Intervention orale
de Me. Huguette Akplogan-Dossa
Social Alert
International
IIIe Conférence des
Nations Unies sur les Pays les Moins Avancés (PMA)
17
mai 2001
Excellences, délégués à la Conférence
Mr Le Président
Mesdames, messieurs
Il y a dix ans, les chefs des Etats
membres des Nations Unies négociaient à Paris un second programme d'action pour
résoudre les graves problèmes de pauvreté et de marginalisation des pays les
moins avancés, les exclus parmi les exclus, les oubliés du progrès.
Aujourd'hui, le constat est amer. La plupart des engagements pris n'ont pas
souvent été respectés. Les résultats sont même éloignés des objectifs fixés.
Les PMA sont de plus en plus écartés des autres groupes de pays et plus de 450
millions de personnes y vivent dans une pauvreté quasi absolue. Malgré son
énorme potentiel, la mondialisation est porteuse d'une exclusion sans précédent
à l’origine de violations flagrantes des droits économiques, sociaux et
culturels.
L'avenir semble assez sombre. Nous sommes
toutefois venus ici avec la profonde conviction qu'un autre monde est possible,
un monde juste et pleinement respectueux de la dignité et des droits humains.
Tout dépend d'une ferme volonté politique
pour aborder des solutions concrètes et immédiates aux problèmes de fond. La
remise de la dette des PMA est une condition essentielle. L'aide publique au
développement doit être déliée et doit respecter les objectifs fixés. La
mobilisation de fonds privés doit être considérée comme stratégie supplémentaire
à la croissance de l'APD, notamment au travers de l'imposition d'une taxe sur
les transactions financières internationales destinée à des fins de
développement. L'accès aux marchés du Nord doit finalement prévoir un
traitement préférentiel pour les PMA.
Social Alert est convaincu du rôle
central de l'Etat pour un accès de tous et toutes à des services essentiels.
Les biens publics ne peuvent être réglementés par les forces du marché. Mais
bien entendu, le développement des PMA dépend aussi d'une bonne gouvernance,
transparente, participative et responsable.
L'accès à un emploi respectueux de la
Déclaration des droits et principes fondamentaux de l'OIT, socle minimal pour
les droits sociaux, est aussi une condition essentielle. La réponse est à la
portée de la main: développement de secteurs intensifs en main d'œuvre,
dialogue social -en l'incluant au sein des programmes de réduction de la
pauvreté-, formation et défense des secteurs les plus vulnérables de
travailleurs (femmes, jeunes, travailleurs agricoles, personnes affectées par
le SIDA, etc.), entre autres.
Nous espérons des résultats concrets de
cette IIIe Conférence sur les PMA et resterons attentifs au suivi du processus.
A ce titre, nous insistons pour que la société civile soit dûment prise en
compte.
Monsieur le Président, un autre monde est
vraiment possible. Nous sommes venus ici dans l'attente de réponses à nos
demandes, de réponses aux espoirs de milliers de personnes dont la vie ou la
survie est probablement à la merci de cette Conférence ¡