I.
Pays les moins
avancés en termes de santé:
Parlons
d'abord de la santé. S'il est bien vrai de dire que la santé n'a pas de prix,
on peut aussi remarquer que le coût de la santé est accessible à certains plus
qu'à d'autres.
Il est bien
évident qu'un malade du SIDA vivant dans un milieu favorisé d'un pays développé
a beaucoup plus de chances de survie et de longévité qu'une personne atteinte
du SIDA résidant dans un pays d'Afrique par exemple.
Que dire de
l'état des hôpitaux des pays en voie de développement ? Bien souvent, il y
manque le plus élémentaire matériel médical. Les médicaments sont comptés et
doivent être payés un à un par les patients.
Les pauvres
atteints de graves maladies, sachant les soins au-dessus de leurs moyens
financiers, préfèrent se laisser mourir.
La Fraternité
Notre Dame" est confrontée quotidiennement au problème de la santé
chez les plus pauvres. Daris toutes ses missions humanitaires, elle distribue
des milliers de médicaments gratuitement aux enfants et adultes. Mais son
action serait encore plus efficace si elle pouvait elle-même obtenir davantage
de produits pharmaceutiques ou chirurgicaux.
Son action
est cependant très positive et nous citerons le cas de notre hôpital pour les
plus nécessiteux à Ulaanbaatar, en Mongolie. Cet hôpital de 65 lits est réservé
à tous ceux qui sont refoulés par tant d'autres centres de soins pour raison
financière. Là encore, nous voyons que les habitants des pays les moins
avancés, constitués d'une majorité de personnes vivant au-dessous du seuil de
la pauvreté, sont victimes du manque de soins.
L'Hôpital de la Charité
de la Fraternité Notre Dame accueille toute personne, sans distinction
et donne soins et opérations nécessaires à un nombre grandissant de personnes.
II. Pays les moins avancés en matière d'Education:
Il y aurait
beaucoup à dire sur l'inégalité de l'éducation que l'on remarque entre pays
développés et pays en voie de développement.
Il faut le
reconnaître, apprendre à lire n'est pas une chose acquise pour tous les enfants
du monde. Pourtant, tout enfant devrait avoir accès à l'éducation, éducation de
sa langue, de sa culture, de son histoire.
Dans les
pays où la jeunesse n'est pas formée, où la jeunesse n'est pas nourrie, comment
peut-on envisager un avenir responsable de la nation ? L’ignorance entraîne la
soumission passive et accroît les différences sociales.
La
corruption, que l'on voit régner en maître dans certains pays africains par
exemple, ne serait pas si bien établie si toutes les classes de la société
avaient un juste accès à l'éducation. Car la connaissance élève l'homme et le
rend plus clairvoyant.
Delà à voir
que les pays moins avancés sont les victimes de notre monde en pleine
évolution, il n'y a qu'un pas. Plus faibles face à l'extérieur, leurs richesses
naturelles sont exploitées sans qu'ils en tirent directement profit, leur
culture se perd, leur avenir se ferme.
II.
Pays les moins
avancés en matière sociale:
A notre
époque où la modernisation est devenue extrëment sophistiquée, où rien ne
manque à nos pays dits «civilisés», nous constatons que les plus pauvres ne
profitent pas de ce progrès.
Nous voyons
des populations entières plongées dans le chômage, sans espoir d'amélioration
et des grandes villes où la population des sans-abri augmente de jour en jour.
.
La misère
engendre d'autres conséquences: l'exploitation indigne des enfants, le travail
clandestin, la prostitution, la vente d'organes, la vente des enfants, et bien
d'autres malheurs encore.
Les pays les
moins développés sont semble-t-il touchés de plus en plus par le fléau du
chômage, de l'immoralité, de la malnutrition et de la désolation sous toutes
ses formes. Comment tolérer de telles atrocités? Comment certains peuvent-ils
tolérer la misère sans réagir et sans agir?
La Fraternité
Notre Dame, ainsi que de nombreuses autres ONGs de par le monde, nourrit,
accueille, réchauffe ces malheureux, ces sans-abri, ces oubliés de notre temps.
IV. Du point de vue des valeurs morales et
spirituelles :
Quand on parle de civilisation, on s'attend à discourir
sur les valeurs morales, les croyances établies, les institutions religieuses.
Les valeurs
spirituelles et morales ont toujours tenu la société et l'ont fait avancer et
prospérer matériellement. L’histoire des civilisations nous montre que la
famille était le pilier de la société. L'aide aux anciens y était sacrée. Les
plus anciennes générations enseignaient aux plus jeunes.
Aussi,
l'écroulement de la cellule de base : l'effondrement de la famille, causée par
les migrations, les guerres fratricides; l'exode vers les villes, a-t-il
entraîné un accroissement de souffrance. Les personnes âgées nécessiteuses ne
sont plus aidées par leurs enfants et petits enfants.
La jeunesse
ne reçoit plus le bon exemple des anciens. Pour finir, enfants et vieillards
ont autant de risques d'être sans domicile et de mendier leur subsistance dans
la rue.
Une des
grandes causes de ce recul social est la chute des valeurs spirituelles. Plus
d'entre aide, plus de charité active qui étaient le moteur et le sang de nos
civilisations.
Une religion
bien vécue est une religion agissante, qui s'exprime par l'amour des autres,
par l'assistance humanitaire spécialement envers les plus faibles.
Comment
peut-on se dire «pays civilisé» si on laisse son voisin gémir dans la
poussière, mourir dans le froid et la faim?
Certaines
institutions religieuses ont même renversé les rôles, puisque, pour assurer
leur pouvoir temporel, elles assujettissent les peuples a la pauvreté et
l'ignorance.
La vraie
religion doit porter à la tolérance, au dévouement pour son prochain, à la
compassion, au soulagement de la pauvreté.
En matière
de conclusion, nous pourrons dire que les pays les moins avancés ou moins
développés ne pourront lentement se relever que si on leur tend une main
coopérative, si l'on éduque la jeunesse, si l'on rend la dignité aux
vieillards, si l'on apporte des emplois à la population active, etc...
Le travail
qui se fera à cette conférence internationale de Bruxelles constitue un pas de
plus pour l'avancement des peuples. Car tous, nous refusons de voir des enfants
mourir de froid, des familles affamées plongées dans la détresse, des
populations entières vivant dans des bidonvilles.
Tous, nous
voulons assister à un regain de vie plus digne et vraiment humaine, dans un
véritable élan de solidarité sans distinction de race, de sexe, de classe ou de
croyance.
Et puis mettons tous à notre profit
cette parole de Saint François d'Assise :
« Seigneur, faites de nous des
instruments de Paix ».
(Fin de la
Déclaration 1