TROISIÈME CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LES PAYS MOINS AVANCÉS (Bruxelles, 14-20 mai)

Discours de s. e. le premier ministre du cap vert, dr. josé maria neves

 

Bruxelles, 19 mai 2001

 

(Seul le texte prononcé fait foi)

 

 

 

Monsieur le président:

 

 

Permettez-moi tout d’abord d’exprimer ma satisfaction de savoir dans vos mains la lourde mais honorable responsabilité de  présider à la III Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés. votre sagesse, compétence et dévouement constitueront des atouts importants pour le succès de nos travaux et l’accomplissement  des objectifs que nous nous sommes FIXés.

 

 

Qu’il me soit aussi permis d’adresser mes félicitations au Secrétaire Général de la CNUCED, Ambassadeur Rubens RICUPERO, pour les efforts déployés dans l’organisation de cette conférence et pour la qualité de son rapport 2000 sur les PMA, qui fait un diagnostique clair et cohérent de la situation générale des Pays LES Moins Avancés, tout en indiquant des possibilités de solution quI, j’en suis sûr, sont à la portée de la Communauté Internationale dans son ensemble ET CONSTITUENT UN IMPÉRATIF DE NOS JOURS.

 

 

MONSIEUR le président,

Messieurs les chefs d’Etat et de Gouvernement

Mesdames et messieurs

 

C’est avec un profond sentiment d’espoir et confiance renouvelée que , dans ma qualité de représentant d’un petit pays insulaire et moins avancé, je participe à cette conférence.

 

Espoir profond de voir à l’aube de ce nouveau  millénium - considérant ce que ceS DIX SIÈCLEs SIGNIFIENT en termes de liberté, développement et de QUALITÉ DE VIE  pour tous les êtres-humains – je disais eSPOIR que la Communauté Internationale  sera capable DE PRENDRE des engagements basés sur un diagnostique plus réaliste et plus juste, pouvant conduire à une amélioration fondamentale de la coopération internationale envers les PMA, en particulier dans le domaine du financement du développement, à FIN QU’ILS puissent se libérer progressivement de leur dépendance à l’égard de l’aide extérieure.

 

Confiance renouvelée dans le potentiel que l’ONU recèle et  dans le rôle fondamental que notre organisation doit jouer en tant qu’instrument collectif, plus moderne et plus efficace, sans perdre de vue les défis auxquels l’humanité toute entière doit faire face, défis globaux qu’il faut relever avec détermination mais aussi beaucoup de solidarité,  de responsabilité  et de co-participation.

 

dans ce sens, il est donc important que la Communauté internationale dans son ensemble et, en particulier, les Etats plus avancés sur la voie du progrès, donnent des signes clairs de leurs  détermination  et  solidarité.

 

Le progrès et la stabilité des plus démunis constitueront une contribution fondamentale À la stabilité et à la sécurité globales, à la réduction de la pauvreté et à l’intégration de ces pays dans l’économie mondiale.

 

 

Monsieur le Président:

 

PETIT archipel marqué par l’âpreté d’une nature agreste, LE CAP VERT est, DEPUIS son accession à l’indépendance en 1975, une nation ouverte au monde et par sa géographie et par la présence de communautés capverdiennes aux quatre coins du monde. 

 

Dans unE PLANÈTe de plus en plus globalisée, tant sur le plan économique qu’au niveau des connaissances et des communications, la démocracie acquiert une dimension internationale que nul ne peut ignorer.

 

C’est ainsi qu’en 1991, suite aux changements historiques quI Se SONT PRODUITS DANS LE MONDE ET EN FONCTION DES PARTICULARITÉS DU PROCESSUS CAPVERDIEN, le Gouvernement et le peuple du Cap Vert ont su ASSUMER leurs responsabilités et ont réalisé les premières elections legislatives démocratiques, lesquelles furent remportées par l’opposition.

 

La Constitution de 1992 a consacré  l’Etat de droit démocratique, de même qu’un large éventail de droits, libertés et garanties pour les citoyens,  proclamé la dignité de l’individu comme étant une valeur absolue et mis en place un système garantissant l’indépendance des pouvoirs. Les processus ainsi déclenchés ont permis laffirmation progressive des institutions démocratiques et lassomption sans équivoque  des valeurs du système.

 

plus récemment, en janvier de l’Année en cours, le parti africain pour l’indépendance du cap vert - qui a mené le pays à l’indépendance et conduit sans sursaut la démocratisation - a,  Après dix ans dans lopposition,  gagné les elections législatives et formé le gouvernement que  j’ai l’honneur de diriger. ceci est la preuve indéniable de l’instauration du principe d’alternance démocratique aux îles du cap vert.

 

la démocratisation a entraîné la libéralisation de l’économie et, celle-ci, le déclenchement du processus de privatisation et la dynamisation de l’initiative privée, de même que l’organisation progressive de la société civile dont le rôle est de plus en plus actif.

 

Néanmoins, la persistance de contraintes sociales et économiques, NOTAMMENT LA RARETÉ DES RESSOURCES  ET la pauvreté, constitue UNE grave ménace au développement et  UN sérieux défi que la société capverdienne  n’est pas à même de relever de façon durable SANS L’apport EXTÉRIEUR.

 

l’édification de la société démocratique, qui passe par la consolidation des institutions ET PAR L’AFFIRMATION DES LIBERTÉS DES CITOYENS, est un élément FONDAMENTAL de la stratégie globale dU développement. d’où le rôle important de la solidarité internationale à cet égard.

 

La surestimation des aspects formels de la démocratisation, au détriment des conditions psychologiques liées aux revendications sociales que le processus entraine, peut EFFECTIVEMENT ENTRAVER la consolidation de ce processus , mettant ainsi en cause les assisses du développement lui-même. 

 

 

Mr le président,

Mesdames et messieurs

 

 

grâce à une gestion judicieuse des ressources que la communauté internationale lui a accordées, LE CAP VERT A ENREGISTRÉ des progrès socio-économiques se traduisant notamment par l’augmentation du revenu “per caPITA”. JE DOIS toutefois SIGNALER QUe l’économie nationale est loin d’atteindre l’auto-suffisance et que ces progrès, n’étant pas irréversibles, seraient compromis EN CAS DE RÉDUCTION, OU MÊME DE MAINTIEN DE L’AIDE AU DÉVELOPEMENT aU NIVEAU actuel. LA VULNERABILITÉ AUX FACTEURS EXTERNES CONSTITUE, EN EFFET, UN goulot  D’ETRANGLEMENT DE L’ECONOMIE NATIONALE.

 

OUTRE SA VULNÉRABILITÉ ÉCONOMIQUE et vû SA CONDITION DE PETITE ÉCONOMIE INSULAIRE, D’ORIGINE GEOLOGIQUE VOLCANIQUE, PAUVRE EN RESSOURCES NATURELLES, IL FAUT également CONSIDÉRER l’EXTRÊME VULNÉRABILITÉ ÉCOLOGIQUE ET DÉMOGRAPHIQUE DU CAP VERT, EN RAPPORT étroit AVEC SON EXCESSIVE DÉPENDaNCE de L’EMIGRATION, ce qui CONDITIONnE  toute STRATÉGIE de développement.

 

par ailleurs, LA PYRAMIDE D’ÂGE ET LA DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE DES POPULATIONS ACCENTUENT LA PRESSION URBAINE, les disparités entre LES îLES ET LA COMPLÉXITÉ DANS L’AFFECTATION DES RESSOURCES EN INFRASTRUCTURES ET EN SERVICES SOCIAUX.

 

L’AMÉLIORATION DES INDICATEURS ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX DU PAYS EST, COMME NOUS L’AVONS DIT, LE RESULTAT D’UNE BONNE GESTION E D’UNE BONNE ABSORPTION DE L’AIDE INTERNATIONALE. eN PARTICULIER, L’EFICACITÉ AVEC LAQUELLE L’AIDE ALIMENTAIRE EN NATURE A ÉTÉ COMMERCIALISÉE SUR LE MARCHÉ INTÉRIEUR ET LE PRODUIT DE CETTE COMMERCIALISATION A SOUTENU L’INVESTISSEMENT ET L’EMPLOI A SOUVENT ETÉ RECONNUE. DANS CE CONTEXTE, LE GOUVERNENMENT CAPVERDIEN SOULIGNE LE PARADOXE QU’IL AURAIT, DE LA PART DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE, À REDUIRE SON APPUI FINANCIER AU PAYS EN RÉPONSE À UNE PROGRESSION SOCIO-ÉCONOMIQUE QUI EST LARGEMENT EXPLIQUÉE PAR LA BONNE GESTION ET LA BONNE ABSORPTION DE L’AIDE.

 

eN bref, L’AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT est encore  EXTREMEMENT NéCeSSAIRE, À CE STADE DU DÉVELOPPEMENT, POUR LE MANTIEN DES PROGRèS ENREGISTRÉS, COMBLER LE DÉFICIT ENTRE LES EXPORTATIONS ET LES IMPORTATIONS  ET MAINTENIR LE NIVEAU D’INVESTISSEMENTS Devant ASSURER L’OFFRE ADdITIONNEL DES SERVICES PUBLIQUES DANS LES DOMAINES DE L’ASSAINISSEMENT, DE L’ÉDUCATION ET DE LA SANTÉ, CE QUI est DETERMINÉ PAR LA DYNAMIQUE MÊME DU DÉVELOPPEMENT

 

monsieur lE pRÉSIDENT

 

J’AIMERAIS terminer EN SOUHAITANT QUE CETTE CONFÉRENCE PUISSE ABOUTIR À DES RÉSULTATS CONCRETS, EN PARTICULIER, EN CE QUI CONCERNE UN MÉCANISME DE SUIVI ET DE CONTRÔLE À LA hauteur DES ASPIRATIONS LÉGITIMES D’UNE DIXIèME DE LA POPULATION MONDIALE QUE NOUS REPRÉSENTONS ICI AUX NOMS DES PAYS LES MOINS AVANCÉS.

 

 

jE VOUS REMERCIE