurs et de techniciens pour une première expérience. INTELSAT participe par ailleurs à la mise en oeuvre d'un grand nombre de projets de développement régionaux et internationaux pour lesquels il assure un libre service par satellite pour appuyer les efforts humanitaires à l'échelle mondiale. Par exemple, en octobre 1998, INTELSAT a accordé l'utilisation gratuite de trois satellites pour sensibiliser l'opinion publique et pour encourager la solidarité mondiale dans la lutte contre la famine. En mars 1999, il a contribué à une campagne de sensibilisation organisée par UNIFEM sur la lutte contre la violence à l'égard des femmes. Alors qu'INTELSAT était le premier réseau de télécommunications mondial, d'autres opérateurs assurent des services similaires dans le monde. Plus de 60 pays dépendent encore entièrement des services d'INTELSAT et les Etats Membres d'INTELSAT reconnaissent la nécessité d'une restructuration importante ou de la privatisation de l'Organisation, en vue de lui garantir son efficacité sur le marché des télécommunications et de mieux répondre aux nouvelles réalités dans le monde. Le nouvel INTELSAT pourrait être mis en place au début de 2001, date à laquelle il pourra tirer les avantages du marché des communications par satellite en pleine évolution.  

M. S. LUBY, Président de l'Académie des sciences de la Slovaquie : en février 1999, le premier astronaute slovaque, Ivan Bella, a effectué un vol spatial à bord de la station Mir au cours d'une mission française, russe et slovaque. Le programme de recherche pour le vol a été effectué par l'Institut de l'Académie des sciences de la Slovaquie. Les objectifs des observations étaient d'utiliser l'environnement de la microgravité pour étudier les réactions et mécanismes de l'organisme humain. Il était aussi question d'obtenir de nouvelles informations sur les vols humains dans l'espace afin de pouvoir les utiliser pour améliorer le bien-être et la santé des êtres humains sur Terre. Différents autres projets, comme "Quail" et "Dosimetry", ont été mis en place afin de pouvoir disposer d'informations scientifiques clés. Les activités de la Slovaquie dans le domaine de la physique spatiale, de la géophysique et de l'astronomie ont été importantes. Des études ont été faites sur les phénomènes physiques intervenant notamment à la surface du soleil, dans l'espace interplanétaire, et dans l'atmosphère de la Terre. La Slovaquie s'intéresse également aux expériences liées aux sciences de la vie. Des expériences relatives à l'insémination, effectuées avec la collaboration de scientifiques américains ont pu être faites à bord de Mir. L'Institut slovaque hydrométéorologique utilise les informations données par les satellites météorologiques. La Slovaquie accorde une grande importance aux activités liées à la télédétection. Les résultats des recherches effectuées ont permis, entre autres, de prévoir les risques potentiels de l'érosion des sols en Slovaquie. Depuis environ 30 ans, la Slovaquie développe des programmes de recherche dans le domaine spatial. Elle espère pouvoir poursuivre ses recherches dans ce domaine dans le cadre d'une collaboration internationale.  

M. R. A. BOROFFICE, Directeur des sciences au NASENI du Nigéria : le Comité des utilisations pacifiques de l'espace extra-atmosphérique a plusieurs succès a son actif, notamment l'adoption d'une série de traités et de principes. Le Programme sur les applications spatiales, mis en place en application des recommandations d'UNISPACE 82, a permis à de nombreux pays en développement de renforcer leurs capacités nationales et d'encourager la coopération internationale. A cet égard, le Nigéria souligne que le Centre régional africain pour les sciences et les techniques spatiales résulte de la mise en oeuvre du Programme d'applications spatiales. Le fossé qui existe entre les pays dotés d'une technologie spatiale et ceux qui ne l'ont pas ne cessera de se creuser, à moins que la coopération internationale ne permette de renforcer les capacités des pays en développement. Les Nations Unies devraient allouer des ressources adéquates pour garantir une mise en oeuvre efficace du Programme des applications spatiales afin que les pays en développement puissent accéder en tant que partenaires à part entière aux nouvelles techniques spatiales. La coopération internationale avec les pays en développement ne devrait pas être limitée au renforcement des capacités en matière de sciences et techniques spatiales de base et de programmes d'applications spatiales. Les activités de coopération devraient leur permettre aussi d'accéder à des moyens plus avancés. Le Gouvernement du Nigéria reconnaît l'impératif d'un développement durable et de son potentiel pour un développement à long terme du pays. L'approche systématique à l'égard du développement et l'exploitation de toutes les ressources terrestres exigent l'application de techniques sophistiquées pour en déterminer la qualité et la quantité, localiser leur emplacement et établir leur potentiel d'exploitation ou d'exploration. Le Nigéria a créé un Centre national pour la télédétection axé sur l'inventaire des ressources naturelles et pour fournir des services de gestion des ressources naturelles.  

En vue de faire face aux défis futurs, le Gouvernement nigérian vise à consolider toutes les activités liées aux sciences et techniques spatiales qui sont accomplies par un certain nombre d'institutions nationales. A cette fin, il a mis en place l'Agence nationale pour la recherche spatiale et le développement.  

M. BJORN SKALA (Suède) : beaucoup de choses ont changé dans le domaine des activités spatiales depuis la dernière conférence UNISPACE en 1982. La fin de la guerre froide a ouvert de nouvelles avenues politiques dans le domaine de la coopération spatiale. L'espace extra-atmosphérique n'est plus seulement utilisé pour atteindre des objectifs scientifiques mais pour trouver des solutions aux différents besoins de la planète. L'échange d'informations est un outil indispensable dans le domaine de l'espace extra-atmosphérique. La Suède participe à des activités spatiales internationales et, plus particulièrement, européennes dans le cadre de l'Agence européenne de l'espace. La Suède se félicite qu'il est question du renforcement du rôle clé des sciences et des technologies de l'espace dans le domaine de l'environnement. Elle est convaincue que l'observation spatiale de la Terre peut permettre de promouvoir le développement durable à l'échelle mondiale. La Suède estime qu'il est important de promouvoir l'utilisation de l'information par satellite dans le domaine de la gestion des forêts, des données météorologiques et cartographiques. Il est capital de promouvoir le développement des capacités indigènes à utiliser les technologies spatiales pour répondre à leurs besoins à l'échelle régionale ou locale. Le partage de l'information est essentiel. Dans cet esprit, le Gouvernement suédois a organisé des séminaires de formation annuels sur la télédétection pour des enseignants de pays en développement afin qu'ils puissent introduire cette discipline dans les programmes de formation dont ils sont chargés. Des réseaux informels entre des personnes partageant les mêmes problèmes dans des régions différentes du monde doivent être mis en place. Il est important que les Etats acceptent les mécanismes contraignants pour régler leurs litiges. La communauté internationale a la possibilité avec UNISPACE III de faire en sorte que l'espace extra-atmosphérique puisse bénéficier à tous.  

M. DUMITRU PRUNARIU, Président de l'Agence spatiale de Roumanie : les techniques spatiales n'ont pas seulement révolutionné les télécommunications. Leurs applications permettent aussi de surveiller les changements climatiques et la pollution de détecter les ressources hydrologiques, minérales et agricoles et de localiser les cultures illicites. Elles ont contribué de manière considérable aux efforts visant à régler certains problèmes mondiaux. Le régime juridique de l'espace extra-atmosphérique a également évolué. Depuis 1982, une série de traités et de principes ont été adoptés. La Roumanie bénéficie de la coopération internationale dans le domaine des utilisations pacifiques de l'espace extra-atmosphérique et, dans le cadre de ses ressources, contribue à la coopération internationale avec d'autres pays. L'Agence spatiale roumaine appuie la participation de chercheurs et ingénieurs roumains aux efforts internationaux en vue de renforcer les capacités nationales. Des expériences scientifiques menées par des experts roumains ont été couronnées de succès au niveau international. Depuis 1998, le Programme spatial national a été révisé pour donner une nouvelle orientation aux projets d'importance nationale. La coopération entre la Roumanie et l'Agence spatiale européenne, ainsi que les organisations internationales telles qu'INTELSAT, se développe davantage. La Roumanie a accueilli la Conférence préparatoire d'UNISPACE III, en janvier dernier.  

M. RAUL PELAEZ (Argentine) : la participation des jeunes à la discussion sur l'utilisation de l'espace extra-atmosphérique est capitale. L'Argentine estime qu'il est nécessaire de promouvoir la recherche dans le domaine de la science et de la technologie spatiale pour améliorer le bien-être de sa population. Créée en 1991 la Commission nationale pour les activités spatiales travaille actuellement à l'élaboration d'un plan spatial national. Les activités menées dans le domaine de l'espace ont permis d'acquérir et de diffuser les données essentielles et de promouvoir la recherche. Dans le cadre des efforts déployés par l'Argentine, il y a lieu de citer la mission SAC-A qui a permis de placer un satellite sur orbite en décembre 1998. En décembre 1999, une nouvelle expérience permettra de lancer le premier satellite argentin d'observation d e la terre SAC-C. La distribution d'images par satellite est importante notamment dans le domaine des prévisions des catastrophes naturelles. Les technologies spatiales sont également utilisées dans le domaine de la recherche médicale. L'Argentine souligne la nécessité d'une coopération internationale dans le domaine de la recherche spatiale et de l'utilisation pacifique de l'espace extra-atmosphérique. Accordant une importance toute particulière à la coopération régionale, elle coopère étroitement avec le Brésil dans divers projets de recherche scientifique. L'Argentine a également collaboré avec les Etats-Unis, l'Allemagne, l'Espagne, la France et l'Italie pour différentes recherches liées à l'espace. La perception de l'espace a changé. On reconnaît aujourd'hui le rôle que peuvent jouer les technologies spatiales dans le développement et la protection de l'environnement. L'Argentine accueille favorablement tous les mécanismes mis en place qui visent à rendre les technologies spatiales opérationnelles.  

M. JOHN B. RITCH III (Etats-Unis) : comme le Comité des utilisations pacifiques de l'espace extra-atmosphérique, le Programme spatial américain a été établi pendant la guerre froide lorsque les rivalités pour la suprématie en matière de missiles et d'espace étaient féroces. Aujourd'hui, on peut considérer les activités spatiales essentiellement comme un instrument de progrès humain et de coopération internationale. Ayant envoyé des astronautes sur la Lune, des robots sur Mars et des fusées à des distances extrêmement éloignées, les Etats-Unis sont aujourd'hui engagés en faveur d'un partenariat avec 16 autres pays pour édifier une station spatiale internationale. Le Programme spatial américain implique deux institutions, à savoir l'Administration nationale de l'aéronautique et de l'espace (NASA) - créée en 1958 - et l'Administration nationale océanique et atmosphérique (NOAA), créée en 1970. Depuis sa création, le Programme de coopération internationale de la NASA a permis de conclure plus de 3000 accords avec environ une centaine de pays. Dans cinq ans, la Station spatiale internationale contribuera à mettre au point de nouvelles techniques. Les missions spatiales futures comprendront des essais robotiques vers des destinations telles que Mars et Europa, dans le but d'en savoir plus sur le système solaire. D'autres missions utiliseront des télescopes puissants pour analyser la structure la plus ancienne de l'univers, pour étudier d'autres corps célestes. La NASA axera ses recherches notamment dans les domaines des changements climatiques, le cycle mondial de l'eau et de l'énergie. Pour sa part, le NOAA développe sa coopération avec l'Organisation européenne pour l'exploitation des satellites météorologiques. Ainsi, des instruments de la NOAA ont-ils été placés sur des engins européens et les Européens participent avec nous à des expériences concernant les orbites polaires. Pour ce qui est des activités spatiales commerciales, depuis 1996, les revenus provenant des missions spatiales commerciales ont largement dépassé les dépenses spatiales publiques. Concernant UNISPACE III, Les Etats-Unis souhaitent une participation plus étendue dans toutes les activités de surveillance de la Terre pour approfondir nos connaissances en la matière et sur l'environnement. Nous sommes aussi favorables à une coopération plus poussée dans les domaines de la diffusion d'informations sur la recherche et les stratégies spatiales pour les pays en développement, ainsi que pour une meilleure coordination des travaux des Nations Unies et la promotion des applications civiles et commerciales de l'exploration spatiale.  

Mme PATRICIA BERMAN (Australie) : les activités spatiales procurent des avantages sans précédent à l'Australie qui tient à jouer un rôle clé dans l'industrie spatiale mondiale. La compétitivité, autrefois au centre de l'exploration spatiale, est progressivement supplantée par une volonté de coopération internationale dans l'espace. Les technologies spatiales ont beaucoup à offrir pour la protection de l'environnement. Les retombées commerciales des technologies spatiales sont reconnues. L'espace n'étant plus la simple affaire des gouvernements, il est encourageant de voir que les représentants de l'industrie participent à nos travaux sur un pied d'égalité. D'ores et déjà , les activités spatiales à but commercial ont dépassé en importance les activités gouvernementales en la matière. La loi sur les activités spatiales de 1998 garantit que l'Australie respecte ses obligations internationales. L'Australie mène une véritable politique en matière de formation et d'éducation dans le domaine spatial. Le programme national de l'Australie énonce la politique du Gouvernement australien dans le domaine des applications spatiales. Il y a de plus en plus d'installations de lancement en Australie. Le Gouvernement australien est d'avis qu'un régime efficace du droit de l'espace est préalable à une bonne utilisation de l'espace extra-atmosphérique. Il est important de tenir compte de la rapidité de l'évolution de la technologie. UNISPACE III doit permettre de réorienter les activités spatiales et de passer de la notion de compétition à celle de la coopération. L'Australie a l'intention d'être un acteur clé sur le théâtre de la recherche spatiale.  

M. GONZALES-QUINT (Bolivie) : il est essentiel que les pays en développement participent plus activement aux programmes internationaux d'exploration, non seulement en tant qu'utilisateurs et bénéficiaires mais également en tant que partenaires à part entière. Pour encourager les activités spatiales commerciales visant à renforcer la détection de cultures illicites ou à perfectionner les services en matière de santé, il faudrait renforcer la coopération internationale. Il est bon de souligner que la Bolivie a déjà ratifié deux traités élaborés par le Sous-comité juridique du Comité des utilisations pacifiques de l'espace extra-atmosphérique. La Bolivie a participé de manière active aux travaux préparatoires d'UNISPACE III. Elle estime qu'il faudrait encourager la création de commissions et d'agences spatiales nationales dans les pays en développement, insister sur l'élaboration de projets nationaux en matière de sciences et techniques spatiales et appuyer les initiatives nationales de développement de moyens d'éducation de base adaptés aux besoins nationaux.  

M. E. ZEMAN, Ministre de l'éducation, de la jeunesse et des sports de la République tchèque : il est regrettable que certains des traités concernant l'espace aient reçu une adhésion limitée. Le droit international de l'espace n'est pas un système juridique parachevé. Les traités de l'espace des Nations Unies devraient être complétés par de nouveaux instruments juridiques incluant les nouveaux phénomènes se produisant dans l'espace. Les débris spatiaux, qui constituent plus de 90% des objets dans l'espace, sont un risque importants pour les satellites actifs. Il faut voir dans quelle mesure les instruments juridiques existants s'appliquent aux débris spatiaux. Le moment est venu d'inclure ce point à l'ordre du jour du Sous-comité juridique. Il faut restructurer les ordres du jour des différents sous-comités. Les nouveaux points des activités spatiales doivent être inclus dans leur ordre du jour. Il est besoin de renforcer la coopération dans le domaine de l'espace afin que tous les pays sans exception puissent en bénéficier.  

M. ABDEL-MAJID, Président de la SUPARCO du Pakistan : dans les pays en développement, les contributions que les activités spatiales pourraient apporter aux programmes de développement à long terme portent sur les communications, l'éducation, les soins de santé, la gestion des ressources alimentaires et en eau. Toutefois, l'absence de ressources fait obstacle à l'utilisation, par les pays en développement, des techniques spatiales. Le projet de rapport d'UNISPACE III a été élaboré afin de tenir compte des positions exprimées par les Etats Membres dans les rapports nationaux présentés au Secrétariat de la Conférence. Le Pakistan espère que l'élan initial dont ont fait preuve les Etats Membres sera dûment reflété dans le rapport final qui sera adopté par UNISPACE III. La nécessité de coordonner les travaux des Nations Unies, en particulier dans le domaine très important de détection par satellite de la Terre a été soulignée dans le projet de rapport de la Conférence. Le Pakistan est prêt à contribuer aux efforts visant à créer un climat de coopération internationale et un mécanisme préalable pour appuyer les efforts de diffusion et d'échange des avantages que procurent les sciences et techniques spatiales. SUPARCO est l'Agence nationale du Pakistan chargée de mettre en oeuvre le programme spatial du pays. Pour répondre aux besoins en personnel dans les domaines des sciences, techniques et applications spatiales, l'Agence nationale a créé un Institut aérospatial à Islamabad. L'Institut contribue modestement à sensibiliser les décideurs et à assurer une formation aux utilisateurs dans différents domaines d'application. Dans le cadre du Programme de la SUPARCO pour le développement des capacités nationales visant à concevoir, développer, fabriquer et lancer des satellites à faible coût , BADR-B a été mis au point.  

M. SERGIO DE QUEIROZ DUARTE (Brésil) : les progrès dans le développement des techniques spatiales sont importants et il est nécessaire d'encourager une coopération internationale pour le bien et dans l'intérêt de tous les Etats quels qu'ils soient. Le Brésil espère que les progrès accomplis dans le domaine de l'espace auront des effets bénéfiques réels sur le bien être des êtres humains. La surveillance des conditions géophysiques est essentielle pour avoir de meilleures prévisions météorologiques et mieux gérer les ressources naturelles. La politique spatiale brésilienne tient compte du fait que les activités spatiales sont un facteur important du développement socioéconomique du Brésil. Des mesures gouvernementales ont été prises pour contribuer aux efforts internationaux de non-prolifération des armes de destruction massive. Le Brésil reconnaît que la coopération internationale est un élément essentiel pour toutes les activités spatiales. Des accords de coopération pour l'utilisation pacifique de l'espace extra-atmosphérique ont été signés avec la Chine, les Etats-Unis, l'Argentine, la Fédération de Russie et la France. Le renforcement de la participation du secteur privé est nécessaire. Il existe un secteur privé actif au Brésil dans le domaine de la télédétection. La contribution des technologies spatiales dans le secteur des transports aériens est importante. Il est nécessaire d'améliorer et de renforcer les capacités du transport aérien grâce aux atouts que présente l'espace. La mise en place du Centre de lancement d'Alcantara doit être mentionnée. Le Centre accueillera des services de lancement sur une base commerciale. Sa location géographique privilégiée montre à quel point ce site sera compétitif sur le marché. Le Brésil participe au programme de la station spatiale internationale. Des programmes de recherche conjoints avec différents pays - notamment les Etats-Unis, la France, l'Argentine et la Fédération de Russie - sont menés. Le Brésil est favorable au renforcement d'une coopération régionale. La mise en place de l'Institut interaméricain pour la recherche sur les changements climatiques mondiaux, qui a son siège au Brésil, a été capitale pour favoriser la coopération régionale. La participation du secteur privé est positive. Il faut s'assurer qu'elle ne contribue pas à accroître le fossé entre les pays développés et les pays en développement mais à renforcer la coopération internationale.  

MME DATUK MAZLAN OTHMAN, Directrice générale de la Division des études scientifiques spatiales au Ministère des sciences, de la technologie et de l'environnement de la Malaisie : son pays a construit son premier micro-satellite - TiungSAT-1 - en collaboration avec le Royaume-Uni. La Malaisie est engagée en faveur de la recherche et du développement de petits satellites et pour en exploiter les avantages par de nouveaux moyens. Un deuxième micro-satellite conçu pour une mise en orbite basse est en cours de fabrication. Ce satellite sera en mesure de couvrir 51 pays, essentiellement des pays en développement situés près de l'équateur. Par ce projet, la Malaisie espère établir une coopération avec ces pays et les aider à régler de nombreux problèmes liés à la détection auxquels sont confrontés les pays en développement. Les sciences spatiales figurent dans les programmes scolaires primaire et secondaire en Malaisie. Le chercheurs et ingénieurs malaisiens reçoivent une formation en matière de sciences et techniques spatiales dans les universités étrangères. Des liens étroits ont déjà été établis avec les membres de l'Association des pays d'Asie du Sud-Est en ce qui concerne la télédétection liés dans les secteurs de la formation et du développement. La coopération internationale et les coentreprises ont été instituées par les fournisseurs de la Malaisie en matière de services de communications par satellite.  

M. ANTONIO RODOTA, Directeur de l'Agence spatiale européenne : une nouvelle génération de satellites météorologiques géostationnaires sont actuellement développés par l'Agence spatiale européenne. Toute une série de nouvelles applications, qui auront un impact important, sont élaborées. Le développement d'un système de navigation globale aura une importance considérable. L'Agence est en train d'élaborer un système de navigation civile. Rendre pleinement opérationnelle la prochaine génération de satellites de navigation est une des priorités de l'Agence spatiale européenne. Les satellites de communication sont importants dans de nombreux domaines, notamment celui de la santé et de l'éducation. Les sciences spatiales sont également importantes pour l'environnement. L'Agence spatiale européenne constitue en elle-même un excellent exemple de coopération internationale. Les changements politiques des dernières années ont permis un renforcement de la coopération internationale. L'Agence appuie la recherche d'une coopération globale sur les questions concernant toute l'humanité. L'Europe est engagée à poursuivre ses activités dans le domaine spatial. Le développement des nouveaux programmes prévus par l'Agence permettra à l'Europe de contribuer au développement durable de l'humanité.  

M. LAWRENCE FRITZ, Président de la Société internationale de photogrammétrie et la télédétection( ISPRS) : organisation non gouvernementale composée de 167 membres représentant 103 pays et régions, l'ISPRS se consacre au développement de la coopération internationale pour promouvoir la recherche, le développement et l'éducation dans le domaine de la photogrammétrie et de la télédétection, et pour intégrer leurs applications en vue de contribuer au bien-être de l'humanité et à la protection de l'environnement. Chaque observation de la Terre est particulièrement importante pour évaluer les progrès réalisés dans la mise en oeuvre des objectifs définis à Kyoto et à Buenos Aires en matière de changements climatiques. Il serait possible d'améliorer ces travaux d'observation si les gouvernements et les organisations internationales s'acquittaient des engagements pris au niveau multilatéral. L'ISPRS recommande qu'UNISPACE III réaligne les priorités en faveur du développement de la production d'information par satellite, fasse appel aux ONG pour faciliter le dialogue entre les entités publiques et privées, continue à renforcer les capacités nationales et assiste les gouvernements et organisations internationales à mieux comprendre les traités sur l'environnement et à s'acquitter de leurs obligations.