TROISIEME
CONFERENCE DES NATIONS UNIES SUR LES PAYS LES MOINS AVANCES BRUXELLES 14-20 MAI
2001
INTERVENTION DE L'HONORABLE SENATEUR DESRAS SIMON
DIEUSEUL DE
LA REPUBLIQUE D'HAITI DANS LE CADRE DE LA SESSIOIN
THEMATIQUE
“ HIGH LEVEL PARLIAMENTARIANS
ROUND TABLE”
(Seul le
texte prononce fait foi)
Honorables Collègues Parlementaires,
Excellence, Mesdames, Messieurs,
Permettez-moi d'abord d'associer ma voix à celles des orateurs qui m'ont
précédé afin de saluer l'initiative d'organiser cette table ronde de Haut
niveau pour les parlementaires dans le cadre de la 3e` Conférence des
Nations-Unies sur les Pays les Moins Avancés (PMA).
Ce Sommet revêt une importance capitale, parce qu'en tant
que législateurs, nous serons appelés à approuver les plans d'action de cette
conférence lorsque nous aurons à ratifier les accords signés entre les
gouvernements.
Mesdames, Messieurs,
Dans 3 ans, Haïti célébrera l'éclosion d'une ère nouvelle
qui marquera le bicentenaire de son indépendance ; notre plus grand souhait et
certainement celui de nos chers collègues, c'est qu'Haïti se démet entièrement
du titre «le pays le plus pauvre » de la grande Amérique.
200 ans d'indépendance, 200 ans lorsqu'Adam SMITH
cherchait à systématiser ses idées sur le développement économique en
choisissant comme titre de son étude « la richesse des nations ». Aujourd'hui,
si nous explorions la même théorie, il serait plus adéquat d'y inclure une
référence à la pauvreté, aussi bien qu'à la richesse. Pour nous autres, si la
question ouvrière a été le scandale d'hier, le problème de la pauvreté, c'est
encore un scandale aujourd'hui. Car si la pauvreté a été vaincue à l'intérieur
des pays industrialisés, elle peut l'être au niveau des PMA et, c'est une
obligation morale de solidarité humaine à laquelle nous devons tous souscrire
autour de cette table, au siège du parlement européen, en présence de toutes
les nations.
Assumons ensemble ce devoir d'humanité qui veut que les
PMA soient des acteurs et non des sujets de la mondialisation.
Espérons entre autre que la Banque Mondiale et les autres
agences de financement au terme de cette conférence, vont agir de manière urgente,
réaliste et pragmatique en finançant les projets et dépenses sociaux des PMA
sous forme de dons, ceci pour éviter la reprise de l'endettement.
Le peuple d'Haïti revendique une mondialisation de la
solidarité sans ostracisme, sans exclusion ; toute la solidarité internationale
autour des efforts de S.E., Jean Bertrand ARISTIDE, le président de la
République d'Haïti et son gouvernement. Car, préoccupés, par cette situation de
pauvreté absolue qui porte atteinte quotidiennement à la dignité humaine, ils
font de l'éradication de la pauvreté, conformément aux prescrits de l'Accord de
Cotonou. L'objectif premier du programme économique et social de «fanmi LAVALAS
». L'organisation politique au pouvoir en Haïti.
Aussi, en vue de faciliter l'élaboration d'un cadre
stratégique de lutte contre la pauvreté, déjà le gouvernement pense intégrer un
chapitre relatif au commerce visant à promouvoir un développement durable axé
sur le renforcement des capacités commerciales et à accroître le niveau de
compétitivité du pays.
Cependant pour une population de près de 8 millions
d'habitants ou seulement 4% possèdent 65% des ressources de tout le pays, nous
déplorons le fait que d'après le FMI, Haïti n'est pas éligible pour
l'initiative de l'annulation de la dette. Quoi qu'il en soit, il serait
judicieux et impératif qu'au moins un moratoire soit accordé à Haïti pour que
le service de la dette soit investi directement dans le renforcement des
capacités de production et d'échange en attendant une reconsidération de la Banque
Mondiale, du cas d'Haïti, devant aboutir à l'annulation pure et simple de sa
dette en tant que PMA à part entière.
Mesdames,
Messieurs,
C'est avec beaucoup d'espoir et de crainte d'un lendemain
incertain que j'adresse la parole aux honorables membres de cette conférence et
particulièrement à mes chers collègues.
Ma satisfaction est d'autant plus grande que cette
Conférence débouche sur des propositions concrètes de sortie de crise pour les
PMA dans la perspective d'une approche de développement basée sur les droits
humains, l'annulation de la dette, la mobilisation des ressources pour le
développement durable, la bonne gestion des affaires publiques, l'intégration
des PMA aux activités de commerce tout en brisant les barrières à l'entrée.
Haïti confronte de sérieuses difficultés tant politiques,
économiques que sociales. En effet de 1986 à nos jours, ce pays qu'on appelait
la perle des Antilles, a connu des troubles si graves qu'il faudrait beaucoup
d'investissements afin de rattraper le retard et de combler les déficits
accumulés.
Notre tâche aujourd'hui en tant que parlementaires,
consiste essentiellement à mettre tout en oeuvre dans nos périmètres de pouvoir
afin que l'élan de solidarité tant souhaité puisse voir le jour.
I1 ne fait pas de doute que le gouvernement actuel est animé de bonnes
volontés en vue de sortir le pays de cette impasse. D'un autre côté, il ne peut
pas se concentrer seulement sur la résolution de la crise interne alors qu'à
grands pas arrive le phénomène de la mondialisation avec ses avantages et ses
inconvénients. Il convient pour nous trouver un modus operandi non seulement
pour Haïti, mais pour tous les PMA afin qu'on puisse minimiser les effets
négatifs de la mondialisation.
IL revient aux honorables collègues parlementaires de
former un faisceau convergent, d'unir nos forces, de travailler à palier nos
faiblesses et à faciliter le processus d'intégration des PMA en travaillant
étroitement avec les pays industrialisés et les bailleurs de fonds
internationaux.
Nous sommes actuellement dans l'ère du savoir or la
majorité des PMA a un taux très élevé de leur population qui est
sous-scolarisé. Dans de telles conditions, on peut imaginer que la
mondialisation contribuera à accroître le fossé entre les Riches et les
pauvres, entre le Nord et le Sud.
Toutefois, la mondialisation étant un processus
inévitable, il serait nécessaire d'établir les règles précises en vue de
protéger les plus pauvres pour qu'ils cessent d'être seulement des slogans ou
des sujets.
Une fois ces règles établies, il conviendra de prendre
des dispositions nécessaires afin de concrétiser les bienfaits tant souhaités
par et pour tout le monde.
C'est dans cette optique que je pense qu'il est de notre
devoir, en tant que parlementaires qui sont appelés à légiférer sur les
questions qu'engendreront la mondialisation et l'intégration, d'agir en
concertation avec les instances concernées afin de permettre à nos pays
respectifs et l'ensemble des PMA d'intégrer la nouvelle économie de la façon la
plus efficace qui soit si vraiment l'objectif de la mondialisation est
d'assurer un meilleur niveau de vie et une meilleure distribution de la
richesse mondiale.
Pour vos
attentions soutenues, je vous remercie.