Discours prononcé par son Excellence Monsieur KALZEUBE PAYIMI DEUBET,
Ministre du Commerce de l'Industrie et
de l'Artisanat du Tchad
à la 3e Conférence des Nations
Unies sur les Pays les Moins Avancés
Excellence Messieurs les Chefs d'Etat
et de Gouvernement ;
Excellence, Messieurs les Ministres et
Membres du Gouvernement ;
Excellence, Monsieur le Secrétaire Général
de l'Organisation des Nations Unies ;
Excellence, Monsieur le Secrétaire Général
de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement ;
Excellence, Monsieur le Président de
l'Union Européenne ;
Excellence, Messieurs les Ambassadeurs
et Représentants des Organisations et Institutions internationales ;
Excellence, Monsieur le Président du
Bureau de la Conférence ; Excellence, Mesdames et Messieurs.
Après Paris en 1981 et 1990, nous voilà
réunis une nouvelle fois encore à Bruxelles au siège de la première puissance
commerciale du monde pour évaluer les résultats du Programme d'Action des années
90, examiner la mise en oeuvre des mesures internationales d'appui, notamment
dans le domaine de l'aide publique au développement (APD), de la dette, des
investissements et des échanges et enfin, pour examiner la possibilité
d'adapter, aux niveaux national et international, des programmes appropriés en
vue du développement durable des PMA et leur intégration progressive à l'économie
mondiale.
Excellence, Mesdames Messieurs
Si la croissance de la production constitue
un élément essentiel de la stratégie de lutte contre la marginalisation économique
et sociale des Pays les Moins Avancés, les résultats obtenus par nombre de ces économies
pendant la décennie écoulée laissent clairement apparaître que sur les 49 PMA
recensés aujourd'hui, un seul atteindra le seuil de 900 dollars US par
habitant, contre 24522 dollars pour les pays développés avant la fin 2015 et 8
seulement se hisseront à ce niveau au cours des 50 prochaines années.
C'est dire que prises globalement, les mesures d'appui
prescrites par le Programme d'action des années 90 ont été insuffisantes pour
conduire au développement durable de ces pays et à leur intégration progressive
à l'économie mondiale.
Dans la plupart des PMA et dans mon pays en particulier,
la situation financière et économique reste marquée par des goulots d'étranglements
tels que la faiblesse du taux d'investissement, le poids croissant du service
de la dette et l' érosion constante du niveau de vie de la population.
Cette situation que vient exacerber la pandémie du SIDA,
interpelle les Gouvernements, premiers responsables de la définition et de la
conduite des politiques économiques, la société civile et le secteur privé. Mais
elle invite également la communauté internationale à plus d'efforts pour
soutenir efficacement les politiques menées par les PMA pour la promotion de la
bonne gouvernance, le renforcement des capacités de gestion, le renforcement
des capacités de production en harmonie avec les exigences de la
mondialisation, le renforcement du rôle du commerce dans le développement, la réduction
de la vulnérabilité et la protection de l'environnement.
Excellence, Mesdames, Messieurs
Pour parvenir à ces objectifs, seul un dialogue
permanent, un partenariat revigoré, une coopération régionale, du bon sens qui
engage réciproquement toutes les parties impliquées peuvent aider à lever les défis
précités.
Pour cela, il apparaît nécessaire de mettre en place des
mécanismes performants de suivi et d'évaluation de la thérapeutique prescrite
pour déceler les éventuels dérapages et anticiper les nécessaires ajustements à
opérer en cours d'exécution du programme.
Le dialogue est également nécessaire pour mobiliser les
ressources requises pour le financement du Programme d'Action.
Mon pays, les PMA, ont besoin de ressources
additionnelles au titre d'une APD de qualité pour combattre encore plus
vigoureusement la pauvreté qui y sévit avec son cortège de maladies et
d'analphabétisme.
Mon pays, les PMA, n'en peuvent plus du poids toujours
plus insupportable de la dette dont le mécanisme de traitement actuel devrait
aller au-delà de l'initiative PPTE renforcée, pour envisager son annulation
pure et simple.
Mon pays, les PMA, ont besoin de renforcer leurs capacités
de mobilisation des ressources financières additionnelles par un plus grand accès
aux marchés des pays développés.
Mon pays, les PMA, offrent de véritables potentiels
d'investissements rentables et souhaitent avec le concours de tous accroître la
part de ces investissements au cours de la prochaine décennie.
Excellence, Mesdames, Messieurs
Comme vous voyez, nos besoins sont là, immenses, mais
tout de même bien ciblés.
Notre responsabilité nous engage à entreprendre
l'ensemble des réformes contenues dans le programme d'action du Tchad en
liaison avec les mesures de réformes énoncées dans le document international
que la présente conférence va adopter.
Notre responsabilité nous engage également à développer
et à renforcer le dialogue avec la communauté internationale pour établir ce «modus
vivendi » qui renforce la conviction de chacun que la seule voie de salut pour
tous réside dans le partenariat, c'est à dire, dans l'effort commun pour gérer
et aplanir les paroxysmes du développement, car le développement qu'il soit
durable ou autocentré, reste toujours marqué du sceau des inégalités.
Je vous remercie