- Apprenez ce que les gouvernements se sont engagés à faire, en 1995: Le Programme d'Action mondial pour la jeunesse: Participation (A/RES/50/81)
- Rapport mondial sur la jeunesse, 2003: Ch.10 - Youth participation in decision making
- Rapport mondial sur la jeunesse, 2005: Participation
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Apprenez ce que les gouvernements se sont engagés à faire, en 1995: Le Programme d'Action mondial pour la jeunesse: Participation (A/RES/50/81)
J. Pleine et effective participation des jeunes à la vie de la société et à la prise de décisions
104. Pour pouvoir progresser, nos sociétés doivent, entre autres éléments, être capables d’incorporer ce que les jeunes peuvent apporter à la construction et à la conception de l’avenir. Outre leur contribution intellectuelle et leur pouvoir de mobilisation, les jeunes ont un regard neuf, dont il faut tenir compte.
105. Permettre la participation économique, sociale et politique des jeunes est un élément crucial dont, d’une certaine façon, dépendent tous les efforts et toutes les mesures proposés dans les autres domaines prioritaires envisagés dans le présent Programme.
106. Les organisations de jeunes jouent un rôle important en aidant les jeunes à acquérir les compétences nécessaires pour participer effectivement à la vie de la société et en favorisant la tolérance, une coopération accrue et les échanges entre les organisations de jeunes.
Mesures proposées
107. Les mesures suivantes sont proposées :
a) Améliorer l’accès des jeunes à l’information pour qu’ils puissent mieux tirer parti des possibilités de participation qui leur sont offertes;
b) Offrir aux jeunes davantage de possibilités de prendre conscience de leurs droits et de leurs responsabilités, promouvoir leur participation à la vie sociale et politique, au développement et à la protection de l’environnement, éliminer les obstacles qui les empêchent de réaliser pleinement leur potentiel au service de la société et respecter notamment leur liberté d’association;
c) Fournir aux mouvements de jeunesse un appui financier, éducatif et technique et promouvoir leurs activités;
d) Tenir compte de l’avis des jeunes dans la conception, la mise en oeuvre et l’évaluation des politiques et plans nationaux les concernant; e) Encourager le développement de la coopération et des échanges entre organisations de jeunes aux niveaux national, régional et international;
f) Inviter les gouvernements à renforcer la participation des jeunes aux travaux des organismes internationaux, notamment en envisageant d’inclure dans leurs délégations à l’Assemblée générale des représentants de la jeunesse.
Rapport mondial sur la jeunesse, 2005
3. Les jeunes et la participation à la prise de décisions
50. Ces 10 dernières années ont été marquées par une prise de conscience croissante de l’importance que revêt la participation des jeunes à la prise de décisions, les initiatives prises par les pouvoirs publics pour associer les jeunes s’étant traduites par une amélioration de la formulation, de l’exécution et de l’évaluation des politiques. L’intégration des jeunes permet de renforcer leur engagement en faveur des droits de l’homme et de la démocratie et de les sensibiliser à cet égard. La participation des jeunes à la vie familiale, scolaire et communautaire revêt une importance particulière à l’heure de faire face aux situations de conflit ou consécutives à un conflit, ou d’assurer la protection des droits des filles et des jeunes femmes. La devise selon laquelle « les jeunes sont l’avenir » ne tient pas compte du fait qu’ils participent déjà très activement à la vie de leur société. Dans leur quasi-totalité, les entités du système des Nations Unies disposent à présent de stratégies et de plans visant à promouvoir la participation de la jeunesse. Ces initiatives pourraient être davantage renforcées grâce à une intégration plus systématique de représentants de la jeunesse dans les délégations que les pays envoient à l’Assemblée générale et à d’autres réunions pertinentes des Nations Unies, notamment la soixantième session de l’Assemblée générale qui marquera le dixième anniversaire du Programme d’action mondial.
51. Cela étant, si la participation de la jeunesse à la prise de décisions s’avère bénéfique pour l’élaboration des politiques et l’épanouissement des jeunes, elle n’est pas toujours mise en pratique. La participation effective des jeunes passe par des changements dans la manière dont les sociétés perçoivent la jeunesse – changements qui se traduisent par un financement adéquat, des moyens novateurs de diffusion de l’information, une formation destinée à faciliter la collaboration entre les générations et des structures organisationnelles ouvertes à de nouvelles voix. Le niveau de participation de la jeunesse varie entre deux extrêmes, allant de la manipulation ou du geste symbolique à des programmes complets, conçus par les jeunes et appliqués par ceux-ci. Pour être efficaces, les stratégies en faveur de la participation de la jeunesse doivent s’écarter des démarches ponctuelles et s’insérer dans certaines dimensions fondamentales des structures, des institutions et des processus sociaux. Il faut s’employer à favoriser les relations intergénérationnelles et encourager les jeunes à participer utilement aux programmes et activités qui les concernent. Il faut veiller à ce que le plus grand nombre possible de jeunes puissent représenter leur groupe d’âge. Les filles et les jeunes femmes, en particulier, auront peut-être besoin d’un appui supplémentaire pour surmonter les barrières sociales, culturelles et économiques qui s’opposent à leur participation pleine et entière.
52. Les initiatives qui, au niveau national, visent à associer les jeunes à la prise de décisions doivent en outre tenir compte des changements touchant à la composition et à la structure des mouvements de la jeunesse. Dans de nombreux pays, les partis politiques ont du mal à attirer de jeunes membres. Les campagnes qui encouragent les jeunes à voter essaient de renverser la tendance actuelle qui se traduit par une désaffection de la jeunesse pour la politique. L’indifférence que suscitent la politique et les organisations traditionnelles de la jeunesse semble caractériser les jeunes générations de nombreux pays. Pour beaucoup de jeunes, le monde de la politique est trop distant de leurs réalités quotidiennes que sont l’école, les loisirs et la recherche d’un emploi. Nombreux sont ceux qui ne voient pas de liens entre ces réalités et la politique. De plus, rares sont les politiciens qui peuvent prétendre représenter les jeunes dans un cadre démocratique. Bien que la participation aux associations établies soit considérée comme un important moyen d’intégration sociale, il existe une différence marquée entre les pays qui ont une solide tradition associative et ceux qui ne disposent pas de ces structures.
53. Le faible taux de participation aux élections et de présence dans les partis politiques ne signifie pas que les jeunes ne s’intéressent pas à l’avenir politique de leur société. Bien que les mouvements d’étudiants soient associés aux campus et aux établissements d’enseignement, les diverses causes qu’ils défendent continuent de dépasser la réforme de l’enseignement et les restrictions budgétaires pour englober les réformes démocratiques, les questions liées à l’emploi et à la santé, le racisme, la prolifération des armes et les problèmes d’environnement, pour n’en citer que quelques exemples. Les mouvements d’étudiants qui, ces 10 dernières années, ont joué un rôle déterminant dans les grandes transitions sociales et politiques de plusieurs pays continueront probablement de jouer un rôle de premier plan dans l’action menée en faveur de la démocratisation et du progrès social.
54. Dans de nombreux pays, les conseils de la jeunesse nationaux, régionaux et locaux ouvrent la voie à une participation active des jeunes sur le plan politique et civique. Les conseils et assemblées de la jeunesse, dont la structure et le mandat peuvent varier, sont les voies traditionnelles de coopération et d’échange d’informations avec les pouvoirs publics nationaux et d’autres décideurs. Toutefois, ce modèle traditionnel est soumis à des pressions; il est largement tributaire d’un financement public stable, avantage qui n’est plus garanti et n’est pas habituellement offert aux organisations de la jeunesse dans les pays en développement ou en transition. Pour recevoir un financement, de nombreuses organisations doivent se concentrer sur les résultats et sur des projets. De plus, on considère souvent que les conseils de la jeunesse officiels sont le reflet des structures politiques en place. C’est pourquoi certains jeunes ont le sentiment qu’on leur demande de participer à ces mêmes structures qui, à leurs yeux, les excluent.
55. Les pouvoirs publics et les organisations internationales devraient donc s’efforcer de collaborer avec de nombreux jeunes, tant ceux qui sont organisés par le biais des organisations formelles de la jeunesse que les autres. Certaines études révèlent un changement de motivation de plus en plus marqué chez les membres de ces organisations : beaucoup sont motivés par des considérations d’ordre pragmatique plutôt qu’idéologique. L’adhésion à une organisation est de plus en plus considérée comme un moyen de promouvoir sa carrière ou d’autres possibilités plutôt que comme une occasion de promouvoir des idées et des politiques inspirées par la jeunesse. Il faut peut-être y voir les conséquences de la compétitivité croissante sur le marché du travail et du besoin qu’éprouvent les jeunes d’élargir leurs réseaux d’échanges. Des efforts concrets doivent être faits en vue d’intégrer ces jeunes qui doivent faire face à certains obstacles tels que les normes culturelles qui favorisent les rapports hiérarchiques entre les générations, la situation économique qui les empêche de participer à des activités autres que rémunératrices et le manque d’accès à l’information et aux compétences nécessaires.
56. Si l’importance du bénévolat et le rôle qu’il joue dans la vie des jeunes n’ont pas diminué, ils ont toutefois changé. D’une manière générale, la participation des jeunes est désormais axée sur des questions spécifiques et orientée vers des services. Hésitant à adhérer à une organisation ou à un conseil formels, un grand nombre de jeunes préfèrent se tourner vers les possibilités que leur offrent les collectivités et les institutions de traiter de questions qui les intéressent. On assiste, de ce fait, à l’émergence de nouvelles structures de la jeunesse qui tendent à s’appuyer sur des réseaux de collaboration et d’intérêts communs. Par exemple, les activités qui, sur l’Internet, visent à promouvoir l’engagement civique et politique des jeunes, semblent renverser la tendance au déclin de la participation traditionnelle et de l’engagement civique des jeunes. Grâce aux sites Web transfrontières, aux téléconférences et aux vidéoconférences, aux groupes de discussion en ligne et aux caméras Web, les technologies de l’information et des communications créent de nouvelles formes de « cyberparticipation », qui offrent aux jeunes des voies de participation créatives, ouvertes et non hiérarchisées. Ces échanges fournissent aux décideurs un éclairage intéressant. Les jeunes prennent de plus en plus conscience de l’existence de ressources en dehors de leur communauté et des possibilités qui leur sont offertes de partager et de renforcer leurs activités. Ces nouveaux modes de participation, qui ne sauraient remplacer des conseils de la jeunesse solides et efficaces, peuvent offrir à un plus grand nombre de jeunes la possibilité de participer activement à la prise de décisions et à l’édification de leur société.
