Discours de S.E.M. Abderahman CHALGHAM, Secrétaire du Comité Populaire Général pour les Liaisons Extérieures et la Coopération Internationale de la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste

Lors de la Troisième Conférence Internationale des Nations Unies pour les Pays les moins avancés

Bruxelles, le 15/05/2001

 

Au nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux,


Monsieur le Président,


C'est la 3eme Conférence sur les PMA qu'organise l'ONU. Mon Pays a participé aux deux premières pendant les vingt dernières années et nous sommes heureux de participer à celle-ci pour souligner notre solidarité avec les PMA ainsi que notre adhésion aux objectifs et principes de la Charte de l'ONU visant à développer la coopération internationale pour traiter les problèmes économiques, sociaux et culturels et pour mettre en pratique les principes figurant dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme tel que le droit de chaque personne à un niveau de vie permettant de sauvegarder sa santé et son bien-être ainsi que ceux de sa famille.


Monsieur le Président,


Cette conférence se tient après deux décennies de la tenue de la Première conférence sur les PMA et dix ans après l'adoption du programme d'action des années 90 pour les PMA. Ce programme avait plusieurs objectifs parmi lesquels la création d'un cadre global de politiques macro-économiques permettant le développement des PMA pour le long terme. Le plan visait aussi le développement des ressources humaines et de l'infrastructure économique. Des mesures ont été prises pour l'application du programme à l'échelon national, régional et international. Les PMA de leur côté ont mis en place des structures les aidant à mettre en oeuvre le plan. Malheureusement, l'analyse objective prouve que les PMA n'ont pas été en mesure de réaliser les objectifs escomptés dans les domaines économiques et sociaux. Les millions de citoyens de ces pays souffrent de la pauvreté, de la faim, des maladies endémiques et de modes de vie qui ne laissent aucune place au travail, à l'éducation ni au logement adéquat.

Monsieur le Président,

L'aggravation de la situation économique et sociale dans les PMA est due à plusieurs facteurs. Il y ales mesures protectionnistes imposées à leurs exportations, la diminution de l'aide financière et technique qui leur est accordée en plus des nouveaux défis qui leurs sont imposés par ce qu'on appelle la Mondialisation. Cette situation des PMA nécessite que la Communauté Internationale redouble d'efforts et qu'elle consacre ses forces au soutien des PMA dans leur lutte contre la pauvreté, la faim et les maladies. II s'agit là d'une responsabilité éthique et humanitaire. Nous vivons dans un monde unique. II serait imaginable que les Pays en développement se noient et que les autres y échappent.

Monsieur le Président,

En passant en revue les causes des difficultés rencontrées par les PMA dans les domaines politiques, économiques et sociaux, il faut reconnaître que le pillage des richesses et l'exploitation des ressources humaines et matérielles des pays du Tiers Monde pendant des siècles sont certainement un facteur principal dans ce qui prévaut dans les PMA. II s'agit là d'une vérité historique indéniable obligeant les Etats responsables de ces pratiques de se faire pardonner en faisant amende honorable pour les fautes commises qui ont causé leur retard et leur sous-développement. Il faudrait présenter des excuses et les indemniser pour le tort subi et faire preuve de volonté politique et de coopération réelle pour trouver des
solutions appropriées permettant d'enrayer le sous-développement dont souffrent PMA. Cette Conférence est le cadre idéal pour oeuvrer dans ce sens.

Monsieur le Président,

Nous sommes tous d'accord pour dire que le développement des PMA relève de la responsabilité des citoyens de ces pays. Malgré la conjoncture internationale défavorable et ses répercussions, force est de constater que les peuples de ces pays ont fait de leur mieux pour utiliser les possibilités offertes pour réaliser un développement réel et durable. Alors que nous nous nous réunissons ici, dans le but
de mettre en place les moyens susceptibles de sortir tous les pays du monde de la liste des PMA et vu l'importance de la mission, il est important en pratique ce sur quoi nous nous mettons d'accord. II est inacceptable de faire de la figuration ou de montrer sa compassion pour ce que nous appelons les PMA.
Dans ces Pays où il n'y a pas assez à manger, où il n'y a pas où loger, où il est dur de se faire soigner, où le chômage endémique est galopant, et où le niveau de l'enseignement est en chute libre, les bons sentiments et les vœux sincères ne suffisent pas.


Monsieur le Président,


Dans le programme d'action présenté à cette conférence, il y a plusieurs chapitres consacrés à l'amélioration de la situation dans les PMA pendant cette décennie. En plus des engagements que nous allons prendre, nous aurons besoins de volonté authentique dans le respect mutuel. Ce sont là les facteurs principaux qui vont contribuer à la mise en oeuvre du programme d'action. Nous en Jamahiriya, sommes persuadés que l'application des engagements pour accélérer le développement des PMA verra le jour lorsque certains mettront fin à leurs tentatives d'imposer des modèles et des concepts donnés en matière de gestion économique et de gouvernance. Nous croyons que la réduction de moitié de la pauvreté avant 2001 est un objectif irréalisable tant que les engagements pris en matière d'aide au développement ne sont pas respectés. Un soutien doit être accordé aux programmes de sécurité alimentaire.


Dans ce contexte il faudrait résoudre le problème de la rareté de l'eau, celui de la fertilité des sols, celui de la diversification des sources d'eau y compris le dessalage de l'eau de mer, celui de l'élimination des parasites et des fléaux agricoles, les problèmes de l'eau devant avoir la priorité. Pour ce qui est du développement durable dans les PMA, les institutions financières internationales devraient s'abstenir d'imposer leurs conditions draconiennes et injustes lors de l'octroi des prêts et des aides au développement. Les pays développés devraient s'abstenir d'ériger des obstacles devant les exportations des PMA. Dans ce cadre, il faudrait annuler toutes les lois et mesures économiques arbitraires unilatérales imposées aux PMA.


Monsieur le Président,


La plus grande richesse des PMA réside dans leurs hommes, leurs femmes et leurs enfants et partant de cela, il faudrait savoir que l'élément moteur dans le succès du programme d'action qui nous est présenté est le développement. Pour développer ce potentiel humain, il faudrait trouver une solution radicale au problème de la dette extérieure des PMA et il faudrait lutter contre les maladies dont souffrent des millions de leurs citoyens. Pour réaliser un véritable progrès dans ce domaine, il faudrait fournir des médicaments aux malades, le médicament ne devrait pas être source de profits pour les sociétés pharmaceutiques surtout dans des cas comme le SIDA. Dans ce contexte, il faut souligner que les ressources financières disponibles pour la lutte contre les maladies mortelles sont faibles à comparer avec les milliards de dollars dépensés par certains Pays développés sur les armes de destruction massives ou avec les dépenses sur les parfums et les aliments pour chiens dans les pays riches.


Monsieur le Président,

Même si la Jamahiriya Arabe Libyenne a besoin de toutes ses ressources pour réaliser un niveau de développement suffisant pour son peuple, elle a accordé depuis la Révolution du
ter septembre 1969 une aide substantielle aux pays en développement en général et aux PMA en particulier sous forme de dons et de secteurs divers tel que la pêche, le transport, la menuiserie. Ces institutions ont réalisé plusieurs projets notamment dans les pays africains. Ainsi et à titre d'exemple l'achèvement de l'installation de 70 stations d'essence d'un nombre total de 134 stations. Le restant sera achevé dans le courant des trois années à venir.
Durant la période allant de maintenant jusqu'à 2003, une raffinerie de pétrole sera construite en république de Guinée, dont le coût est de 200 millions de dollars, afin de couvrir les besoins en carburant d'un certain pays dans la région de l'Ouest de l'Afrique. De même deux aéroports seront construits au Niger ainsi que le forage de 13 puits d'eau.
Au Tchad, cent hectares de terre seront mis en valeur pour l'agriculture, ainsi que la, construction d'une centrale pour la production de l'électricité et l'asphaltage d'un certain nombre de routes.
En outre, une cimenterie sera construite au Mali et un projet de connexion électrique et de transport d'eau en République Démocratique du Congo. Au Burkina-Faso, plusieurs routes y seront connectées.
La Libye a financé un projet agricole en Gambie d'un montant de 11 millions de dollars. En outre, elle participe avec un pourcentage allant de 65 à 85% dans sept banques crées dans des pays africains. Elle participe aussi au projet du satellite africain avec un montant de 265 millions de dollars.


Monsieur le Président,


Comme nous sommes persuadés qu'il n'y a pas de développement durable sans l'éradication de toutes les maladies, nous avons lancé, lors de la Conférence du G77 tenue à La Havane l'an passé, le programme Sud-Sud pour les soins de santé que nous allons mettre en oeuvre avec certains pays du G77.

Pour lutter contre le SIDA qui menace gravement des millions d'Africains, le Frère Muammar KHADHAFI, Guide de la révolution a annoncé lors du Sommet Africain d'Abuja pour la lutte contre le SIDA, la création d'un Centre Africain de Recherches pour lutter contre les maladies transmissibles. Le Guide a déclaré que nous allons financer en grande partie le Centre avec l'assistance des pays Africains frères et des organisations humanitaires. Après avoir exposé très succinctement ce que nous avons fait en Afrique où il y ales 2/3 des PMA, nous aimerions vous informer que nous n'avons pas consenti ces efforts par compassion mais bel et bien par responsabilité envers les frères africains. C'est notre politique et c'est le chemin que nous allons emprunter sans hésitation et en toute connaissance de cause.


Monsieur le Président,


L'instauration de la Paix, la Sécurité et la Stabilité sont indispensable afin de réaliser le développement économique et social.
Partant de ce principe, mon Pays a déployé des efforts inlassables pour mettre fin aux différends entre Pays africains. Ces efforts ont été couronnés de succès dans la plupart des cas. La réconciliation nationale a permis de consacrer les énergies au développement et à la production. Et comme en Jamahiriya, nous croyons que l'intégration constitue un moyen pour enrayer le sous-développement, mon Pays a eu l'honneur de lancer l'initiative relative à la création de la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens afin de mettre en commun nos potentialités dans le but de mettre en place un plan de développement intégré susceptible de garantir le progrès et la prospérité à tous les ressortissants de la Communauté. Nous continuons à oeuvrer à la création d'un Espace Africain englobant tous les Pays Africains et lors du
2eme Sommet de Syrte qui s'est tenu en mars dernier, l'Union Africaine a été établie dans le but de renforcer notre développement durable à tous afin d'améliorer le niveau de vie des Africains et d'éradiquer les fléaux et les maladies pour que tous les habitants du Continent jouissent d'une bonne santé.

Monsieur le Président,

En mon nom et au nom de ma Délégation, j'exprime l'admiration que nous éprouvons à votre égard et à la manière de laquelle vous dirigez les travaux.

Pour conclure, je remercie le Gouvernement et le peuple Belges et l'Union Européenne d'avoir abrité notre Conférence et d'avoir crée les conditions propices à son succès.

Merci Monsieur le Président.