Résolutions de l'Assemblée générale et traités internationaux concernant
les utilisations pacifiques de l'espace extra-atmosphérique
Depuis 1966, cinq traités et cinq séries
de principes juridiques sur les différents aspects de l'exploration et
des utilisations pacifiques de l'espace extra-atmosphérique dans l'intérêt
de l'humanité tout entière ont été élaborés
et adoptés sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies.
Les principes juridiques consacrés dans les cinq traités internationaux
ont confirmé que l'exploration et l'utilisation de l'espace extra-atmosphérique
doivent se faire dans l'intérêt de l'humanité tout entière
et que l'espace est un environnement que les États ne peuvent pas s'approprier
et où la liberté d'exploration est garantie. Ces traités
ont interdit de placer des armes nucléaires dans l'espace, ont défini
les règles régissant la responsabilité en cas de dommages
causés par des objets spatiaux et ont élaboré les principes
à suivre pour garantir la sécurité des engins spatiaux
et des astronautes et pour faciliter le sauvetage des astronautes en cas de
besoin. Ils ont interdit toute ingérence illicite dans les activités
spatiales, les activités pouvant causer une contamination nocive aux
corps célestes et les activités pouvant affecter l'environnement
terrestre. En outre, ils stipulent les règles à suivre en ce qui
concerne le lancement d'engins spatiaux et l'enregistrement d'objets lancés
dans l'espace et réglementent les recherches scientifiques et l'exploitation
des ressources naturelles se trouvant sur la Lune et les autres corps célestes.
Chacun de ces traités insiste beaucoup sur le fait que l'espace extra-atmosphérique,
les activités qui y sont réalisées et les avantages éventuels
pouvant en être tirés doivent tendre à améliorer
le bien-être de tous les pays et de la race humaine en général.
En outre, chacun d'eux comporte des éléments tendant à
promouvoir la coopération internationale à toutes les activités
menées dans l'espace.
Les cinq déclarations et séries de principes juridiques adoptés
par l'Assemblée générale tendent à promouvoir l'application
du droit international et la compréhension entre les peuples. Ils visent
en outre à encourager la diffusion et l'échange d'informations
grâce à l'utilisation de satellites de télévision
directe et à l'échange des données provenant des observations
réalisées par satellite des ressources de la Terre. Ils définissent
les normes générales qui réglementent, afin d'en assurer
la sécurité, les utilisations des sources d'énergie nucléaire
nécessaires à l'exploration et aux utilisations de l'espace.
Les cinq traités :
Le Traité de 1966 sur les principes régissant les activités
des États en matière d'exploration et d'utilisation de l'espace
extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes
(également appelé "Traité sur l'espace") stipule
que l'exploration de l'espace doit se faire dans l'intérêt de tous
les pays, quel que soit leur degré de développement. Il proclame
également l'espace extra-atmosphérique patrimoine commun de l'humanité
tout entière et dispose que cet environnement ne peut pas faire l'objet
d'une appropriation nationale et que tous les États peuvent librement
l'explorer et l'utiliser.
Entrée en vigueur le 10 octobre 1967, 95 ratifications
et 27 signatures (au 1er février 1999).
L'Accord de 1967 sur le sauvetage des astronautes, le retour des astronautes
et la restitution des objets lancés dans l'espace extra-atmosphérique
("Accord sur le sauvetage") a pour but d'aider l'équipage des
engins spatiaux en cas d'accident ou d'atterrissage forcé. Il définit
également la procédure à suivre pour restituer à
l'autorité de lancement tout objet spatial trouvé en dehors de
son ressort territorial.
Entrée en vigueur le 3 décembre 1968, 85 ratifications
et 26 signatures (au 1er février 1999).
La Convention de 1971 sur la responsabilité internationale pour
les dommages causés par des objets spatiaux ("Convention sur la responsabilité")
stipule que les États de lancement sont responsables des dommages causés
par leurs objets spatiaux à la surface de la Terre ou aux aéronefs
en vol et aux objets spatiaux d'un autre État ou aux personnes ou biens
se trouvant à bord desdits objets.
Entrée en vigueur le 1er septembre 1972, 80 ratifications
et 26 signatures (au 1er février 1999).
La Convention de 1974 sur l'immatriculation des objets lancés
dans l'espace extra-atmosphérique ("Convention sur l'immatriculation")
dispose que les États de lancement doivent constituer un registre des
objets spatiaux et fournir des informations spécifiques au sujet de chaque
objet spatial qu'ils ont lancé pour inclusion dans un registre central
tenu par l'Organisation des Nations Unies.
Entrée en vigueur le 15 septembre 1976, 40 ratifications
et 4 signatures (au 1er février 1999).
L'Accord de 1979 régissant les activités des États
sur la Lune et les autres corps célestes ("Accord sur la Lune")
développe en termes plus concrets les principes établis dans le
Traité de 1966 concernant la Lune et les autres corps célestes.
Il définit également le cadre de la réglementation future
de l'exploration et de l'exploitation des ressources naturelles trouvées
sur ces corps célestes.
Entrée en vigueur le 18 décembre 1979, neuf ratifications
et cinq signatures (au 1er février 1999).
Les principes :
La Déclaration des principes juridiques régissant les
activités des États en matière d'exploration et d'utilisation
de l'espace extra-atmosphérique - qui est le précurseur du Traité
sur l'espace - a été adoptée par l'Assemblée
générale en 1963 dans sa résolution 1962 (XVIII)
et définit les éléments fondamentaux du droit international
de l'espace, consacrant notamment le principe selon lequel l'exploration de
l'espace doit se faire dans l'intérêt de tous les pays.
Les Principes régissant l'utilisation par les États de
satellites artificiels de la Terre aux fins de la télévision directe
internationale, adoptés par l'Assemblée en 1982 dans sa résolution 37/92,
compte tenu de ce que cette utilisation a des incidences politiques, économiques,
sociales et culturelles au plan international, stipulent que tout État
qui a l'intention de mettre sur pied un tel service de télévision
directe doit en informer les États qui recevront les programmes diffusés
et ne le faire que sur la base d'accords conclus avec ces derniers.
Les Principes sur la télédétection, adoptés
par l'Assemblée en 1986 dans sa résolution 41/65,
disposent que les activités de télédétection doivent
elles aussi être menées dans l'intérêt de tous les
pays, et respecter dûment la souveraineté de tous les États
et de tous les peuples sur leurs propres ressources naturelles ainsi que les
droits et les intérêts des autres États.
Les Principes relatifs à l'utilisation de sources d'énergie
nucléaire dans l'espace, adoptés en 1992 (résolution 47/68),
tout en reconnaissant que les sources d'énergie nucléaire sont
essentielles à certaines missions, disposent néanmoins que ces
systèmes doivent être conçus de manière à
minimiser les risques d'irradiation du public en cas d'accident.
La Déclaration sur la coopération internationale en matière d'exploration et d'utilisation de l'espace au profit et dans l'intérêt de tous les États, compte tenu en particulier des besoins des pays en développement, adoptée en 1996 (résolution 51/122), enfin, reconnaît l'importance que revêt la coopération internationale pour l'exploration et l'utilisation de l'espace au profit et dans l'intérêt de tous les États, compte tenu en particulier des besoins des pays en développement.