Discours prononcé par son Excellence Monsieur KALZEUBE PAYIMI DEUBET,

Ministre du Commerce de l'Industrie et de l'Artisanat du Tchad

à la 3e Conférence des Nations Unies sur les Pays les Moins Avancés

 

BRUXELLES 14 - 20 mai 2001

 

Excellence Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement ;

 

Excellence, Messieurs les Ministres et Membres du Gouvernement ;

 

Excellence, Monsieur le Secrétaire Général de l'Organisation des Nations Unies ;

Excellence, Monsieur le Secrétaire Général de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement ;

Excellence, Monsieur le Président de l'Union Européenne ;

 

Excellence, Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Organisations et Institutions internationales ;

Excellence, Monsieur le Président du Bureau de la Conférence ; Excellence, Mesdames et Messieurs.

 

Après Paris en 1981 et 1990, nous voilà réunis une nouvelle fois encore à Bruxelles au siège de la première puissance commerciale du monde pour évaluer les résultats du Programme d'Action des années 90, examiner la mise en oeuvre des mesures internationales d'appui, notamment dans le domaine de l'aide publique au développement (APD), de la dette, des investissements et des échanges et enfin, pour examiner la possibilité d'adapter, aux niveaux national et international, des programmes appropriés en vue du développement durable des PMA et leur intégration progressive à l'économie mondiale.

 

Excellence, Mesdames Messieurs

Si la croissance de la production constitue un élément essentiel de la stratégie de lutte contre la marginalisation économique et sociale des Pays les Moins Avancés, les résultats obtenus par nombre de ces économies pendant la décennie écoulée laissent clairement apparaître que sur les 49 PMA recensés aujourd'hui, un seul atteindra le seuil de 900 dollars US par habitant, contre 24522 dollars pour les pays développés avant la fin 2015 et 8 seulement se hisseront à ce niveau au cours des 50 prochaines années.

C'est dire que prises globalement, les mesures d'appui prescrites par le Programme d'action des années 90 ont été insuffisantes pour conduire au développement durable de ces pays et à leur intégration progressive à l'économie mondiale.

Dans la plupart des PMA et dans mon pays en particulier, la situation financière et économique reste marquée par des goulots d'étranglements tels que la faiblesse du taux d'investissement, le poids croissant du service de la dette et l' érosion constante du niveau de vie de la population.

Cette situation que vient exacerber la pandémie du SIDA, interpelle les Gouvernements, premiers responsables de la définition et de la conduite des politiques économiques, la société civile et le secteur privé. Mais elle invite également la communauté internationale à plus d'efforts pour soutenir efficacement les politiques menées par les PMA pour la promotion de la bonne gouvernance, le renforcement des capacités de gestion, le renforcement des capacités de production en harmonie avec les exigences de la mondialisation, le renforcement du rôle du commerce dans le développement, la réduction de la vulnérabilité et la protection de l'environnement.

Excellence, Mesdames, Messieurs

Pour parvenir à ces objectifs, seul un dialogue permanent, un partenariat revigoré, une coopération régionale, du bon sens qui engage réciproquement toutes les parties impliquées peuvent aider à lever les défis précités.

Pour cela, il apparaît nécessaire de mettre en place des mécanismes performants de suivi et d'évaluation de la thérapeutique prescrite pour déceler les éventuels dérapages et anticiper les nécessaires ajustements à opérer en cours d'exécution du programme.

Le dialogue est également nécessaire pour mobiliser les ressources requises pour le financement du Programme d'Action.

Mon pays, les PMA, ont besoin de ressources additionnelles au titre d'une APD de qualité pour combattre encore plus vigoureusement la pauvreté qui y sévit avec son cortège de maladies et d'analphabétisme.

Mon pays, les PMA, n'en peuvent plus du poids toujours plus insupportable de la dette dont le mécanisme de traitement actuel devrait aller au-delà de l'initiative PPTE renforcée, pour envisager son annulation pure et simple.

Mon pays, les PMA, ont besoin de renforcer leurs capacités de mobilisation des ressources financières additionnelles par un plus grand accès aux marchés des pays développés.

Mon pays, les PMA, offrent de véritables potentiels d'investissements rentables et souhaitent avec le concours de tous accroître la part de ces investissements au cours de la prochaine décennie.

 

Excellence, Mesdames, Messieurs

Comme vous voyez, nos besoins sont là, immenses, mais tout de même bien ciblés.

Notre responsabilité nous engage à entreprendre l'ensemble des réformes contenues dans le programme d'action du Tchad en liaison avec les mesures de réformes énoncées dans le document international que la présente conférence va adopter.

Notre responsabilité nous engage également à développer et à renforcer le dialogue avec la communauté internationale pour établir ce «modus vivendi » qui renforce la conviction de chacun que la seule voie de salut pour tous réside dans le partenariat, c'est à dire, dans l'effort commun pour gérer et aplanir les paroxysmes du développement, car le développement qu'il soit durable ou autocentré, reste toujours marqué du sceau des inégalités.

Je vous remercie