ALLOCUTION DE SON EXCELLENCE Ange Félix PATASSE

PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE, CHEF DE L'ETAT

A L'OCCASION DE LA 3ème CONFERENCE DES NATIONS UNIES SUR LES PAYS LES MOINS AVANCES, BRUXELLES DU 12 - 17 MAI 2001

 

 

Monsieur le Président,

 

Mon premier mot sera d'adresser, au nom de ma délégation et au mien propre, toute notre profonde gratitude à Sa Majesté Albert II, Roi des Belges et au Peuple Belge, pour la chaleur de l'accueil et les sollicitudes dont nous faisons l'objet depuis notre arrivée à Bruxelles, capitale de l'Europe.

Je voudrais féliciter Monsieur Kofi ANNAN, Secrétaire Général de l'O.N.U., pour l'initiative qu'il a prise en organisant cette troisième conférence des Nations Unies sur les Pays les Moins Avancés.

La compétence et l'intensité avec lesquelles il s'est personnellement investi dans la préparation de cette conférence augurent d'ores et déjà de la pertinence des conclusions attendues par les populations de nos 49 Pays.

 

Monsieur le Président,

 

Aussi me plaît-il de souligner la contribution combien appréciable et efficace de l'Union Européenne, sans laquelle mon Pays, la République Centrafricaine n'aurait pu préparer dans de bonnes conditions les présentes assises.

Que les Etats membres de l'Union Européenne à travers Monsieur le Président Romano PRODI et tous ses collaborateurs en soient vivement remerciés.

II est heureux de relever la présence effective dans cette salle des ONG du Nord et du SUD, dont l'apport dans le processus de développement n'est plus à démontrer.

En effet, cette implication exceptionnelle de la société civile tout comme la forte mobilisation de la communauté internationale ainsi que la pertinence des thèmes retenus permettront d'impulser une nouvelle dynamique à la lutte contre la pauvreté dans chacun de nos Etats.

 

Monsieur le Président,

 

Cet engagement est une réponse précise à la situation dramatique dans les Pays les Moins Avancés.

C'est pourquoi, la République Centrafricaine souscrit entièrement aux analyses et recommandations qui en découleront. Cependant, alors que nos peuples aspirent légitimement à un développement humain durable, il est regrettable d'observer que plusieurs conflits annihilent les efforts consentis. C'est le cas de la région d'Afrique Centrale qui est fortement perturbée ces dernières années.

 

Monsieur le Président,

 

Mon Pays ressent durement les effets pervers de ces conflits dans tous les domaines.

C'est pourquoi, nous nous sommes fortement impliqués, afin que le dialogue et la concertation soient les meilleurs moyens auxquels chacun de nous devra recourir pour ramener la paix.

A cet égard, il me plaît de souligner la mise en place dans notre sous-région, d'un mécanisme de prévention, de gestion et de règlement des conflits, le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Afrique Centrale (COPAX) ; organe de concertation politique et militaire de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale doté d'un mécanisme d'alerte rapide.

Pour atteindre nos objectifs, je lance un appel solennel à nos partenaires, pour continuer à nous appuyer dans la mise en oeuvre rapide de ce mécanisme.

Cette idée a été rendue possible, grâce à une volonté d'intégration régionale à laquelle la République Centrafricaine croit fermement.

 

Monsieur le Président,

 

Je dois reconnaître que durant ces dernières années, la Communauté internationale a apporté à mon pays, un appui soutenu pour l'aider à sortir de la grave crise qu'elle a connue en 1996 et 1997.

Quelle leçon pourra-t-on tirer des règlements de conflits en République Centrafricaine qui, à mon avis, est un modèle du genre ?

Le sommet France Afrique de Ouagadougou a été une opportunité pour les Chefs d'Etat présents, de réagir pour l'envoi d'une mission au chevet de la République Centrafricaine. Cette mission interafricaine a été sans heurt, relayée par la Mission des Nations Unies en République Centrafricaine (MINURCA).

Celle-ci a pu favoriser l'organisation des élections législatives et présidentielles transparentes, saluées unanimement par la Communauté internationale.

Ensuite, les Nations Unies, à travers le Conseil de Sécurité ont décidé de la création à BANGUI d'un Bureau des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix et des Acquis démocratiques (BONUCA).

Aujourd'hui, en République Centrafricaine, la démocratie est une réalité vivante. Elle est effective.

Les partis politiques légalement constitués jouent leur rôle, notamment à travers 'l'opposition parlementaire.Les Centrales syndicales participent au dialogue social. II en est de même des Organisations non gouvernementales. C'est dire que la société civile est parties prenantes aux débats de la vie socio-économique et politique du pays.
Nous demandons en République Centrafricaine, ce pays au cœur de l'Afrique, que la Constitution centrafricaine soit respectée. Que les Institutions républicaines soient respectées.
Ce sont là, Monsieur le Président, les bases pour l'instauration et la préservation de la paix, sans laquelle on ne peut parler de développement humain durable.
Cette paix doit se vivre avec
les pays voisins. Cette paix doit se vivre dans les pays voisins, d'où notre grand intérêt de privilégier les relations de bon voisinage et notre souci permanent, de nous investir et cela, sans concours extérieur pour appeler nos frères en conflit, au dialogue et à la concertation.

Cette médiation menée au Tchad, au Soudan, au Congo Brazzaville et en République Démocratique du Congo s'est toujours faite de concert avec le Président BONGO du Gabon et du Guide de la Révolution Libyenne, le Colonel MOAMMAR KHADAFI.

 

Monsieur le Président,

 

Si je me suis appesanti sur ces aspects liés à la sécurité, c'est pour vous permettre de mesurer l'impact négatif des conflits à nos frontières. Ces conflits contrarient notre politique de développement et notre commerce extérieur.

Les atouts et les difficultés qui caractérisent l'économie de mon Pays ont été présentés à cette auguste Assemblée qui, j'en suis sûr, ne manquera pas de réagir promptement et favorablement à notre appel.

Je puis affirmer que les perspectives du décollage économique de mon Pays sont bonnes. J'ai donné à mon Gouvernement des directives précises pour l'application stricte d'une bonne gouvernance. Mais, nous avons besoin de concours 'massifs des partenaires au développement pour franchir cette transition.

 

Je vous remercie.