- Apprenez ce que les gouvernements se sont engagés à faire, en 1995: Le Programme d'Action mondial pour la jeunesse: Emploi(A/RES/50/81)
- Rapport mondial sur la jeunesse, 2003: Ch.2 - Emploi
- Rapport mondial sur la jeunesse, 2005: Emploi
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Apprenez ce que les gouvernements se sont engagés à faire, en 1995: Le Programme d'Action mondial pour la jeunesse: Emploi (A/RES/50/81)
B. Emploi
33. Partout dans le monde, le chômage et le sous-emploi des jeunes représentent un problème grave qui ne constitue, en fait, qu’un aspect de la question plus vaste de la création d’emplois pour tous. Ce problème s’est aggravé ces dernières années en raison de la récession mondiale qui a frappé plus durement les pays en développement. Fait troublant, la croissance économique ne s’accompagne pas toujours d’une augmentation du nombre d’emplois. La difficulté de trouver un emploi convenable est aggravée par un ensemble d’autres problèmes auxquels sont confrontés les jeunes, notamment l’analphabétisme et le manque de formation, et par les périodes de ralentissement de l’économie mondiale et la modification des tendances économiques générales. Dans certains pays, l’afflux des jeunes sur le marché du travail a posé de graves problèmes. Selon des estimations de l’Organisation internationale du Travail, plus de 100 millions d’emplois nouveaux devraient être créés au cours des vingt prochaines années afin que les jeunes des pays en développement, de plus en plus nombreux dans la population active, puissent avoir un travail convenable. La situation des petites filles et des jeunes femmes, ainsi que celle des jeunes handicapés, des jeunes réfugiés, des jeunes faisant partie de la catégorie des personnes déplacées, des enfants des rues, des jeunes autochtones, des jeunes migrants et des jeunes appartenant à des minorités mérite une attention urgente, eu égard à l’interdiction du travail forcé et du travail des enfants.
34. Le chômage des jeunes représente aussi un problème du fait qu’il les prive de la possibilité d’acquérir en toute indépendance le logement qu’il leur est nécessaire pour fonder une famille et participer à la vie de la société. Les progrès des techniques et des communications, conjugués à une productivité accrue, sont autant de nouveaux défis et de nouvelles possibilités pour l’emploi des jeunes. Les jeunes sont parmi les premières victimes de cette évolution. Si des solutions ne sont pas trouvées, le coût de cette situation pour la société sera bien plus élevé à long terme. Le chômage crée une multitude de maux sociaux et les jeunes souffrent tout particulièrement de ses effets préjudiciables : absence de formation professionnelle, dévalorisation de soi-même, marginalisation, paupérisation et gaspillage d’énormes ressources humaines. Mesures proposées
1. Possibilités d’exercer un travail indépendant
35. Les gouvernements et les organisations devraient mettre en place ou promouvoir des mécanismes destinés à subventionner les capitaux de départ afin d’encourager et d’appuyer les entreprises et les programmes d’emploi pour les jeunes. Les entreprises commerciales et industrielles devraient être encouragées à apporter, en contrepartie, un appui financier et technique à de tels projets. On pourrait envisager de mettre en place des programmes de coopération associant les jeunes à la production et à la commercialisation de biens et services et de créer des banques de développement pour les jeunes. Le Comité chargé de promouvoir les coopératives est encouragé à élaborer des modèles pour les coopératives dirigées par des jeunes dans les pays développés et les pays en développement. Ces modèles pourraient comporter des directives relatives à la formation des cadres et à la formation aux techniques de gestion d’entreprise et de commercialisation.
2. Possibilités d’emploi pour certains groupes de jeunes
36. Dans la limite des fonds alloués à la promotion de l’emploi des jeunes, les gouvernements devraient affecter des ressources, selon que de besoin, aux programmes visant à appuyer les activités des jeunes femmes, des jeunes handicapés, des jeunes ayant terminé leur service militaire, des jeunes migrants, des jeunes réfugiés, des jeunes appartenant à la catégorie des personnes déplacées et des enfants des rues et des jeunes autochtones. Les organisations de jeunes et les jeunes eux-mêmes devraient participer directement à la planification et à l’exécution de ces programmes.
3. Services collectifs bénévoles faisant appel aux jeunes
37. Les gouvernements devraient envisager de créer, lorsqu’il n’en existe pas encore, des programmes permettant aux jeunes d’offrir des services bénévoles. De tels programmes pourraient constituer une solution de remplacement au service militaire, ou être intégrés dans les programmes scolaires, en fonction des politiques et des priorités nationales. Des camps de jeunes, des projets relatifs à des travaux d’utilité collective, des programmes de protection de l’environnement et de coopération entre générations devraient faire partie des possibilités offertes. Les organisations de jeunes devraient participer directement à la conception, à la planification, à la mise en oeuvre et à l’évaluation de ces programmes de service bénévole. En outre, il faudrait inclure les programmes de coopération internationale entre organisations de jeunes des pays développés et des pays en développement en vue de promouvoir l’entente entre les cultures et la formation aux fins du développement.
4. Besoins découlant du progrès technologique
38. Les gouvernements, en particulier ceux des pays développés, devraient encourager la création de possibilités d’emploi en faveur des jeunes dans des domaines qui, en raison des innovations technologiques, sont en mutation rapide. Une rubrique des données relatives à l’emploi compilées par les gouvernements devrait suivre l’emploi des jeunes dans les secteurs où sont utilisées les nouvelles technologies. Il faudrait entreprendre de dispenser à l’intention des jeunes une formation continue dans ce domaine.
39. Une attention particulière devrait être accordée à l’élaboration et à la diffusion de méthodes favorisant la souplesse dans les systèmes de formation et encourageant la collaboration entre les instituts de formation et les employeurs, en particulier pour les jeunes dans les secteurs de pointe.
Rapport mondial sur la jeunesse, 2005
3. Emploi
31. Entre 1993 et 2003, dans le monde, les taux de participation des jeunes à la main-d’œuvre ont globalement perdu presque quatre points de pourcentage, en raison de l’augmentation du nombre de jeunes qui sont scolarisés, de l’allongement de la durée de leur présence dans le système éducatif, de l’élévation des taux de chômage et du fait que certains jeunes quittent la main-d’œuvre parce qu’ils ont perdu tout espoir de trouver un emploi. Selon les chiffres de l’Organisation internationale du Travail, le chômage des jeunes dans le monde est monté en flèche, passant de 11,7 % en 1993 au taux le plus élevé jamais enregistré de 14,4 % en 2003 (88 millions de jeunes chômeurs13). C’est dans la région de l’Asie occidentale et du nord de l’Afrique (25,6 %) et en Afrique subsaharienne (21 %) que le taux de chômage chez les jeunes était le plus élevé, les taux les moins élevés étant enregistrés en Asie de l’Est (7 %) et dans les pays industrialisés (13,4 %). La tendance générale est au resserrement des écarts entre le taux de participation des hommes à la main-d’œuvre et celui des femmes, même si le taux de chômage chez les femmes demeure plus élevé dans l’ensemble des régions en développement, à l’exception de l’Asie de l’Est et de l’Afrique subsaharienne. Grâce à l’action menée en concertation par les pouvoirs publics, les organisations de la société civile et la communauté internationale, le travail des enfants semble être en recul dans le monde.
32. Le nombre de jeunes inscrits dans les cycles d’enseignement secondaire et supérieur a certes augmenté, mais dans bien des pays le marché du travail n’est pas en mesure d’accueillir une telle masse de jeunes diplômés. La faute en revient la plupart du temps à l’absence de mise en correspondance du système éducatif avec les besoins du marché de l’emploi, mais aussi au nombre élevé de jeunes qui se retrouvent aujourd’hui en âge de travailler. Les perspectives d’emploi sur le marché du travail officiel étant inexistantes pour les jeunes, ceux-ci se tournent vers l’entreprenariat forcé et les activités individuelles du secteur non structuré, travaillant souvent dans des conditions à risque, pour un salaire insuffisant et sans grandes perspectives de débouchés. Tous ces facteurs combinés peuvent entraîner un découragement et un désintérêt chez les jeunes travailleurs. Les jeunes entrent aussi pour une bonne part dans la masse mondiale des 175 millions de migrants, ce qui ne fait qu’aggraver la fuite des cerveaux14.
33. Les responsables de l’élaboration des politiques sont de plus en plus préoccupés par le sentiment de frustration qui accompagne le chômage de longue durée chez les groupes de jeunes gens vivant en milieu urbain et qui alimente ainsi l’agitation et la violence politiques et idéologiques. Certains ont avancé que les jeunes sans emploi et oisifs, apparus dans la société à la suite d’une explosion démographique de grande ampleur, risquent de contester l’autorité des pouvoirs publics et de mettre en danger la stabilité. Tous ces mécontents pourraient bien rejoindre les rangs du terrorisme national et international. Il convient toutefois de rappeler que seuls quelques-uns d’entre eux optent pour cette voie, et ce ne sont pas forcément des jeunes. Le lien de causalité entre le chômage des jeunes et le terrorisme n’est donc pas établi.
34. Ces 10 dernières années, la communauté internationale a cherché plus activement à remédier au chômage des jeunes. En 1995, les gouvernements qui participaient au Sommet mondial pour le développement social convenaient d’accorder une attention particulière à cette question15. Six ans plus tard, les organisations de jeunes adoptaient la Stratégie de Dakar pour le renforcement de la capacité d’action des jeunes lors de la quatrième session du Forum mondial du système des Nations Unies pour la jeunesse, tenue à Dakar16. En 2000, dans la Déclaration du Millénaire, l’ensemble des pays se sont engagés à formuler et à appliquer des stratégies qui donnaient aux jeunes partout dans le monde une chance réelle de trouver un travail décent et utile, engagement qui a ensuite été inscrit au nombre des objectifs du Millénaire pour le développement17. L’objectif 8, qui consiste à mettre en place un partenariat mondial pour le développement, fait explicitement référence à la création de perspectives d’emploi pour les jeunes. Le Réseau pour l’emploi des jeunes, initiative de haut niveau, a été créé pour encourager les mesures sur le terrain, ce qui a permis à la question de l’emploi des jeunes de gagner en importance au niveau national. En 2001, un groupe d’experts désignés par le Secrétaire général a élaboré des recommandations articulées autour des quatre priorités stratégiques mondiales que sont l’aptitude au travail, l’esprit d’entreprise, l’égalité des chances et la création d’emplois. Le Réseau pour l’emploi des jeunes apporte aujourd’hui son aide à 10 pays chefs de file résolus à mener des stratégies nationales en faveur de l’emploi des jeunes, ainsi qu’à un certain nombre d’autres pays qui s’apprêtent à en faire autant.
35. En outre, plusieurs documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté ont exposé des stratégies pour l’emploi des jeunes par la formation des jeunes à la gestion des entreprises, la mise en place du microcrédit, la valorisation de la formation professionnelle et des services d’orientation professionnelle, la formation des jeunes à l’encadrement, des programmes à forte intensité de main-d’œuvre visant spécifiquement les jeunes et des cours de perfectionnement en technologies de l’information et des communications. À l’échelon national, plusieurs rapports nationaux sur le développement humain ont été consacrés aux jeunes, et d’autres comptaient plusieurs chapitres portant sur des initiatives et des politiques nationales en faveur de l’emploi des jeunes.
36. Si bon nombre de gouvernements ont encouragé chez les jeunes l’esprit
d’entreprise et la création d’activités individuelles, les initiatives de
microfinancement visant spécifiquement les jeunes ne sont pas légion. La plupart
sont mises en place par des organisations non gouvernementales ou des banques
privées. De nombreuses organisations non gouvernementales ont proposé des
programmes de formation pour les jeunes, qui avaient pour objectifs de développer
leurs compétences pratiques, de leur offrir une formation professionnelle et de
développer leur esprit d’entreprise. Les initiatives menées, parce qu’elles semblent
souvent pécher par manque de ressources et d’ambition, ne peuvent véritablement
régler le problème du chômage des jeunes dans sa globalité. Pour que ces
initiatives soient véritablement efficaces dans la lutte contre la pauvreté, les
bons résultats doivent en être transposés à une plus grande échelle sur les plans
national et international. Il faut donc consentir davantage de moyens financiers
pour les initiatives en faveur de l’emploi des jeunes.
Footnotes:
13. Le taux de chômage englobe les individus qui cherchent effectivement du travail; en sont exclus
ceux qui sont découragés ou qui décident de prolonger leurs études ou leur formation. OIT,
Tendances mondiales de l’emploi des jeunes (Genève, 2004).
14. Voir Organisation des Nations Unies, Trends in Total Migrant Stock: The 2003 Revision,
15. Voir Rapport du Sommet mondial pour le développement social, Organisation des Nations
Unies, Copenhague, 6-12 mars 1995 (publication des Nations Unies, numéro de vente : F.96.IV.8).
16. Voir A/C.3/56/2.
17. Voir résolution 55/2 de l’Assemblée générale.
