ALLOCUTION DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL À L’OCCASION DE
LA CÉRÉMONIE D’OUVERTURE DE LA TROISIÈME CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES
SUR LES PAYS LES MOINS AVANCÉS
Sire,
Excellences,
Chers amis,
Nous sommes réunis aujourd’hui pour nous pencher sur les problèmes de 49
pays, dans lesquels vit un dixième de la population mondiale.
Ces gens vivent dans des conditions bien différentes de celles que nous
observons autour de nous, dans la ville siège de l’Union européenne, dont nous
sommes les hôtes.
Pour bon nombre d’entre eux, la vie n’est qu’une lutte
perpétuelle : faim, malnutrition,
eau contaminée, maladies infectieuses, ignorance, oppression, conflits armés…
Ils n’ont pas choisi de vivre ainsi, et personne n’a intérêt à ce qu’ils
continuent à le faire.
Ils n’ont aucune envie de demander la charité. Comme tout le monde, ils
veulent simplement qu’on leur laisse une chance de gagner leur vie et de
subvenir aux besoins de leur famille.
Nous sommes ici pour trouver les moyens de leur donner cette chance.
Ils veulent simplement prendre leur place sur les marchés mondiaux, en tant
que consommateurs comme en tant que producteurs.
Il est dans l’intérêt de tous qu’ils trouvent cette place. Sans aide, ils
n’y parviendront pas.
Nous sommes ici pour déterminer comment les aider et pour faire en sorte
qu’ils reçoivent le type de soutien qui leur sera le plus utile.
Nous sommes ici pour instaurer de nouveaux partenariats, à la faveur
desquels l’aide au développement sera plus généreuse et plus efficace.
Nous sommes ici pour convaincre nos futurs partenaires que le jeu en vaut
la chandelle.
C’est la troisième conférence sur les pays les moins avancés à se tenir en
l’espace de 20 ans. En 20 ans, au lieu de se raccourcir, la liste des PMA s’est
allongée. L’ironie du sort veut que le Botswana, le seul pays qui soit parvenu
à se hisser hors de la catégorie, voit maintenant son avenir assombri par le
VIH/sida. C’est le pays où le taux de
contamination est le plus élevé.
Cette conférence doit être différente de celles qui l’ont précédée. Et elle
l’est. On a veillé à ne négliger aucune source d’inspiration, à faire en sorte
que des gens qui ont des rôles et des points de vues différents se rencontrent
et s’écoutent les uns les autres.
Par ailleurs, il est prévu qu’elle débouche sur un accord, non seulement
sur les objectifs à atteindre mais sur les mécanismes qui doivent permettre de
les réaliser et de mesurer les progrès accomplis.
Il ne faudrait pas que ces minutieux préparatifs aient été en vain. Il ne
faudrait pas manquer aux 6 cent millions de déshérités pour qui cette
conférence est peut-être la dernière chance d’avoir une vie meilleure.
Je vous remercie.