DÉCLARATION DE LA DELEGATION DE LA GUINÉE-BISSAU A L'OCCASION DE LA 3eme CONFÉRENCE DES PMA

Bruxelles, le 19 mai 2001

(Seul le texte prononcé fait foi)

Honorables Participants à la Conférence des PMA,

Mesdames, Messieurs,

C'est avec un immense plaisir que le Gouvernement de la Guinée-Bissau participe à cette Conférence des Nations Unies sur les PMA, dont la dimension et l'importance pour la vie et l'avenir de nos peuples et pays, est reconnue par tous les participants ici présents.

Cette Conférence se déroule à un moment crucial dans la mesure où plus de 600 millions de personnes des 49 PMA, vivent dans une marginalisation croissante après une décennie, malgré le Plan d'action de Paris.

Le Plan d'action de Paris a apporté un grand espoir à nos pays, définissant des objectifs importants qui devraient guider les actions de nos gouvernements ainsi que de nos partenaires de développement.

Malheureusement, on a constaté que les objectifs définis, notamment la création d'une ambiance favorable et d'une base pour un développement économique soutenable qui contribueraient à l'éradication de la pauvreté, l'augmentation de l'aide publique pour le développement et le renforcement de l'accès aux marchés internationaux de nos exportations, n'ont pas abouti et le niveau de la pauvreté a augmenté dans nos pays.

Sans vouloir sous-estimer la Contribution des facteurs internes, notamment le faible niveau des infrastructures économiques, nous savons tous que la contribution des facteurs externes a été déterminant pour les résultats obtenus par nos pays pendant cette période.

Mesdames, Messieurs,

Avec un produit interne brut per capita de 230 USD (1992-97), inférieur à la moyenne des pays de l'Afrique Subsaharienne (510 USD), un taux d'analphabétisme de 63% dont 88% de la population du pays vit avec moins d'un dollar par jour, la Guinée-Bissau se situe parmi les pays les plus pauvres du monde. Dans le Rapport de Développement Humain du Programme des Nations Unies de l'année 2000, la Guinée-Bissau figure comme le 169eme pays ayant un indice de développement humain au-dessous de la moyenne africaine, fait qui prouve que le Programme d'action de Paris n'a pas contribué à créer les conditions de base pour le développement durable de notre pays ainsi que la réduction de la pauvreté.

Par ailleurs, sur le plan économique, l'évolution globale de l'économie évaluée selon le PIB pendant 1990/1999 a été trop variable et faible, à savoir, un taux minimal de - 28% en 1998 pour un taux maximal de7.5% en 1999.

Au plan social, malgré une amélioration relative dans les années 90, on constate que les indicateurs sociaux de la Guinée-Bissau se situent en deçà de la moyenne des pays africains en général.

En plus de la réduction significative des niveaux d'aide extérieure à la Guinée-Bissau, qui n'a pas dépassé une moyenne de 40 millions de dollars par an dans les années 90, le conflit politico-militaire survenu en 1998 a réduit considérablement le taux moyen de croissance ainsi que les revenus per capita.

Cette tendance à la réduction de l'aide extérieure, dans toutes ses composantes est le reflet, entre autres, le renforcement des conditionnalités liées au décaissement des fonds. Voilà pourquoi ma délégation joint sa voix à celle des PMA pour solliciter de ce forum, une augmentation du volume d'aide publique au développement mais aussi une diminution des restrictions.

Mesdames, Messieurs,

 

Le Plan d'action des PMA pour la décennie de 2001/2010 qui doit être adopté à la fin de notre conférence, constituera un instrument privilégié qui guidera à l'avenir, nos relations de coopération avec nos partenaires du développement. A l'instar de bon nombre de pays et d'organisations internationales qui ont participé aux réunions préparatoires de cette Conférence; , la Guinée-Bissau considère que ce Plan d'action représente effectivement un nouvel espoir pour nos pays et peuples respectifs. En effet, au-delà de la lutte contre la pauvreté comme principal objectif, le Plan d'action Global vise des compromis et actions importants dont la mise en oeuvre effective par nos pays et par nos partenaires va contribuer à améliorer les conditions de vie de nos populations.

Pour l'accomplissement des objectifs extrêmement ambitieux mais réalisables si bien définis par le Plan d'action, qui ne saurait devenir un vœu pieux, il est nécessaire que nos partenaires s'engagent plus fermement, ce qui doit se traduire par l'augmentation de l'aide publique au développement, l'annulation de la dette externe de nos pays et par l'augmentation de l'accès de nos produits aux marchés internationaux.

L’éradication de la pauvreté en Guinée-Bissau devra nécessairement passer par la mise en oeuvre d'une politique économique et financière qui garantisse la stabilité et la promotion de la croissance, a travers la mise en valeur des potentialités existantes dans différents secteurs de l'économie nationale, notamment la formation des ressources humaines et la promotion d'une croissance rapide.

Malgré les efforts de notre pays en matière de diversification des exportations, la Guinée-Bissau reste dépendante de la noix de cajou dont le prix au marché international, subit constamment des fluctuations.

Mesdames, Messieurs,

La question de la bonne gouvernance est un facteur déterminant pour l'évolution politique, économique et sociale de notre pays dans les dix prochaines années. Elle s'impose comme une condition primordiale en vue d'atteindre les objectifs proposés par notre pays, pour permettre une ambiance favorable à  la mise en oeuvre des reformes et actions de développement prévues. Notre gouvernement est conscient que l'évolution favorable des aides publiques au développement dépend essentiellement d'une bonne gestion, de la paix et stabilité politique.

Après le récent conflit politico-militaire qui a causé des pertes en vies humaines par milliers de personnes et affecté profondément le tissu économique et social, la Guinée-Bissau a besoin du soutien de la communauté internationale pour la consolidation de la paix, et la reconstruction nationale. La situation actuelle de la Guinée-Bissau impose non seulement des dons et prêts concessionnels mais aussi une aide urgente pour l'allégement de sa dette, comme condition indispensable pour son développement.

Mesdames, Messieurs,

Le gouvernement de la Guinée-Bissau s'engage entièrement à créer les conditions favorables pour la mise en oeuvre du Plan d'action. Ainsi, nous sommes ouverts au concours de tous nos partenaires au développement en vue de l'accomplissement et du suivi de ce Programme.

Avant de terminer, ma délégation souhaiterait exprimer ses sincères remerciements à la CNUCED, pour l'excellent travail réalisé, ce qui a fait de cette conférence un vrai succès. Nos sincères remerciements s'adressent également à l'Union Européenne qui a gentiment accueilli cette 3eme conférence des Nations Unies sur les PMA.

Je vous remercie.